• Violaine

Ma 11e semaine à la Casa de Dom Inácio de Loyola, Abadiânia, Brésil


Voilà une nouvelle semaine qui démarre. Comme je l’ai mentionné dans la lettre de la semaine dernière, j’ai eu de belles prises de conscience lundi matin au réveil.

Cela me montre à quel point la vie est parfaitement orchestrée et que l’on expérimente rien par hasard. Cela me montre aussi que les concepts et autres enseignements ont absolument besoin d’être vécus pour être intégrés.

Suite à ces prises de conscience, je me sentais vraiment bien et allégée d’un poid que je portais sur mes épaules.

Je suis allée à la Casa avec mon hang pour remercier. J‘ai joué pendant 1h environ. Il n’y avait pas grand monde mais je me suis fait plaisir à moi même, ce qui est très bien.

Ensuite je suis rentrée.

Après avoir mangé, je suis repartie avec le hang pour mon rendez vous de 15h avec Lucie. Je l’ai retrouvé ainsi que Jean, celui qui nous avait offert une coco vendredi dernier. Comme Lucie souhaitait que je l’emmène dans le petit coin de nature que je connais bien, Jean voulait se joindre à nous. Nous sommes alors partis. Lucie allait bien, elle avait quelques questions. Ça y est, les entités de la Casa m’offrent une deuxième opportunité d’accompagner quelqu’un pendant une semaine.

Lucie et Jean ont apprécié de se retrouver dans la nature. Une fois à la cascade, j’ai joué du hang pendant 30 minutes environ puis nous avons discuté. J’ai découvert la vrai Lucie, dans un environnement où elle est à l’aise. Elle allait mieux et c’était une tout autre personne que les jours précédents. J’ai perçu le trésor qu’elle porte en elle et aussi les schémas qui la limitent dans l’expression de ce trésor. Je suis parfaitement consciente que ce que j’expérimente d’elle, c’est la part de moi qu’elle me reflète, donc ce que j’ai perçu d’elle n’est qu’une partie du tableau qu’elle est. Et ceci est valable dans toute rencontre, c’est pour cela que chaque point de vue est relatif et dépend grandement de l’observateur. J’ai observé les mêmes attitudes que celles qu’elle reproche à sa guide, en beaucoup moins marqué évidemment. J’ai trouvé cela très intéressant car cela confirme que ce qui ne nous plaît pas à l’extérieur, ce sont des parts de nous même que l’on n’a pas encore réussi à voir à l’intérieur mais qui sont bel et bien là.

Vers 17h30, nous sommes remontés, Lucie est allée à son rendez vous avec sa guide pour discuter et Jean et moi sommes allés au Frutti’s boire un açaí en attendant le retour de Lucie.

Nous avons bien discuté et on a réalisé qu’on avait beaucoup de points communs sur notre vision du monde. On a échangé nos contacts. Il m’a dit que je ferais un bon guide mais que j’avais mieux à faire. Il a ajouté que, de part son expérience, il avait constaté que souvent, les guides sont des gens qui ont besoin de faire beaucoup de travail sur eux même et que cette fonction le leur permettait. Ce n’est pas forcement ce que j’ai perçu des guides que j’ai rencontré mais c’est un point de vue intéressant. Il est clair que j’ai d’autres choses à faire, si je suis guide, ce ne sera pas 100 % du temps. Et moi aussi, j’ai encore du chemin à faire ! J’ai envie que cela continue tout le temps jusqu’à ma mort. J’adore tellement cela !

Lorsque Lucie nous a rejoint, nous sommes allés manger au café central. Je sentais que la discussion était moins fluide. Je commençais à avoir besoin de rentrer. Comme Lucie nous a dit en remontant de la cascade qu’elle en avait marre qu’on parle de la magie de la vie, elle préférait que l’on parle de choses banales et terre à terre maintenant, je me suis mise en mode écoute car la magie de la vie, c’est ma passion et elle est dans tous mes mots. Les sujets banals ne m’intéressent pas trop.

On a alors parlé de permaculture et du changement profond que l’on sent émerger Jean et moi. Lucie n’était pas d’accord et ils sont partis en mode débat. J’ai observé cela en silence. Je savais qu’ils avaient tout les deux raison puisque l’on vit ce que l’on croit.

Grâce aux transmissions de Bashar, je perçois que l’on vit chacun dans une réalité différente selon notre conditionnement. Nos convictions personnelles, notre pessimisme ou notre enthousiasme influence énormément ce que l’on vit. Donc, cette façon de voir les choses me permet de partager mon point de vue, d’entendre celui de l’autre et de voir ce qu’il a à m’apprendre, mais je ne perds plus mon énergie à essayer de convaincre l’autre que c’est moi qui ai raison. Donc je ne suis pas rentré dans ce débat. J’ai juste observé les différents points de vue pour mieux connaître les personnes que j’avais en face de moi. Comme par « hasard », au moment où leur débat s’intensifiait, il y a eu la gérante, qui a une voix très forte, qui s’est mis à discuter avec d’autres clients juste à côté de nous. Et sa voix couvrait tout, je n’entendais plus qu’elle et c’était très fatiguant. Je me suis dit que c’était le moment de partir. J’ai dit que j’avais besoin de rentrer, du coup on s’est tous levé pour payer et rentrer chacun chez nous.

Une fois chez moi, j’ai discuté un peu avec ma voisine puis je suis allée me couchée.

Quelle journée encore !

Demain, Lucie est autonome, on a juste rendez vous en fin d’après midi pour confirmer ces besoins en terme d’accompagnement pour mercredi matin.

Mardi matin, j’ai passé pas mal de temps dans la rédaction de mon récit. J’avais quelques jours de retard. Mais, j’ai des retours très positifs donc cela me motive. Je sens que partager mon cheminement est la meilleure façon de partager mes prises de conscience. Ce serait beaucoup moins percutant si je me contentais de donner le fruit de mon cheminement de manière brute. Donc, je le fais avec plaisir, d’autant plus que cela m’aide beaucoup de poser tout cela par écrit. J’avance et j’ai des compléments d’info en écrivant.

Je suis restée tranquillement chez moi jusqu’en début d’après midi. Je caressais les chats et je repensais à toutes les personnes qui, récemment, m’ont parlé du Maroc et de l’Algérie de manière très enthousiaste et d’un coup, j’avais envie d’aller voir par moi-même. J’étais toujours dans l’incertitude sur mon départ. Est-ce que j’essaye malgré tout de renouveler mon visa, est-ce que je pars un peu en retard, où je vais ? J’ai rencontré ma voisine qui me disait que, sa mère et elle même ressentaient que les énergies de la Casa étaient un peu lourdes depuis cette histoire d’accusation. C’est vrai qu’il y a des paparazzis partout et cela affecte aussi la conscience collective du lieu.

Ensuite, je suis allée au chant. Je suis arrivée quelques minutes en avance et j’ai rerencontré Issa pour la première fois depuis le départ de Mélusine. Il jouait de la flûte. On a discuté 5 minutes de cette histoire d’accusation et de la médiumnité. Il ne partage pas mon point de vue sur le fait que le médium João n’est pas indispensable au fonctionnement de la Casa. Il pense qu’il n’y a que lui qui peut canaliser les entités avec cette qualité de transmission. Je ne suis pas de ce avis. Personne n’est indispensable et il est vrai qu’un autre médium canalisera d’une autre manière mais l’humanité évolue et les besoins changent. Ce qui est sûr pour moi c’est que les entités n’ont pas besoin d’un médium pour guérir les gens, ou plutôt pour débloquer leur potentiel d’autoguérison. Ce sont certains humains dont la foi en la guérison dépend de la présence du médium João.

Et je sens au fond de moi que le chamboulement que vit la Casa en ce moment va aider à transformer cela car sinon, la Casa ainsi que toute l’activité économique locale créée par elle s’arrêtera avec le médium, qui a 76 ans maintenant.

