• Violaine

Ma 13e semaine à la Casa de Dom Inácio de Loyola, Abadiânia, Brésil


Lundi matin, c’était le jour où le vétérinaire devait venir chercher Belinha pour l’opération de castration. Mais il n’a pas dit qu’il fallait qu’elle soit à jeun, ce qui, après coup, me parait évident. Alors finalement cela a été reporté à mercredi matin.

Ça me lasse un peu car elle a miaulé tout le matin car elle voulait sortir et je la gardais pour qu’elle soit là quand le vétérinaire arriverait. Et, comme je suis très sensible aux animaux, c’était dur pour moi de l’enfermer. Je me disais : est-ce vraiment juste de faire cela ? Des émotions sont venues. Cela m’a fait penser aux opérations chirurgicales que j’ai reçues quand j’étais bébé. Je me disais que ça avait dû être dur pour ma mère de laisser son bébé partir au bloc opératoire. J’ai pleuré un peu. Et en fait, je projetais mes émotions sur Belinha, mais elle, au bout d’un moment, elle a arrêté de demander à sortir et s’est couchée sous un meuble. Quand ma voisine est venue me dire que l’opération était reportée, je pensais que Belinha allait partir et qu’on ne la reverrait pas d’un petit moment. Mais non. Quand j’ai ouvert la porte, elle est sortie et s’est frottée à mes jambes en réclamant des caresses. Elle a fait cela quelques minutes puis, lorsque je suis retournée à mes occupations, elle est partie. Ils sont incroyables ces chats.

Ensuite, j’ai rêvassé un peu. Je constate que mon être intérieur utilise les actualités du moment pour me transmettre des messages via des rêves éveillés.

En ce moment, c’est João qu’il utilise. Je ne sais pas du tout ce qu’il en ai de sa situation actuelle mais les rêvasseries qui me viennent le montrent en prison et à travers cette situation, j’observe le mécanisme qui sou-tend mes propres addictions. Je vois qu’elles m’enferment et qu’elles me coupent encore plus de la vrai nourriture dont mon être a besoin, à savoir des relations humaines pleines et entières. J’en ai déjà évidement mais j’ai besoin de développer plus encore cela. J’ai besoin aussi de créer une famille, ou une communauté autour de moi. Cela me paraît très important maintenant. Ces rêveries me montrent aussi que ces choix addictifs avec l’alimentation trouvent leur origine dans mes souffrances d’enfant rejeté à cause de ma différence. Et c’est vrai qu’aujourd’hui, je la cultive ma différence, j’en fait ma force et mon originalité. Mais parfois, j’ai peur qu’elle m’isole et me coupe des relations amoureuses. C’est une peur qui prend de moins en moins de place mais qui est toujours un peu là malgré tout.

Je pense que je pourrais aller bien plus loin en décortiquant mes rêveries, que je prends très au sérieux, car je sais que chaque personnage est une part de moi-même.

Elles me permettent d’accueillir des émotions, de les formuler et de les transformer. Ce qui peut paraître anodin est en fait un véritable processus de guérison. Et finalement, la vie fonctionne comme cela aussi. Elle met en scène des personnages et des histoires dans notre champ de conscience pour que nous puissions nous rencontrer nous-mêmes à travers les expériences que l’on vit au quotidien.

J’ai beaucoup rêvassé ce jour là. Puis, j’ai préparé une salade car le soir, j’étais invitée à une fête entre amis pour célébrer noël.

Cette fête était géniale. J’y ai retrouvé Sylvie et pleins d’autres personnes rencontrées récemment au cours des cercles de femme. On a discuté, dansé, mangé. Je me suis amusée, j’étais bien. Une amie m’a dit qu’elle m’avait observée et qu’elle voulait que je sache que je suis très belle, sensuelle, féminine. Elle me disait qu’elle aurait aimé mieux me connaître et là, il est sorti de ma bouche que j’allais revenir, que l’opportunité d’échanger n’était pas perdue.