Lorsque la cession de chant a commencé, l’animatrice a refait l’introduction d’usage et notamment le passage suivant : Les entités de la lumière sont les bienvenue pour nous accompagner, mais seulement les entités de la lumière (en insistant bien là-dessus). Là, je me suis dit que c’est furieusement dualiste de dire cela. Alors, on ne veut voir que la lumière. Pourtant nous avons tous nos parts d’ombre et c’est en acceptant de les voir que l’on peut les transformer en lumière. Effectivement, on préfère la lumière en général car c’est plus agréable, mais ne pas faire face à nos parts d’ombre, c’est s’empêcher d’avancer.

Bashar dit que nous ne vivons pas dans une dualité mais plutôt dans une trinité. A l’échelle moléculaire, on peut le voir car il y a le proton, chargé positivement, l’électron, chargé négativement et le neutron, qui est neutre.

Le point de trinité, c’est quand on choisi une des deux polarité sans invalider l’autre. C’est quand on la choisi parce qu’on la préfère et pas parce que l’autre n’est pas bien. Pour revenir à l’ombre et la lumière, j’aime les deux, l’une parce qu’elle est agréable et l’autre car elle me permet de grandir en me reflétant l’ombre que je porte en moi.

Dans une même situation, une personne pourra expérimenter sa part d’ombre si cela réveille une blessure et l’autre pourra vivre une expérience neutre. Tout est relatif au point de vue de l’observateur. Cela me fait penser à la physique quantique qui intègre maintenant que le résultat des expériences est influencé par le point de vue de l’expérimentateur. Et oui, la conscience entre en jeu dans toute expérience, qu’elle soit humaine ou scientifique.

En sortant de la cession de chant, j’ai recroisé la femme qui m’a offert un petit oiseau en origami la semaine dernière pour me remercier d’avoir joué du hang.

Elle est dans la même démarche que moi, elle a tout vendu ses affaires au Canada et elle est partie en laissant son cœur guider ses pas. Encore une belle rencontre ! Elle avait un bain de cristal de prévu donc on a pas pu discuter trop longtemps, mais on se recroisera.

Je suis ensuite rentrée chez moi et j’ai repensé au livre L’alchimiste de Paulo Coelho. Je l’ai en version audio et il est très bien fait. Il y a des bruits de fond qui accompagnent les scènes et il y a plusieurs voix pour les différents personnages. L’auteur est Brésilien et l’histoire démarre en Andalousie pour se finir dans le dessert du Sahara. Je l’ai lu et écouté plusieurs fois mais j’avais envie de le ré écouter. J’ai commencé et j’avais l’impression que je l’écoutais pour la première fois. C’est normal, j’ai tellement changé depuis 2 ans, je suis une personne différente maintenant.

Lors de cette nouvelle écoute, j’ai entendu des messages de sagesse à chaque chapitre, ils sont bien déguisés sous forme de métaphores mais ils sont bel et bien là. Lors de mes précédentes lectures, ce livre m’avait fasciné mais je n’avais pas entendu ces messages. Cette fois ci, je prête attention et je n’ai pas besoin de faire d’effort pour cela, car ça devient naturel.

Ensuite, je suis repartie pour rejoindre Lucie et voir où est ce qu’elle en est. Je l’ai trouvée bien mais sans plus. Elle a vraiment envie d’écourter son séjour et elle est prête à y mettre le prix. On a passé un moment ensemble puis je l’ai laissée.

Mercredi matin, on s’est retrouvée à 6 heures pour aller faire la queue pour méditer dans le courant.

La cession ne s’est pas déroulée comme d’habitude. La Casa était pleine de journalistes. J’ai entendu que João est allé parlé dans le grand hall puis il y a eu un long silence. Quelqu’un qui était dans le grand hall m’a dit plus tard qu’il faisait une prière. Puis j’ai entendu des applaudissements et des cris, ce que j’ai ressenti très fortement dans mon énergie. Puis il est venu dans la salle du courant et il a dit quelque chose comme « j’accepte l’épreuve que Dieu m’envoie » et il n’est pas resté. Il n’y a pas eu d’incorporation ce matin là. Où qu’il allait, les journalistes lui sautaient dessus, heureusement qu’il avait des gardes du corps.

Malgré que le médium ne soit pas incorporé, je n’ai jamais autant senti l’énergie du courant en moi que ce matin là. Je pense que je suis plus sensible à l’énergie spirituelle des entités qu’à celle convertie en aura humaine par le médium. Ou peut être que quand le médium n’est pas là, les entités cherchent davantage à utiliser la médiumnité des gens du courant pour convertir leur énergie en aura humaine.

Pendant la cession, alors que les médiums fils et fille de la Casa récitaient des prières bien plus fort que d’habitude, invoquant le Père, la Mère et le Maître Jésus, j’ai reçu l’info suivante : En louant le Père, la Mère et le Maître, vous restez des enfants (le mot enfant était employé dans le sens de l’immaturité et de la dépendance affective). Deviens ton propre Père, ta propre Mère et ton propre Maître car tout ces aspects sont en toi. L’innocence et l’insouciance de ton enfant intérieur te conduira vers eux.

Pendant cette cession, j’ai fait la méditation d’ancrage de la paix de Bashar. J’ai aussi posé les intentions suivantes :

- Merci de m’aider à voir au-delà des illusions des apparences

- Merci de m’aider à épiler définitivement tous les poils de mes pensées

- Merci de m’aider à m’abandonner en toute confiance et en toute conscience au flot naturel de ma vie qui est mon chemin de plus grande fluidité

En faisant ces demandes, il m’est venu que le chemin le plus naturel pour moi est de tenter le renouvellement du visa pour rester plus longtemps.

Quand la cession s’est terminée, ce n’était pas les mêmes voix qui clôturaient la cession. Il semble que l’équipe de volontaires a changé cette semaine. Nous sommes allées prendre la soupe puis j’ai mangé avec Lucie dans sa pousada. Dans le réfectoire, j’ai recroisé Issa qui m’a dit qu’il sentait que mon énergie était plus légère qu’il y a 3 semaines. Je me suis dit que j’ai bien avancé et j’étais contente.

On a passé l’après midi ensemble. Finalement changer de billet d’avion était tellement cher qu’elle a choisi de rester jusqu’à dimanche. On a donc cherché une autre pousada pour qu’elle puisse séjourner les jours qui lui restent dans un endroit plus apaisant et ressourçant. Cette après midi là, il y avait des drones qui volaient au dessus de la Casa. C’est vraiment une semaine très particulière !

A travers notre échange, j’ai vu que j’avais fait un grand pas dans l’art d’écouter et de ne pas insister pour faire passer un message ou dire aux autres ce que je pense qu’ils devraient faire. Si j’insiste, je vais faire face à de la résistance et c’est fatiguant d’un côté comme de l’autre. J’ai encore pu observer que dans toute situation, ce que je reproche à l’autre et ce que je n’aime pas chez l’autre, c’est ce que je fais moi-même et ce que je suis. Mais c’est plus facile à voir chez l’autre que chez soi. Le déni est parfois tellement fort qu’aucun mot n’est possible.

J’ai aussi observé que quand on croit savoir, on se ferme à ce que disent les autres et cela peut être un grand piège.

Observer ce qui se passe tout autour de l’expérience que je vis avec Lucie m’encourage à intégrer la sagesse pour la rayonner et m’affranchir des mots. C’est un long chemin mais je l’ai vraiment entamé ici à Abadiânia grâce à cette concentration de gens tous différents et tous en chemin. Un endroit où, plus que jamais, on est face à soi même dans nos aspects les plus positifs comme les plus négatifs et ça, c’est l’idéal pour avancer et grandir.

A un moment, Lucie me disait, une fois de plus, que tous les gens ici ne sont pas beaux et sont tous névrosés sauf moi. C’est un jugement qu’elle assume, bien qu’elle dise savoir que la vie est un jeu de miroir ! En tout cas, cela me montre que je suis en train de développer une autre façon d’être élégante. Comme le dit João, il s’agit de l’élégance des attitudes. Je développe la beauté dans mes mots, dans mes actes et dans ma présence et cela a bien plus de valeur pour moi que la beauté physique. Je ne dis pas que prendre soin de son apparence physique est sans intérêt mais, si on le fait pour se sentir plus aimé des autres, cela n’a pas de sens pour moi.

L’après midi m’a fatigué car je voulais rester avec Lucie pour l’aider à trouver une autre chambre en lui servant d’interprète. Mais au fond, je me sentais appelée par la Casa pour la soutenir mais aussi observer de l’extérieur ce qui se dit au micro et ce qui se passe dans de telles circonstances. Cela en dit toujours long sur la nature du cœur de l’organisation en question. J’ai l’impression que, depuis le début, il m’est donné de multiples opportunités d’expérimenter la Casa et la conscience collective du lieu sous de nombreux angles de vue, les meilleurs comme les moins bons. Je ne sais pas pourquoi j’adopte parfois cette cape d’exploratrice mais cela doit bien avoir un sens.

J’ai donc expérimenté que résister à l’élan du cœur est fatiguant. J’ai constaté que tout ce qui se passe autour de João vient toucher la corde de la tristesse et de l’injustice en moi. Il en reste donc encore un peu. C’est peut être plus pour me permettre de laisser sortir cela que je suis attirée par ce contexte. Car, en entrant en résonance émotionnelle, je ne suis pas d’une grande aide.

J’irai demain matin observer cela.

Jeudi matin, on s’est retrouvé avec Lucie à 6h30 pour que je l‘accompagne dans la file de la méditation dans le courant. Moi, je suis allée m’asseoir dans le grand hall pour assister à la cession du matin.

J’ai adoré le déroulement de la matinée, cela me paraissait tellement plus juste, l’énergie était intense.

Quand j’ai vu le nombre de personnes qu’ils faisaient entrer dans le courant, j’ai su que João ne serait pas là. La cession s’est déroulée sans lui dans le calme le plus total. Quand il n’est pas là, les gens sont moins bruyants, c’est curieux.

Ils ont commencé par des prières spéciales, celle de Saint Inácio et celle de Saint François d’Assise. Ensuite, il y a eu quelques explications pour dire que le médium n’était pas là mais que les entités étaient bien là et travaillaient déjà sur nous. Elle a dit aussi que lorsqu’on attend dans le grand hall l’appel de sa file, ce n’est pas juste un moment d’attente, c’est un moment de préparation où il est recommandé de se concentrer sur ses intentions et visualiser le travail en train de se faire. Ensuite, on passe dans le courant où l’énergie des entités est plus intense, on reçoit un petit verre d’eau fluidifiée chargée de l’énergie du courant et on va s’asseoir quelques minutes dans la salle de bénédiction pour recevoir encore l’aide des entités. Ensuite, on va boire la soupe et on pourra venir méditer dans le courant la demi journée suivante. Voilà le protocole qui a été présenté. Et cela m’a paru tellement juste que j’ai décidé de passer en file de 2e fois avec les intentions suivantes :

- Merci de m’aider à guérir et régénérer mes yeux pour que j’ai une vue claire et précise du plan physique tout en voyant clairement à travers l’illusion de ses apparences

- Merci de m’aider à incarner toujours plus l’amour, la sagesse, la joie, la paix, l’harmonie, la clarté, la générosité, le dévouement, la gratitude et l’humilité.

- Merci de m’aider à agir selon mes plus grandes passions, à chaque instant, en faisant toujours de mon mieux et en ayant aucune attente particulière sur ce que c’est supposé m’apporter.

L’énergie et le calme était intense ce matin là. J’ai comparé avec la journée d’hier durant laquelle le médium João a tenté de venir mais cela a eu un effet déstabilisant car les journalistes se sont amassés autour de lui comme des abeilles autour d’un pot de miel. Cela a perturbé le collectif humain qui participe énormément dans l’énergie créée pendant les cessions. Dans ce contexte, c’était donc mieux pour l’intérêt général du fonctionnement de la Casa qu’il ne soit pas là.

Quand je suis passée dans le courant, l’énergie était bien présente, je la sentais dans mon corps comme quand le médium est là. Rien n’était différent. Puis dans la salle de bénédiction, j’ai répété mes intentions pour la énième fois et j’ai remercié. J’ai senti l’énergie comme en intervention spirituelle.

Pour moi, il n’y a aucun doute, la Casa n’a plus besoin du médium pour fonctionner. La puissance est la même quand il n’est pas là.

Je suis allée prendre la soupe en restant dans mes intentions et mon centrage intérieur jusqu’à ce que j’ait fini mon assiette. A la fin de la cession, il y a eu un cercle de prière à l’extérieur sur le parking pendant qu’un hélicoptère nous survolait et, d’après l’attitude des gens, il m’a semblé que João était dedans pour regarder le soutien qui lui était offert. Mais je n’ai aucune certitude là dessus. Et là, cela m’a interrogé.

Plein d’informations me venaient. Les gens faisaient la prière du Notre Père et l’Avé Maria pour qu’il soit en paix et que tout reprenne son court normal. Mais au fond de moi, je suis convaincue que, étant donné que ces deux prières sont des prières d’alignement, leurs intentions sont entendues mais ne donneront pas exactement le résultat qu’ils aimeraient.

Tout cela tournait dans ma tête et, après avoir chercher un peu où était Lucie pour savoir si ça c’était bien passé pour elle et voir ce qu’elle voulait faire l’après midi, j’ai senti l’appel de retourner dans le grand hall pour méditer et mettre toutes les informations qui se bousculaient dans ma tête en ordre.

Et voici comment il m’a été offert de voir tout ce remue ménage :

Depuis que je suis arrivée, après les soucis de santé que le médium João a eu et qui lui ont valu deux semaines de repos, les volontaires invitent tous les utilisateurs de la Casa a prier intensément pour lui, pour qu’il puisse vivre encore de longues années en bonne santé et que la Casa continue de fonctionner avec lui. Comme ils récitent le Notre Père et l’Avé Maria, qui sont des prières d’alignement avec le chemin le plus juste, certaines intentions ne sont pas retenues alors que d’autres oui.

La demande principale est que la Casa continue de fonctionner pour aider les gens à se guérir. Mais d’après vous, est ce que le chemin le plus juste est de maintenir cet homme en bonne santé pendant des années ? Est ce que c’est de maintenir le transfert affectif énorme entre la plupart des utilisateurs de la Casa et le médium ? Ce transfert est bien réel, il est dans toutes les bouches. A la soupe, une dame qui était à côté de moi expliquait à une autre que la Casa peut fonctionner sans le médium car ce sont les entités qui font le travail, etc. Elle était super claire dans son discourt mais 5 minutes avant, elle avait dit à la même personne qu’elle priait, du fond de son cœur pour que le médium soit là la semaine prochaine. Ce n’est pas cohérent ! Ce discourt n’est pas en accord avec ses actes. Pour ma part, je prie pour qu’il traverse ce challenge en restant en paix et qu’il sache en tirer les enseignements nécessaires mais je n’insiste pas sur le fait qu’il soit là ou pas la semaine prochaine.

Je sens au plus profond de moi que pour faire perdurer la Casa de longues années encore, le chemin le plus juste est de guérir la conscience collective de ce transfert affectif avec le médium pour que les gens croient ou sachent vraiment que la Casa peut fonctionner sans lui. Car cette ferveur, cette idolâtrie parfois ou ce transfert affectif est une véritable limitation et elle met la Casa en péril.

C’est comme en permaculture, on dit que lorsque un système tout entier dépend d’un seul facteur, cela le rend extrêmement fragile et vulnérable. Et bien là c’est pareil, ce transfert affectif fragilise la Casa.