C’est vrai que ça a été sur la fin de mon séjour que j’ai tissé des liens avec des résidents permanents et je sais donc que lorsque je reviendrai, j’aurai déjà un réseau d’amis. Plus le départ approche, plus je me sens connectée à cet endroit par quelque chose qui dépasse la Casa elle-même. Peut être est-ce tout simplement l’énergie du vortex d’Abadiânia qui m’appelle car il m’est d’une grande aide dans ma quête de sagesse et de connaissance de moi. En tout cas, il est fort probable que je repasse plusieurs mois ici après les 3 mois en Bolivie.

Mardi matin, j’ai traîné au lit car je me suis couchée très tard. Et puis je suis allée à la Casa pour rejoindre mes amies pour aller prendre un bain de cascade. Bien que j’avais un peu mal au ventre, faite d’avoir un peu trop mangé la veille, je me sentais bien et j’avais le sourire. Mon intention était de choisir de me nourrir de manière appropriée afin de ne plus compenser avec un excès d’aliments qui font souffrir mon corps.

Avant de prendre le petit chemin qui descend à la cascade, nous nous sommes regroupées pour faire un chant et une danse de culture Brésilienne pour saluer les esprits de la cascade. C’était intéressant de découvrir cet aspect de la culture locale plus « animique » que chrétien.

Ce bain de cascade était chouette, l’eau était fraîche et revigorante. En remontant le chemin, j’ai eu deux messages principaux : quand tu as envie de manger alors que tu n’as pas faim, tu peux aller jouer du hang pour les autres. Et puis la chanson qui dit : Don’t worry about the things because every little thing gonna be all right (Ne t’inquiètes pas car tout va bien se passer). J’ai chanté cela en remontant une partie du chemin en me disant que ce n’était pas grand-chose et que j’arriverai à le réguler facilement.

Ensuite, j’ai discuté avec Sylvie et Thais. C’était chouette. J’ai laissé tout ce beau monde vers 12h30 et je suis rentrée chez moi. Sylvie m’a invitée à un autre repas de noël le soir même mais j’ai décliné sachant que je n’ai pas faim du tout et que je n’ai pas envie de remettre cela.

L’après midi, j’ai réalisé que ce que je compense en mangeant trop, c’est aussi le besoin d’aller plus vers les autres.

Plus tard, ma voisine est venue me dire que le vétérinaire passerait chercher Belinha le lendemain à 14h, ce qui ne m’arrange pas du tout puisque j’ai pris rendez vous pour un massage à cette heure là. Le lendemain, elle l’appellera pour avancer un peu l’heure du rendez vous.

Puis on a discuté un long moment au sujet des blocages et des croyances qui peuvent nous freiner dans notre fonctionnement et notre bien être. Elle m’a demandé aussi si je pouvais tenter quelque chose pour calmer les acouphènes de sa mère. Je lui ai dit que j’allais voir avec les entités de la Casa ce que je peux apporter en complément. Ensuite, comme sa mère s’est mise à pleurer à cause de ses acouphènes insupportables, j’ai proposer de jouer du hang pour l’apaiser un peu. Puis, j’ai utilisé mon bol tibétain aussi mais cela n’a pas arrêté les acouphènes. À un moment, j’ai demandé qu’est ce qui l’angoisse pour qu’elle essaye d’exprimer ce qui ne va pas et ma voisine a dit non. Mais moi, je ne vois pas d’autre issue que l’expression de ce qui l’angoisse car, s’il existait une solution miracle, les entités de la Casa l’aurait déjà employée.

Toujours est-il que j’étais contente de pouvoir les aider, cela m’a nourri. Et à la fin, la maman de ma voisine a dit que je me comportais un peu comme les indiens du Brésil, ceux qui étaient là avant l’arrivée des Portugais. Et puis elle a regardé mon visage de plus près et m’a dit que je leur ressemblais aussi. Mystères, mystères…

Ce soir là, pour la deuxième fois, j’ai gardé Belinha chez moi en la laissant manger jusqu’à 7h le lendemain pour qu’elle soit à jeun pour l’opération de l’après midi.