Et bien pour moi, ce qui se passe cette semaine est la réponse de Dieu à toutes les prières faites ces derniers temps car c’est une réelle opportunité de transformer la Casa et de guérir la conscience collective pour que ce lieu perdure dans le temps. C’est véritablement un cadeau ! Et je sens aussi que le meilleur moyen pour aider João, qui peut-être se sent quelque peu indispensable, est d’accompagner ce changement en se guérissant de notre dépendance affective vis à vis de lui et en étendant notre foi pour s’ouvrir à la possibilité que le pouvoir transformateur de la Casa est aussi voire plus grand s’il ne dépend plus d’un seul homme.

Voilà tout ce qui m’est venu. Et cela résonne profondément en moi comme vraiment aligné avec mon cœur.

J’ai beaucoup de respect pour le médium João, c’est une grande œuvre qu’il a fait là. Et peut être qu’aujourd’hui, il est temps qu’il laisse son œuvre voler de ses propres ailes.

En tout cas, ces chamboulements me laissent penser que, pour montrer que l’efficacité de la Casa est toujours la même lorsqu’il n’est pas là, je me dis qu’ils va y avoir des guérisons spontanées alors pourquoi pas moi puisque ma foi est plus grande encore dans ce mode de fonctionnement. On verra ce qui se passe les prochains jours.

Après tout cela, ma tristesse et mon sentiment d’injustice d’hier sont passés. Je perçois vraiment le cadeau caché derrière l’illusion de ces apparences. Il y a l’amour et le soucis du bien collectif derrière tout cela et je me sens pleine de gratitude pour cette opportunité de grandir que la vie nous offre.

Pour certains, cela va être très perturbant car le transfert affectif est tellement fort, mais bon, cet homme a pleins de qualités mais sur le plan physique, il n’est pas éternel. Alors, une transition est nécessaire et à mon sens, il n’est pas le plus approprié de préparer un autre médium pour reproduire ce schéma. Ce serait comme remplacer une addiction par une autre. Cela ne règle rien. Alors voila, même dans ces circonstances, je dis merci à la vie.

Après cela, je suis rentrée. Il fallait absolument que je mette tout cela sur le papier car cela me paraît tellement important. Je ne suis pas sure que beaucoup de personnes partagent cette vision de la situation. Ils ont l’air quasiment tous extrêmement déstabilisés et perdus, même ceux qui disent que c’est une question de foi et que les entités font le travail nécessaire comme avant.

Et je ne parle même pas de tous les propriétaires de pousada, de magasins, de restaurant, les conducteurs de taxi, etc. Ils sont inquiets pour leur activité car eux-même ne croient probablement pas que la Casa peut continuer sans leur Saint João.

Les semaines suivantes nous en diront plus.

L’après midi, j’ai senti l’appel d’y retourner avec mon hang. En chemin, j’ai fait deux détours pour voir si je trouvais Lucie mais je ne l’ai pas vu. Alors j’ai continué mon chemin jusqu’à la Casa. A l’entrée, il y avait un monsieur assis parterre avec un panneau. Je l’avais vu ce matin et j’avais envie de lui demander ce qu’il faisait là. Il m’a dit qu’il était là pour soutenir João. Sur son panneau, il y avait marqué : « pas de journaliste, pas de cigarette et pas de chien. La méditation commence ici. » Je lui ai demandé, sur le ton de la plaisanterie, si les instruments de musique étaient autorisés car mettre les chiens dans le même panier que les journalistes et les cigarettes me choquait un peu. Il m’a dit oui et m’a proposé de jouer à côté de lui. Je me suis dit, pourquoi pas. De prime abord, je me suis dit que ce qu’il faisait ne servait à rien. Mais j’ai vite réalisé que, mine de rien, les journalistes avaient respectés son interdiction spontanée alors que la Casa n’a pas tenté de les contenir. Et je pense que l’absence des journalistes dans le grand hall a contribué à l’excellente qualité du travail spirituel du jour. Cet homme que je vais appeler Joël, était assis là depuis 7h du matin et il était venu avec presque rien pour assurer son confort. Il ne pensait pas rester toute la journée au départ. Puis des gens lui ont apporté des parasols, de l’eau, de quoi manger, un coussin, alors il est resté. Bravo et merci à lui. Je l’ai accompagné de 14h à 16h en jouant du hang. C’était une chouette expérience. Avant le démarrage de la cession, un groupe de femme incluant des volontaires de la Casa est arrivé pour venir au devant des journalistes et dire que la Casa était simplement un lieu de paix, d’amour, de gratitude, un lieu où la foi des gens leur permet de se guérir. On a été mitraillé par les appareils photo et les caméras de tous les côtés. Cela me laisse complètement indifférente, je ne me sens pas en danger à cause de cela. C’est vrai qu’au moment où toutes ces femmes sortaient en récitant la prière du Notre Père, je trouvais que cela faisait secte. Mais après tout, ce n’est qu’un jugement des apparences. Ce n’est pas parce que plusieurs personnes récitent une prière ensemble qu’ils sont sectaires.

J’ai essayé de partager avec Joël ma vision de la situation, mais il n’a pas pu entendre. Il m’a dit shut d’abord, puis il m’a dit que c’était João qui avait tout réalisé cela et qu’on ne pouvait pas le virer comme cela. Du coup, je n’ai pas insisté, encore un qui ne peut pas entendre cela. Et puis d’abord, il n’a pas tout fait tout seul, ensuite, il a suivi la demande des entités et pour finir, j’ai pas dit qu’il fallait le virer. Mais la Casa est pour tout ceux qui l’utilisent, à nous de choisir ce que nous voulons en faire.

Vers 16h, on s’est levé, je l’ai aidé à ramener ses affaires jusqu’à chez lui et là, j’ai appris qu’il a un ulcère à la jambe, cela m’a impressionné, quelle détermination !

J’étais moi aussi contente d’avoir posé cet acte. Je n’en mesure pas forcement tout le sens, mais cela devait être.

Ensuite on est allé prendre un açaí à la boutique de la Casa et ils nous l’on offert en signe de gratitude, c’est tout.

Ensuite, j’ai recroisé Jean avec qui je suis souvent sur la même longueur d’onde et il partageait plus ou moins ma vision des choses. Nous sommes au début de grands changements, cela va bousculer un peu. On le voit en France. On le voit à la Casa. Mais tout ces chamboulements sont des opportunités positives de changement. Je souhaite résolument aller de l’avant et ne pas résister en m’accrochant aux structures du passé. Comme disent les Brésiliens « Deus sabe o que faz. » (Dieu sait ce qu’il fait) ou autrement dit, « tout est juste ».

Ceci dit, il me tient à cœur de soutenir João aussi. Je vais donc déposer dans les triangles la demande suivante :

- Merci d’aider le médium João à traverser ce challenge en paix, avec sérénité et en gardant son intégrité énergétique, mentale et émotionnelle.

- Merci de l’aider à comprendre et intégrer les enseignements que ce challenge vient lui apprendre.

- Merci de soutenir de la même manière les personnes qui l’accusent pour qu’elles aussi progressent sur leur chemin à travers cette expérience.

- Que la justesse et la justice demeure pour tous et par tous.

J’aime les périodes de chamboulement. Elles nous font avancer, elles nous donnent l’opportunité de sortir de l’ordinaire et de poser des actes pour créer ce que nous voulons. Car ce sont en fait des portes ouvertes à la nouveauté. A nous de choisir ce que nous voulons faire de cette ouverture vers un nouvel être, une nouvelle Casa et un nouveau monde.

Vendredi matin, je me suis réveillée très tôt et, tout en restant allongée, j’ai repensé à mon expérience d’hier lorsque j’étais assise à l’entrée de la Casa avec Joël. Il me racontait qu’il était venu s’asseoir là à 7h du matin avec l’intention de rester jusqu’à 11h. Mais à 11h des gens ont commencé à le remercier, à lui donner à boire, à manger, etc. Et il m’a dit que du coup, il ne pouvait plus partir car il était soutenu et cela voulait dire que les gens voulaient qu’il reste. Lors des deux dernières heures que j’ai passé avec lui, je voyais bien qu’il souffrait, qu’il avait mal de partout et pourtant, il restait assis là. Je trouvais que cela n’avait pas de sens. Et puis j’ai fait le parallèle avec João. Cela fait 60 ans qu’il incorpore des entités et qu’il aide des gens à se guérir grâce à cela. Et aujourd’hui, il y a des milliers de gens qui croient dépendre de lui pour leur guérison et toute l‘économie d’Abadiânia semble dépendre de lui. Dans ce contexte, si j’étais à sa place, je ne sais pas si je saurais entendre ma fatigue ou entendre que je dois briser cette dépendance. Cette dépendance le nourri énormément et cela doit être vertigineux d’imaginer la rompre. Donc, comme Joël qui disait ne plus pouvoir partir car il était soutenu par les gens, João doit sentir la même chose même si son corps crie qu’il n’en peu plus.

Alors voila, aujourd’hui, je dis à João : Mon frère, je reprends mon pouvoir en devenant mon propre médium et mon propre guérisseur. Tu peux te retirer petit à petit pour finir ta vie paisiblement.

Nous sommes tous médium car nous avons toutes les réponses en nous et nous sommes tous notre propre guérisseur car rien ni personne n’a le pouvoir de nous guérir, ce pouvoir est en nous et pour le moment, nous avons besoin de choses ou personnes extérieures pour l’activer.

Ensuite, je suis partie tôt, résolument décidée à aller méditer dans le courant. Lors de cette méditation, j’ai réussi à garder la paix. J’ai mélangé la méditation d’ancrage de la paix de Bashar avec la prière suivante :

Merci, Merci, Merci

Je souhaite le meilleur pour la Casa

Je souhaite le meilleur pour João et sa famille

Je souhaite le meilleur pour les femmes qui l’accusent et tout ceux qui les soutiennent, les journalistes et les politiques

Je souhaite le mailleur pour Abadiânia.

Je souhaite le meilleur individuellement et collectivement pour tous les utilisateurs de la Casa et pour les habitants de la région.

Et pour œuvrer au service de ce meilleur, au service de l’amour, je saisis cette opportunité, ici et maintenant, pour manifester le meilleur pour moi même en guérissant et régénérant mes yeux ou en manifestant tout autre miracle.

Merci, Merci, Merci

J’ai encore senti beaucoup d’énergie dans le corps et dans les yeux.

J’ai trouvé que le discourt de démarrage et de clôture de la cession étaient bien et aligné avec ma vision de la situation. Le discourt de la fin m’a mis les larmes aux yeux.

En sortant, j’ai retrouvé Nora. On a discuté un peu en allant prendre la soupe. Avec elle aussi, j’étais quasiment sur la même longueur d’onde.

Ensuite, j’ai retrouvé Lucie. Elle allait bien et avait déménagé. On s’est donné rendez vous à midi pour partager un repas puis je suis rentrée pour récupérer mon hang. Sur le chemin, j’ai recroisé le chauffeur de taxi qui m’avait ramené de l’aéroport lors de mon arrivée. On a échangé quelques mots et lui aussi partage la même vision des choses concernant le sens de tout ce qui arrive à la Casa. Cela m’a vraiment réjouit.

Après le repas j’ai laissé Lucie dans la file de la méditation dans le courant puis je suis allée jouer du hang dans le jardin.

Jean est passé. Il a pris de belles photos de moi quand je jouais. Il m’a dit qu’il avait un projet de permaculture qui prendrait forme d’ici 2 à 5 ans et m’a proposé de m’inclure dedans. Ensuite j’ai eu un super moment d’échange avec une Brésilienne de la communauté Japonaise de São Paulo. C’était vraiment beau ce qui s’est passé entre nous.

Puis, après d’autres petites rencontres, j’ai senti qu’il fallait que je parte. Mon jeu avait été vraiment doux cet après midi et je marchais vraiment lentement. Je me sentais un peu bizarre car quelqu’un m’avait dit que la Casa allait peut être fermer la semaine prochaine pour que la police fasse les investigations nécessaires à l’enquête.

Puis, sur ma route, j’ai croisé Sylvie. On a discuté et elle m’a demandé ce que je pensais vraiment au sujet de cette histoire d’abus sexuel. Et je lui ai répondu que je ressens qu’il y a un tout petit fond de vérité qui a été très largement exagéré pour des raisons politiques et religieuses. Je lui ai dis que dans mes prières en lien avec cette situation, je n’oubliais pas d’inclure les femmes qui l’accusent car, même si ce sont de fausses accusations, elles ont besoin de soutien pour avancer sur leur chemin. Et là, je me suis ouverte à un espace de discussion qui m’a menée à l’impossibilité de nier la véracité de ces accusations. Je ne vais pas rentrer dans les détails car c’est un sujet extrêmement sensible, mais que je sois dans l’erreur ou dans la vérité, je vais vous partager comment je vis cette expérience.

Tout d’abord, je ressens de la gratitude à l’égard de moi même pour avoir accepter de m’ouvrir à une vérité qui n’est pas celle que je préfère et qui me montre que j’ai été quelque peu aveugle ces derniers temps. Dans l’heure qui a suivi mon ouverture a cette possibilité, de nombreuses mémoires de ressentis, vécus depuis que je suis à Abadiânia et pour lesquels je n’avais pas trouvé d’explication, sont revenus et ont soudainement pris du sens.

Hier, j’ai demandé dans le courant à voir au-delà de l’illusion des apparences et là, j’ai été bien servie.

Cela répond à tant de questions laissées sans réponses satisfaisantes.

Quelqu’un qui est aligné avec sa « mission » depuis toujours, qui incorpore de hautes vibrations très régulièrement et qui est doté de la sagesse est sensé avoir une santé excellente. Or ce n’est pas du tout le cas de João. Tous les channels sérieux témoignent que l’incorporation les énergisent vraiment, que cela ralenti considérablement leur vieillissement et qu’ils ne sont jamais malade et en plus, s’ils le veulent, ils deviennent leur propre version de l’énergie qu’ils canalisent.

Comme les volontaires ne cessent de le répéter à la Casa et je suis d’accord avec cela, tout problème de santé vient d’un déséquilibre mental et émotionnel. João ne fait pas exception. C’est un point sur lequel je sentais une incohérence mais j’ai préféré ne pas la regarder en face.

Depuis la première fois où je suis venue, la relation de dépendance entre le fonctionnement de la Casa et la présence d’un médium me dérange. Et j’ai fermé les yeux là dessus aussi, enfin, pas totalement. La présence d’un médium n’encourage pas les gens à se faire confiance et à aller chercher les réponses en eux. En entretenant cette dépendance, que ce soit volontaire ou non, je pense que João sort du cadre de la volonté de son âme.

Et puis au-delà de tout cela, je suis impressionnée devant la leçon de vie que cette expérience m‘apprend : l’ombre et la lumière travaillent toujours ensemble, elles sont indissociables et ont toutes les deux leur raison d’être. Le nouveau regard que je porte sur le médium João me montre l’incarnation du paradoxe de l’existence. Je vois maintenant en lui une énorme souffrance qu’il se cache à lui même par une carapace de lumière, de dévouement extrême, de générosité exemplaire. Je vois en lui le pire comme le meilleur. Dieu aussi inclut tout, le pire comme le meilleur sans jugement ni préférence, il autorise tout et c’est à nous de choisir ce que l’on préfère dans ce tout. João de Deus porte bien son surnom car il incarne ce tout.

Pour moi, cela n’enlève rien au potentiel de transformation que je suis venue chercher à la Casa car je fais une distinction claire entre la Casa et le médium João. Mais depuis que je suis arrivée en octobre, je suis amenée à observer la conscience collective des utilisateurs de la Casa et vous avez pu lire jusque là que j’y ai observé de nombreux non sens. Et là, en ces temps de troubles, j’en vois d’autres qui sortent.