Mercredi matin, vers 5h, Belinha a commencé à miauler pour demander à sortir. Mais ce jour-ci, cela n’a pas déclenché d’émotion. Je lui ai expliqué calmement ce qui se passait et elle est allée faire ses besoins dans la caisse puis s’est rendormie en silence.

Mais à 9h, ma voisine est venue pour me dire que ce ne serait pas aujourd’hui mais demain matin à 9h. Elle m’a dit que c’était le vétérinaire qui avait encore décalé mais, j’ai senti dans ses mots que c’est elle qui a choisi de changer de jour car elle pensait que c’était mieux pour nous deux. Mais sur le moment, j’étais vraiment agacée. D’une part j’en avais marre de séquestrer la chatte pour rien et d’autre part, j’avais envie d’être libérée de cela et de pouvoir aller à la Casa.

Puis, au bout de 15 minutes, je me suis arrêtée pour me demander pourquoi je laissais ces circonstances altérer ma paix et mon calme. Et quasi instantanément, j’ai arrêté de résister à ce qui est et je me suis dit que c’était certainement encore un réarrangement de la vie pour le mieux.

Tout de suite après, j’avais un rendez vous skype avec la famille en France pour saluer tout le monde. Pour que la qualité de l’image soit meilleure, j’ai branché une webcam externe et cela a perturbé skype et du coup, aucune de mes webcam ne fonctionnait. Ils ne m’ont donc pas vue. Parfois, le mieux est l’ennemi du bien.

Ensuite, j’ai commencé à réfléchir à l’intention que j’allais poser lors de mon massage assisté par les entités. Je pensais d’abord à renouveler mon intention de la veille au sujet de la nourriture puis après avoir méditer un peu là-dessus, je me suis dit que si je mangeais plus que de besoin, c’est parce que j’avais encore des résistances qui me retiennent dans mes élans d’agir, de créer et d’être. L’intention que j’ai donc choisie est la suivante :

Je lève toutes les résistances qui me limitent dans le fait d’agir selon mes plus grandes passions, en faisant toujours de mon mieux et en ayant aucune attentes particulière sur ce que c’est supposer m’apporter.

Je suis donc allée à ce massage avec cela en tête. Je me rappelais de l’autre massage que j’avais reçu il y a un peu plus de 2 mois. Ce massage avait été sensationnel de douceur. Mais là, je ne ressentais pas du tout cela. J’avais l’impression que les entités n’étaient pas là. Je leur ai demandé qu’est ce qu’elles faisaient. Certes, la masseuse était douce mais je sentais que c’était creux. Alors, les entités m’ont dit, nous sommes les entités en connexion avec João mais toi, tu as tes propres entités en connexion avec toi. C’est elles que tu dois appeler maintenant car nous, on ne peux pas t’aider plus. Alors j’ai appelé mon entité personnelle et mes amis de l’espace et là, j’ai senti leur énergie et j’ai senti que le massage prenait une autre tournure.

En sortant de l’institut, je n’y voyais plus rien, comme d’habitude après un moment de profonde détente. C’est revenu rapidement à mesure que je marchais vers la Casa. Là, j’ai déposé les demandes de quelques amies dans le triangle puis je suis tombée ‘par hasard’ sur Sylvie. Nous avons discuté un peu puis je l’ai emmenée à ma cascade. On s’est baignée nue vue qu’on était seule et que ni l’une, ni l’autre n’était gênée par le fait d’être nue. On a encore bien discuté pour apprendre à mieux se connaître avant de partir en voyage ensemble. Puis on est allée chez elle pour préparer un peu notre voyage. On a regardé la carte et les différents lieux où on aimerait aller. Puis on a discuté de ce qu’on voulait faire et rapidement, on a conclu qu’on avait envie d’être libre de faire ce que l’on veut et donc que les annonces de volontariat n’étaient pas si attirantes pour nous. On a décidé qu’on allait garder notre pouvoir et faire ce qui nous anime, ce qui nourrit notre cœur. Voici un bref aperçu de nos plans :

- - Aller jouer du hang en rue et proposer des ateliers spontanés d’origami ;

Aller dans des orphelinats, des centres d’accueil de jeunes et des hôpitaux pour apporter notre joie de vivre aux enfants ;

- Aller voir les personnes en situation de handicap, quel qu’il soit, pour partager notre vision et aider ces personnes a percevoir le cadeau qu’ils sont pour leur entourage. Car souvent, dans ces cultures là, on les cache ou ils sont mis au banc de la société.