Je reste convaincue que ce chamboulement est un renouveau, un nettoyage. En attendant, je ne vais pas oublié de soutenir les femmes qui ont été abusées. Je vis cela comme une guérison de mon féminin et de la carapace que j’y ai mis dessus pour me protéger. Le fait de mal y voir physiquement est une protection aussi finalement.

Quoi qu’il en soit, je ne veux pas entrer dans le jugement, en tout cas le moins possible. Je sais juste que partout où il y a l’abus de pouvoir et la violence, il y a la souffrance, il y a le sentiment d’impuissance et il y a la sensation d’un vide intérieur que ce soit du côté de l’abuseur ou de l’abusé. C’est le paradoxe de la création.

Merci à la vie pour cette leçon à laquelle j’ai l’impression d’avoir bien été préparée. J’envoie tout mon amour et ma compassion à toutes les personnes qui sont en souffrance sur notre belle planète, qu’ils prennent le rôle de victime ou de bourreau.

Si ce que j’écris là dérange, j’en suis désolée mais je ne peux pas vous mentir sur mon expérience. Ce n’est pas le but. Je ne prétends pas détenir la vérité. C’est à chacun de choisir sa vérité.

Moi je suis là, au milieu de ce tumulte sans trop savoir encore pourquoi. Cela me fait grandir, cela me fait travailler mon discernement, cela m’apprend à voir au-delà des apparences. C’est un cadeau pour moi. Merci à la vie pour tes enseignements. Merci à l’existence de me montrer tes paradoxes. Et finalement, j’avais demandé à ressentir tangiblement l’amour inconditionnel quelques semaines en arrière, je suis servie.

Samedi matin, j’ai écrit le récit de la veille puis je suis allée faire des courses avec ma voisine. J’ai découvert le supermarché qui est de l’autre côté de la route. On a bien discuté de tout ce qui se passe et elle m’a dit que dans cette histoire, elle ne voulait pas prendre position et pas juger. Elle était simplement préoccupée par la continuité ou non du travail spirituel à la Casa. En théorie, je suis bien d’accord avec elle, mais dans mes pensées et mes actes, je vois bien que c’est autre chose qui se passe.

Sur le chemin du retour, j’ai croisé Sylvie. Elle m’a montré son logement et nous avons discuté un peu. Elle aussi, elle est partie du Québec avec son sac à dos et sans réel plan en se séparant de toutes ses affaires. Peut être que l’on va faire un bout de route ensemble. On a échangé nos contacts. Elle m’a dit que cette histoire avait déclenché en elle l’élan de reprendre son pouvoir et de faire un grand tri dans les affaires qu’elle a emmenées avec elle. C’est super positif ! Et puis elle m’a parlé de la guide de Lucie qu’elle connaît bien. Et une fois de plus, la vie me montre que deux personnes peuvent avoir une expérience totalement différente d’une même personne ou d’une même situation. Le jeu des miroirs qui nous montre ce que nous sommes dans chaque relation est mystérieux et passionnant.

L’après midi, je suis sortie pour aller à la Casa et éventuellement retrouver Lucie.

A la Casa, j’ai médité un instant pour demander que toutes les souffrances présentes chez toutes les personnes impliquées dans cette histoire soient conscientisées, accueillies et réparés.

Puis j’ai croisé Lucie. On est allé chez elle, dans sa nouvelle pousada, et nous avons discuté sous l’ombre rafraîchissante de plusieurs arbres. Je lui ai parlé de ce phénomène de transfert qui me dérange à la Casa. Et jusque là, je le voyais comme quelque chose de forcement négatif. Mais, avec son bagage de psychologue, elle m’a expliqué que le phénomène de transfert n’était pas forcement négatif. Il peut aider temporairement si il est compris et s’il n’y a pas d’abus de la part de la personne sur laquelle se transfert se porte. On a discuté de plein d’autres choses mais c’est cette histoire de transfert qui m’a le plus marqué. Ensuite, on a fait une petite sieste et tout se bousculait dans ma tête en même temps que je somnolais. Après je sentais qu’il fallait que je rentre chez moi car je me sentais fatiguée. Une fois rentrée chez moi, je me suis allongée et j’ai eu une grande prise de conscience.

Le médium João était toujours dans ma tête. J’étais en fait toujours en train d’essayer de discerner le faux du vrai dans tout cela. Puis, je me suis dit que je m’étais ouverte à tous les possibles. De l’extrême où il est blanc comme neige à l’extrême où il a intentionnellement abusé de son pouvoir. Et je me suis dit que toutes les versions de la vérité existent simultanément. Alors celle dans laquelle je me trouve m’indique l’état de ma relation Homme/Femme intérieure et de mon autonomie affective.

Et en fait, si je pense toujours à cela depuis hier, ce n’est pas parce que je veux me positionner mais parce que j’ai quelque chose à découvrir à mon sujet en lien avec l’abus de pouvoir et le transfert affectif.

Depuis le jour où le reportage accusant João d’abus sexuel est sorti, Belinha (la chatte de la pousada) a de nouveau ses chaleurs. C’est peut être une coïncidence mais à chaque fois j’y repense car, j’ai observé le petit jeu qui se passe entre elle et le chat. Elle se dandine en faisant « brou-brou » puis le mâle s’approche et elle est contente puis lorsqu’il la saillit elle grogne et elle le jette. Puis le même cirque recommence pleins de fois. Et ce jour, j’ai réalisé que je me reconnaissais un peu dans cette attitude dans ma relation aux hommes.

J’ai reconnu que parfois, il y a une part de moi qui se dandine dans mon langage corporel sans que je le décide consciemment et puis, dès que le contact se rapproche, d’un coup, une peur se met au milieu et je fuis. Par le passé, cette peur se manifestait dès que je sentais le moindre signe d’intérêt de la part d’un homme, ce qui rendait la fuite facile. Puis, lorsque j’ai guéri cette peur, la stratégie de défense a changé. J’ai créé une apparence repoussante (saleté, prise de poids puis pilosité au visage). Je joue donc ce double jeu moi aussi et si je n’avais pas ces mécanises de protection, dont la vue physique faible et les lunettes font partie, mon attitude corporelle inconsciente m’aurait certainement mise dans des situations délicates ou des relations très déséquilibrées.

Ensuite, j’ai repensé à cette histoire de transfert affectif qui me dérange tant à la Casa et j’ai une fois de plus utilisé le jeu de miroir et voilà, j’y suis en plein dedans depuis de nombreuses années.

J’ai réalisé que depuis mon adolescence, je fais des transferts imaginaires avec des hommes pour compenser un manque affectif. Ce sont des hommes qui m’inspirent et qui sont toujours inaccessibles, c’est plus sécurisant. Et voilà, cette histoire me permet de mettre la lumière de ma conscience sur ce déséquilibre que je vis depuis de longues années.

C’est vertigineux d’accepter de voir cela en face. Le fait d’en prendre conscience est la plus grande parte du travail. J’observe que j’ai encore tendance à me juger en me disant que c’est malsain mais maintenant je n’ai pas envie d’ajouter cela au reste. C’est comme c’est et puis c’est tout. Je l’accueille avec bienveillance pour pouvoir le transformer.

Je verrai comment ma réalité s’adapte en fonction de cela. Je vais poser une demande pour m’aider dans cette transformation. Et après, je me suis demandé, qu’est ce que je fais pour que cela change ? Et bien rien ! La prise de conscience, l’acceptation et la demande de changement sont suffisantes. Maintenant je laisse faire et je lâche prise.

Curieusement, j’ai l’impression que d’avoir mis la lumière de ma conscience sur ça va tout débloquer. J’ai l’impression que c’était le socle sur lequel tout mes déséquilibres physiques reposent. Je ressens de la gratitude pour l’opportunité que la vie m’a offert de voir cela en face à face. Et je suis contente d’avoir accepté d’ouvrir les yeux sur quelque chose que je n’avais pas forcement envie de voir en moi.

Et finalement, je me dis qu’il est fort probable que j’ai reçu quelque chose comme une intervention spirituelle lors de ma sieste chez Lucie. Car j’ai eu des ressentis très particuliers suivis d’une grande fatigue et d’un besoin d’introspection. Il n’y a donc pas besoin d’être dans la salle d’intervention de la Casa pour recevoir cela.

Dimanche matin, la suite est venue.

Je repensais à la Casa et cela me trotte dans la tête depuis quelques jours que je n’ai peut être plus besoin de la Casa pour avancer. Et là, j’y ai repensé sérieusement. La Casa est comme un microcosme fait à l’image du macrocosme. La Casa de Dom Inácio d’Abadiânia, c’est comme la Casa do Amor de Gaïa.

A la Casa, on trouve l’amour inconditionnel des entités, la paix, la joie mais aussi le jugement des humain, l’égo, la souffrance, la rigidité, etc. Il y a tout à la Casa, comme sur terre.

Le médium de la Casa, on le retrouve dans notre vie quotidienne à travers toutes nos expériences, nos rencontres, nos échanges qui nous donnent exactement les informations dont on a besoin pour avancer.

Les entités de la Casa, on les retrouvent dans notre cœur qui est en connexion directe avec notre propre entité qui, via les élans de notre cœur, via nos passions, nous orientent et nous montrent le chemin de plus grande fluidité vers l‘accomplissement de notre être.

L’énergie terrestre de la Casa, on la retrouve dans de nombreux sites sacrés de par le monde. Sur ces sites sacrés, qu’ils soient naturels ou construits, les interventions spirituelles sont possibles lorsque le moment est approprié.

La conscience collective de la Casa joue un rôle déterminant dans ce qu’il s’y passe. Mais si j’ai intégré que le microcosme de la Casa, je peux l’emmener avec moi partout où je vais car c’est un état d’esprit d’ouverture à tous les possibles qui n’est pas attaché à une localisation géographique. Je peux choisir, après m’y être immergé dedans pendant 3 mois, de l’emmener partout avec moi car il représente ce que je préfère.

Alors peut être qu’après avoir fait un transfert sain avec ce lieu pendant 3 mois, je l’ai intégré en moi et je sais maintenant que je peux choisir cet état d’esprit et le vivre où que je sois. Alors, je peux prendre mon envol vers la suite de mes aventures.

Pour déposer mes demandes, j’ai mon petit cœur de gratitude et mon cristal de la Casa qui me connectent à l’énergie christique et j’ai mon cœur qui me connecte à ma propre entité. J’ai donc tout ce qu’il me faut pour me sentir comme à la Casa partout où le vent me portera.

Merci pour ce cadeau.

Ensuite, j’ai eu une autre clarification d’un point que j’avais déjà abordé un peu. Si je regarde en arrière depuis que je suis à la Casa, ce qui m’a vraiment fait avancer, ce sont les moments de remise en question et d’introspection. Ce sont les moments où j’ai osé aller voir mes parts d’ombre pour libérer la lumière qu’elles contenaient.

Si à la Casa, je n’avais pas rencontré le jugement, l’égo, l’idolâtrie, le transfert malsain, la compétition, le refus de voir son propre reflet dans l’autre, et bien je n’aurais pas avancé d’un centimètre.

C’est bien beau de vouloir s’immerger dans la lumière pour devenir la lumière mais je crois que cela ne marche pas. C’est comme pour les poils. L’épilation à la lumière pulsée, cela les fait disparaître en surface, on ne les voit plus et on est content, on croit que c’est réglé, on en est débarrassé, mais au fond, le déséquilibre est toujours là, rien n’est résolu, il finira tôt ou tard par ressortir sous la même forme ou sous une autre forme. J’ai donc l’impression que c’est une fuite de ne vouloir voir que la lumière. Peut-être que parfois, c’est trop dur de faire face à nos parts d’ombre, soit parce que c’est trop douloureux, soit parce qu’on aime pas ce que l’on voit, mais fuir ne résout rien. Et souvent, les personnes qui restent 2 ou 3 semaines à la Casa et qui se sentent comme dans du coton, appréhendent le retour car elles savent qu’elles vont prendre plein de négativité dans la face. Mais en fait, on ne fait jamais face à autre chose qu’à soit même. Et la guérison, elle est là, lorsqu’on accepte de voir le reflet que le miroir de la vie nous montre et qu’on pose l’intention de changer ce qui ne nous plaît pas dans ce reflet. Lorsqu’on résiste à se processus, on se fatigue. C’est pour cela qu’après une intervention spirituelle, dans laquelle on a été bombardé de lumière, il faut se reposer pour laisser le corps intégrer cela et surtout il faut un temps d’introspection pour faire face à la part d’ombre que la lumière est venue bousculer. Sans l’introspection et la prise de conscience qui permettent un changement profond, les symptômes que la lumière pulsée a temporairement supprimé reviendront probablement car nous continuons de les manifester inconsciemment par nos pensées. C’est pour cela que s’exposer à la lumière sous forme de hautes vibrations, c’est bien mais ce n’est pas suffisant. Le fourneau de la transformation se trouve dans l’exploration de nos parts d’ombre pour en extraire la lumière tel des alchimistes à l’œuvre dans le laboratoire de notre vie.

C’est peut être cela que je dois transmettre dans mes stages de vie quotidienne : comment voir nos ombres dans nos relations du quotidien, les accepter et extraire la lumière qu’elles contiennent.

Ensuite, je suis sortie pour retrouver Lucie et partager un dernier repas avec elle avant son départ. En l’attendant, j’ai encore croisé Issa. On a discuté 5 minutes à propos de ce qui se passe à la Casa sans rentrer dans les détails et sans prendre position. Il m’a offert une pluie de compliment en lien avec ce que je venais d’exprimer. Je suis restée bouche bée. Ensuite, j’ai passé un chouette moment avec Lucie. On s’est remercié mutuellement.

Après, je suis allée à une réunion d’histoires contées sur les guérisons à la Casa. J’ai apprécié la position de Melinda, celle qui rassemble toutes ces histoires. Elle a commencé par dire qu’elle n’était pas payée par la Casa et a été claire sur le fait que depuis le début, les entités disent que lorsque le médium décédera, la Casa continuera. Ensuite, elle a dit ouvertement qu’en ce moment, la Casa n’avait plus de médium et a raconté quelques histoires dans lesquelles, des guérisons spectaculaires se sont déroulées sans l’intervention du médium. Elle a dit aussi que les interventions spirituelles et les bains de cristaux étaient des traitements qui étaient arrivés récemment à la Casa. Il y a 15 ans, lorsqu’il y avait principalement des Brésiliens qui venaient ici et très peu d’étrangers, le principal traitement était la méditation dans le courant. Elle a donc dit que, comme il est dangereux de proposer des interventions spirituelles sans la présence physique d’un médium puissant, la Casa allait retourner à un mode de fonctionnement sans les interventions spirituelles, comme il y a 15 ans. Cela n’enlève rien au pouvoir de transformation de la Casa. Aujourd’hui, la puissance de la conscience collective qui s’est créée autour de la Casa remplace la puissance du médium.

J’ai senti dans ces propos qu’elle ne cherchait pas à juger João par rapport aux accusations mais qu’elle n’était pas dans le déni qu’une telle chose soit possible. Comme elle a dit : laissez le procès faire la lumière sur ce scandale et ayez du discernement face aux journalistes qui cherchent à exagérer la situation en déformant ce qu’ils voient pour vendre leurs journaux.

J’ai beaucoup apprécié d’entendre tout cela. Et en même temps, toutes ces histoires m’ont rappelé que parfois, dans notre cheminement, il y a des raccourcis qui nous sont offerts. C’est encore mystérieux pour moi et c’est très bien comme cela.