Voilà entre autres ce que nous avons envie de faire. Cela va nous permettre d’aller explorer nos forces pour trouver ce que l’on a de mieux à offrir au monde. Quelle aventure ! C’est juste parfait. Je n’aurais même pas imaginé mieux que cela pour suivre mon expérience à Abadiânia. Cela répond a mon besoin de lever toutes les résistances et les peurs qui me retiennent d’aller vers les autres pour offrir ce que j’ai de plus beau à offrir. Sylvie est très à l’aise pour aller vers les autres et je vais grandir à son contact. De son côté, elle est plus que ravie d’avoir l’opportunité de voyager avec moi car j’ai aussi des choses a lui apporter. Voilà une sacrée aventure qui se prépare. J’ai vraiment bien fait de laisser la vie m’indiquer la prochaine étape car, si j’avais prévu quelque chose à l’avance et bien ça n’aurait jamais été si parfait et approprié que ce plan de dernière minute. Et en fait, ce plan de dernière minute, c’est exactement ce dont j’ai besoin comme « traitement spirituel » pour aller vers une réalité dans laquelle j’y vois mieux.

MERCI 1000 FOIS LA VIE.

Pour la troisième et j’espère la dernière fois, j’ai gardé Belinha à l’intérieur cette nuit là. Mais là, elle était moins d’accord.

Jeudi matin, le vétérinaire est venu chercher Belinha. Enfin !

Elle a accepté de rentrer dans la caisse de transport sans trop résister.

Ensuite, on est allée à la Casa avec ma voisine pour la soutenir pendant l’opération. On est restée dans le grand hall et je pouvais sentir une forte énergie alors que la cession était en train de se terminer. J’ai profité de cette occasion pour dire à ma voisine ce que les entités m’avaient conseillé de faire pour sa mère, puisqu’elle me l’avait demandé 2 jours auparavant. Le maître mot pour apaiser ces angoisses est de lui dire la vérité à propos de ce qui se passe à la Casa. Mais elle trouvait cela complètement impossible et inapproprié. J’ai vite compris qu’elle même n’arrivait pas a gérer sereinement ce qui se passe en ce moment. Pour l’aider, j’ai donc partagé ma vision plutôt positive de ce qui ce passe et de l’enseignement que cela nous donne. Après, c’est a elle de choisir ce qu’elle veut faire.

Nous sommes rentrée et j’ai fait un crochet par l’épicerie pour faire quelques courses.

J’ai ensuite vaqué à mes occupations en attendant que le vétérinaire ramène Belinha. Une de ces occupations est de faire des rêves éveillés. Les thèmes et les contenus de ces rêves ne sont pas des choix conscient de ma part, cela vient comme cela selon le moment. Cela peut changer complètement d’un jour à l’autre. Je pense ne pas encore avoir saisi toute l’utilité de cela mais c’est pas grave. Ces temps-ci, mes rêves éveillés portent sur l’évènement du moment à savoir les accusations d’abus sexuel. Ce jour là, la rêvasserie portait sur une version des faits assez négative dans laquelle il y a manipulation extrême à l’aide de la crédulité des gens, abus, viol, menaces, etc. Je ne sais pas pourquoi j’ai exploré une telle version des faits mais toujours est-il que malgré cela, j’avais tout de même de la compassion pour les deux parties et j’arrivais à prendre du recul par rapport à ce que les âmes des personnes concernées étaient venues apprendre d’elles-mêmes à travers cette expérience.

Je ne ressentais pas le besoin qu’il y ait une punition terrestre, et d’ailleurs, je me suis dit que si la punition était efficace, depuis le temps que l’on fonctionne comme cela, il n’y aurait plus de délit !

Toutefois, je me sentais pleinement confiante dans la justesse de toutes les expériences vécues. Et, je me suis même demandée si la catégorisation victime/bourreau induite par notre culture et notre système judiciaire n’empêchait pas un peu le travail intérieur d’être fait d’un côté comme de l’autre.

Quand le vétérinaire a ramené Belinha, elle baignait dans ses excréments dans la caisse de transport. C’est pas super hygiénique ! On a donc commencé par la passer sous l’eau pour la nettoyer. Évidement, elle n’aimait pas trop cela mais comme elle était encore sous l’effet de l’anesthésie, cela a été facile. Là, j’ai vraiment goûté de près au stress de ma voisine. Elle était hyper inquiète de tout ce qui pourrait mal se passer. Ouah, elle est comme sa mère. Je lui ai gentiment dit de rester en paix car cela n’avance à rien d’imaginer tout ce qui pourrait se passer de négatif et de se stresser pour cela. Ce mode de fonctionnement était tellement ancré en elle qu’elle m’a dit oui mais elle a continué.

C’est vrai que, dans une moindre mesure et dans certaines situations, je fais cela aussi. Mais, je le fais de moins en moins et cet après midi là, je suis restée en paix et je n’ai pas projeté d’émotions négatives sur Belinha. Par contre, j’étais un peu désolée de voir ma voisine dans cet état et j’étais bien contente quand elle est retournée chez elle. En effet, je savais que je ne pouvais rien faire de plus pour elle et je voulais établir un environnement de sérénité pour la chatte.

Belinha était bien apeurée suite à cette journée et elle a essayé de trouver tous les recoins où elle se sentirait en sécurité.

Elle ne s’est pas plainte et a passé la nuit tranquillement.

Vendredi matin, j’ai vu sa cicatrice pour la première fois et j’ai cru qu’elle avait saigné. Je l’ai dit à ma voisine qui a demandé au vétérinaire de passer pour voir si tout va bien. Et en fait, tout était normal, mais pour ma voisine, c’était encore une source de stress qui, bien sûr se communiquait à sa mère qui avait donc très mal dormi. En plus, elle a rêvé que João était en prison, ce qui est bien le cas alors qu’elle ne le sait pas puisque sa fille lui cache ce qui se passe. Encore une fois, la vie me donne l’opportunité d’observer de près la nature humaine et le jeu de miroir qu’est la vie. Et là, je me suis demandée qui, entre ma voisine et sa maman, avait le plus besoin des soins de la Casa. La réponse n’est plus tout à fait évidente maintenant.

J’ai continué à garder un espace de sérénité pour Belinha qui se remet petit à petit de son intervention.

Suite à cela, je me suis renseignée un peu sur la presse internet pour savoir où en était l’enquête au sujet de ces abus sexuels. J’ai bien eu la confirmation que pour le moment, João est en prison, que la justice est en train de recueillir de nombreuses dépositions d’abus sexuels réalisés sous le prétexte de l’évolution spirituelle. Et je me suis dit que c’est une affaire très sérieuse mais aussi je me suis demandée à quel point il faut être noyé dans des croyances erronées pour se laisser manipuler puis abuser sous le prétexte de l’incorporation de l’esprit spirituel. Puis, à quel point il faut donner son pouvoir à l’autre pour avoir peur de dire non, peur de parler de ce qui c’est passé. Cela en dit long sur le caractère tordu des croyances religieuses et spirituelles sur terre. Et finalement, j’aurais très bien pu tomber dans le panneau moi aussi si je n’avais pas eu accès à des informations qui démystifient la spiritualité et qui me permettent de m’approprier mon pouvoir personnel.

Ensuite, Sylvie est passée et on a discuté de nos expériences et de notre projet de voyage. Je lui ai dit que j’avais acheté mon billet d’avion pour partir le 8 janvier prochain à Santa Cruz en Bolivie.

On s’est dit qu’avant de quitter le Brésil, on pourrait aller à Anápolis pour testez le couple Hang/Origami dans un parc public. On fera cela dimanche peut être.