Ce moment m’a donné envie de rester un peu plus longtemps à la Casa pour observer cette transition et éventuellement y prendre part. Mais en ce moment, ce que j’ai envie de faire après change d’une minute à l’autre.

Après cette réunion, j’ai rejoint un petit cercle de femmes. Nous avons prévu de nous retrouver pour créer un espace honorant la voix des femmes abusées ici et dans le monde entier. Depuis vendredi dernier, jour durant lequel je me suis ouverte à tout le spectre des possibilités concernant cette affaire d’abus, j’ai rencontré plusieurs personnes qui savaient depuis longtemps mais qui ne pouvaient ou ne voulaient pas s’exprimer à cause du déni massif que l’on observe aujourd’hui et aussi pour permettre au travail extraordinaire de la Casa de se poursuivre.

Sans jugement, nous nous sommes juste connectées aux femmes abusées dans ce monde pour leur offrir notre soutien. Et c’est justement à ce moment là que la nouvelle est tombée comme quoi João s’est rendu à la police et a été arrêté.

Ensuite, sur le chemin du retour, j’ai croisé Sylvie et on a discuté longuement. On a finalement décidé de voyager ensemble les mois qui viennent et d’aller dans un pays d’Amérique Latine et de suivre nos passions. C’était un moment remplie de joie. Je sens que cela va être génial et elle aussi. Le départ est prévu entre le 10 et le 15 janvier 2019.

Ensuite, je suis rentrée chez moi. J’ai repensé à tout ce que j’ai vécu cet après midi en m’ouvrant à tous les possibles, en ne choisissant pas de camp et en soutenant les deux côtés du schisme entre Saint João ou João qui a abusé de son pouvoir.

J’ai constaté que je n’étais pas entrée en résonance émotionnelle avec l’évocation de la souffrance des femmes touchées par l’abus sexuel, l’abus de pouvoir et la difficulté à oser dire sa souffrance lorsque des milliers de personnes sont dans le déni et refusent en bloc cette possibilité.

Par contre, en rentrant, j’ai pensé à l’immense souffrance que doit avoir João pour avoir agit de la sorte. Et là, les larmes me sont venues et me viennent encore quand j’écris ces mots. J’ai pleuré longtemps à mesure que je lui apportais de la compassion et que je comprenais la situation.

J’ai réalisé que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, tous les hommes et les femmes qui abusent de leur pouvoir, quelque soit la forme que cela prend, sont en recherche de leur propre pouvoir et ne le trouvent pas à l’intérieur donc il compensent en l’exerçant à l’extérieur. L’abus de pouvoir est en fait un aveu de la souffrance de se sentir impuissant.

Et alors, me dirait vous, cela ne tient pas la route, la médiumnité de João est très puissante. Mais voilà la réponse qui m’est venue à ce moment là :

Ce n’est pas de ce pouvoir là qu’il est question, le véritable pouvoir est celui de choisir sa vie, d’être soi-même et de faire ce qui nourrir notre cœur.

Et là j’ai observé tout ce qui m’a été donné de voir et de percevoir ces derniers mois. João dit qu’il fait cela car il a reçu le don d’incorporer les entités et parce qu’il croit qu’il a une dette k armique à payer donc il doit accomplir cette mission. Mais tout cela, ce sont des systèmes de croyances qui, pour moi ne sont pas justes, et qui l’ont enfermé dans la certitude que pour honorer la volonté de Dieu, il doit faire cela. Mais elle est où la liberté la dedans ?

Je suis convaincu, comme je vous l’ai déjà dit que Dieu n’a pas de volonté, il autorise tout et nous soutien quelque soit nos choix. Notre âme, elle, a une volonté qui s’exprime à travers les élans de notre cœur. En les suivant et en faisant ce que l’on aime, ce qui nous nourri, on est dans notre mission.

Si tout le monde s’autorisait à agir selon ses passions et faisait exactement ce qui nourri l’âme, personne n’aurait besoin d’aller prendre le pouvoir sur l’autre, personne n’aurait besoin de compenser quoi que ce soit avec une addiction alimentaire, sexuelle, l’alcool, le pouvoir, l’argent, etc.

Et là, j’ai repensé au channel qui canalise l’entité Bashar. Il disait qu’à un moment de sa vie, il canalisait beaucoup en laissant son corps à l’entité et puis il a réalisé que ce n’était pas bon car il avait besoin de vivre sa vie avec sa propre entité pour apprendre et suivre son cheminement personnel en faisait ce qu’il aime faire.

Et là, cela m’a sauté aux yeux que João ne vit pas sa vie, il passe la plupart de son temps à aller à droite et à gauche pour être incorporé par les entités et aider les gens dans leur processus de guérison. Et là, j’ai pleuré encore plus quand j’ai réalisé que c’est le fait même d’être tant dévoué à ce qu’il croit être sa mission qui le fait souffrir et lui a fait faire commettre des abus. Derrière cet extraordinaire dévouement que son système de croyances et son désir profond d’être aligné avec Dieu lui impose, il y a un sentiment que sa vie lui échappe. Son âme est affamée d’autre chose qu’il compense comme il peut.

En fait, j’ai réalisé qu’il n’est pas du tout dans sa mission en utilisant sa médiumnité comme il le fait à la Casa. Ses conditionnements l’ont enfermés dans un schéma qui le fait énormément souffrir.

Et ce avec quoi j’entre en résonance ici dans cette histoire c’est la souffrance générée par les croyances erronées que nous avons sur terre, qu’elles soient en lien avec la spiritualité, les religions, le système capitaliste, etc. J’en pleurais abondamment. Ces croyances nous coupent de ce que nous sommes vraiment et nous installent dans des modes de fonctionnement qui affament notre âme et nous rendent addicts à des choses extérieures qui sont de piètres moyens de compensation.

Je suis convaincue que s’il avait pu s’autoriser à faire ce qu’il aime vraiment, ce qui le nourri vraiment, quelque soit la forme que cela aurait pris, il aurait eu un impact bien plus grand et aurait utilisé sa médiumnité pour devenir lui même sa propre version de l’énergie des entités qu’il canalise.

Après avoir compris cela, je lui ai écris une lettre dans laquelle je lui offre mon pardon, je reconnais sa souffrance et je lui ouvre une porte vers la voix de son cœur pour qu’il puisse enfin, dans les dernières années de sa vie faire des choses qui le nourrissent vraiment afin qu’il s’approprie son pouvoir d’être humain et qu’il laisse derrière lui les conditionnements qui le coupent de lui même.

J’ai brûlé cette lettre pour la lui transmettre symboliquement en sachant pertinemment que ce que je fais là pour lui, je le fais aussi pour moi.

Ensuite, j’ai aussi prié pour que tous les utilisateurs de la Casa qui souhaitent de tout leur cœur qu’il revienne pour « poursuivre sa mission » comprennent qu’ils n’ont plus besoin de lui car le véritable pouvoir est dans leur mains et qu’ils acceptent de le laisser vivre la vie que son âme avait planifiée.

Ah, cela fait longtemps que je n’ai pas autant pleuré. Je pleure encore en écrivant car c’est vraiment le fondement de toutes les souffrances de la terre. Nos conditionnements injustes nous coupent de nous même et nous font faire des choses horribles car nous sommes affamés.

C’est pourtant le choix que nous avons tous fait de venir se perdre dans ces limitations extrêmes.

Je me suis promise, pour honorer l’enseignement que João m’offre dans ce contexte, de continuer encore et toujours à démanteler mes conditionnements afin d’être pleinement moi-même en suivant les élans de mon cœur et afin d’incorporer pleinement toute l’énergie de ma propre entité en fusionnant la femme et l’âme que je suis. La dualité Homme/Äme a assez durée. Maintenant, j’appelle l’unité pour que nous devenions pleinement Humain.

Merci à la vie et à tout ses acteurs, quelque soit le rôle qu’ils jouent.


#voyage #transformationdesoi

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