Après cela, j’avais envie de sortir prendre l’air mais j’avais aussi envie de rester près de Belinha pour lui apporter du réconfort. Moi, j’aimais la présence réconfortante de ma mère après mes opérations des yeux. Moi aussi je projette un peu mes schémas sur Belinha mais au final, elle a l’air de bien accepter ce qui lui arrive.

Cet après midi, elle a mangé un peu et a ronronné donc, cela va mieux.

Samedi matin, Je suis restée chez moi. J’ai réfléchi au sujet du stress de ma voisine vis à vis de Belinha et de sa mère. Je me suis dit que si j’y repense et que je le remarque tant, c’est que c’est aussi une partie de moi, ou du moins, je choisi d’être agacée par son stress. Alors j’ai accueilli cela et j’ai reconnu que ce que je ressens n’est rien d’autre que moi-même. Donc j’ai décidé d’arrêter de réagir à son stress et de le laisser couler à travers moi sans rien retenir. J’ai décidé de faire confiance dans la vie et de rester en paix quoi qu’il arrive pour montrer cet exemple à ma voisine sans passer par les mots.

Et comme part miracle, cela a apaisé la situation.

L’après midi, je suis allée rejoindre mon cercle d’amies pour un repas partagé. C’était un très beau moment de partage dans lequel chacune prenait sa place. C’est vraiment des amitiés entières dans lesquelles je me sens appréciée et aimée telle que je suis. En plus, ce sont des personnes qui habitent sur place, pour la plupart, et cela me donne vraiment envie de revenir pour le plaisir des relations d’amitiés avec ces personnes. Chacune avait fait de bons petits plats et on s’est régalée. Il y avait bien plus à manger que nécessaire.

Quand je suis rentrée pour donner le médicament à Belinha, cela s’est passé en douceur et sans trop de stress.

J’ai bien dormi cette nuit là.

Dimanche matin, nous sommes parties pour Anápolis avec Sylvie et une autre amie. On a pris le bus et c’était chouette. On est allée dans un grand parc pour jouer du hang et faire des petits ateliers d’origami. C’était un moment très doux. Il y a eu quelques personnes réceptives durant les 2 heures passées sur place et c’était suffisant. Il y avait une belle énergie et beaucoup de légèreté.


En début d’après midi, nous sommes revenues. J’ai sympathisé avec la personne qui nous a conduit du parc au terminal de bus. Elle m’a parlé d’un autre lieu énergétique comme Abadiânia qui est à 150 km de là. Elle m’a donné ses coordonnées pour m’y conduire le week-end prochain. Sur le coup, j’étais emballée mais quand même, le fait de faire cela juste avant de partir en Bolivie me paraissait un peu juste.

Une fois rentrée, j’ai passé un peu de temps avec Belinha, je me suis reposée un peu, puis, je suis allée à la séance de danse libre dont mes amies m’ont parlé hier. C’est à 16h au Frutti’s. C’était merveilleux. C’était comme la danse conscience que je faisais en France chaque semaine avant de partir au Brésil. Je me suis éclatée. Mon corps à beaucoup apprécié. J’ai retrouvé toutes mes amies du coin et d’autres encore. Cette séance de danse se passe tous les dimanches depuis 6 semaines et une belle dynamique est en train de se créer. Il y avait majoritairement des femmes et quelques hommes.

Dans cet instant, je me suis sentie pleinement appréciée telle que je suis, je me suis sentie magnifique telle que je suis et j’ai vraiment ressenti l’appel de revenir après la Bolivie pour les belles personnes que j’ai rencontrées dans ce lieu. Quand j’ai dit que j’allais revenir, plusieurs amies ont sauté de joie, une m’a dit qu’elle pouvait me loger là où elle habite, etc. Comme le dit justement Sylvie, il y a vraiment quelque chose de vrai et de profond dans ces amitiés. Je me sens aimée inconditionnellement plus que jamais auparavant.

Ce qui se passe actuellement à Abadiânia est véritablement magique. De nombreuses règles et clichés sont littéralement en train de s’effondrer pour laisser place à plus de légèreté, plus de liberté, plus d’unité. Abadiânia est comme une fleur en bouton qui est en train de s’ouvrir. C’est une très belle transition qui se déroule sous mes yeux ébahis. Quel honneur d’être au cœur de cela. Merci à la vie de m’avoir offert l’opportunité de vivre cela de l’intérieur. C’est bien pour cela que je veux revenir car je veux faire partie de cette transition, de ce nettoyage, de cette guérison, de cette ouverture. Bashar dit souvent que lorsque que l’on explore un niveau de négativité extrême, c’est comme lorsqu’on utilise un lance pierre. Plus on tire fort sur l’élastique en allant explorer la négativité, plus, lorsqu’on lâche l’élastique, on est propulsé vers l’avant et vers le positif. Voilà ce qui est en train de ce passer ici.

Après avoir encore discuté avec des amies, j’ai décidé de rester ici jusqu’à mon départ et de profiter au maximum de cette nouvelle dynamique. J’irai à cette autre endroit énergétique lorsque je reviendrai en avril. Comme cela, je pourrai retourner à la danse la semaine prochaine et faire de la danse contact avec une personne qui a kiffé de danser au sol avec moi.

Ensuite, je suis rentrée et j’étais dans la joie et le calme. Belinha a apprécié, elle me l’a fait savoir. J’ai mis un peu de musique douce alors que je préparais mon dîner. C’était très doux et apaisant.

Quand ma voisine est venue pour donner le médicament à Belinha, cela s’est passé tout en douceur. On a discuté et la paix régnait. Je commence vraiment à bien me débrouiller en portugais. En Bolivie, je vais réapprendre l’Espagnol et après, je parlerai 4 langues.

Et pour appuyer encore cette transformation, j’ai fait un rêve éveillé très positif avant de m’endormir. Dans ce rêve qui impliquait toujours le personnage de João, j’ai observé qu’après avoir accepté de regarder ses blessures et ses erreur en face, il était passé par une phase très difficile de désespoir mais il a quand même reçu des mains tendues pour l’aider et après avoir pris confiance dans sa capacité à guérir ses propres blessures, il s’y est dédié très sérieusement et a opéré une transformation remarquable. Ce rêve éveillé était touchant et très positif. Il me reflète le travail que je suis entrain de faire en moi. Il me reflète comment mon côté très féminin et doux est en train d’aider mon côté rigide et contrôlant à se transformer pour laisser la place à une nouvelle version de moi, une version unifiée et rayonnante de paix, de tendresse, de douceur, mais aussi de force et de charisme.

Ensuite, j’ai fait un rêve endormi dans lequel j’étais avec mes amies dans un endroit de nature très beau. Un endroit minéral au centre duquel il y avait un petit lac de grande profondeur. Mon amie plongeait encore et encore avec délectation et m’encourageait à faire de même. Mais cette eau me faisait un peu peur. Puis, timidement, je me suis jetée à l’eau sous ses encouragements. L’eau était transparente et une fois dans l’eau, je pouvais voir la beauté de la roche et du fond. Je voyais des cristaux et j’ai plongé pour aller voir de plus prés. C’était très facile, j’étais à l’aise et ne sentait pas le manque d’air malgré la profondeur. Une fois au fond, je me suis retrouvée dans une caverne d’Alibaba avec plein de cristaux de forme et de couleur différentes. Il n’y avait plus d’eau et quand j’ai eu fini de faire le tour de ce trésor magnifique, j’ai voulu remonter mais je ne pouvais plus car j’étais dans une salle. Il fallait que je sorte pour retourner au lac situé en dessus, apparemment. Je me suis dit que je ne pouvais pas sortir car j’étais en culotte, j’avais laissé mes affaires au bord du lac. Et puis je me suis vu sortir et j’étais habillée. Je n’ai plus ressenti le besoin de retourner au lac.

Donc voilà, en Bolivie, je vais me jeter à l’eau sous les encouragements de mon amie Sylvie et je vais être à l’aise et découvrir mon trésor intérieur. C’est comme cela que je l’interprète, pour le moment.

C’est un beau programme !

Merci à la vie.


#voyage #transformationdesoi

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