• Violaine

Ma 1e semaine en Bolivie


Lundi matin, j’ai écrit et relu le récit de la semaine passée. Cela m’a pris presque toute la matinée puisque je n’avais pas eu le temps d’écrire depuis vendredi dernier.

La personne qui devait venir partager un repas avec moi le midi n’a pas pu venir, du coup, j’avais plus de temps. Il y avait pas mal de petites choses que je voulais faire avant mon départ et je sentais une petite pression en moi, un peu comme une peur de ne pas avoir le temps de tout faire.

J’ai noté une liste d’hébergements possibles à Santa Cruz et leur zone géographique pour demander à un taxi de me déposer dans cette zone à mon arrivée. À mesure que je m’organise, je fais grandir ma sérénité car je m’en vais dans un autre monde. Le challenge qui s’offre à moi va être de garder le même état d’esprit que celui que j’adopte à la Casa, partout où je vais aller.

À 14h, j’avais rendez vous avec une copine rencontrée récemment pour aller à ma cascade mais, comme elle a reçu une intervention spirituelle vendredi après midi, on a changé de plan. On a passé un bon moment ensemble. Il était court car en fait, elle avait besoin de se reposer mais il était riche d’échanges.

Ensuite, je suis allée profiter de mes derniers instants à la Casa avant mon départ. J’ai croisé quelqu’un qui m’a dit que je n’avais pas besoin d’attendre 3 mois avant de pouvoir revenir au Brésil. Dès le 22e jour après ma sortie du pays, je peux revenir. C’est bon à savoir pour la prochaine fois.

Je suis ensuite rentrée chez moi pour finir mes choses et ranger mes affaires.

Clairement, je n’avais pas envie de faire ma valise. J’ai exploré tout ce qui pouvait être en lien avec cela.

J’ai vu que la première raison qui me fait partir, c’est les contraintes administratives des visas. Sans cela, je resterais là. Même si l’aventure que l’on s’apprête à vivre avec Sylvie va être humainement très riche, je n’arrive pas à m’y connecter et percevoir une joie de partir comme c’était le cas lorsque je suis partie de Sisteron pour aller au Brésil. Là, je pars pour l’inconnu total et bien que d’ordinaire, j’aime l’inconnu, il y a sans doute quelques petites peurs qui me coupent de ressentir cela.

C’est encore une belle sortie de ma zone de confort, que j’avais recréée à Abadiânia, et c’est une bonne expérience mais ce soir là, j’ai choisi de faire un peu de résistance et cela m’a donné l’opportunité de me mettre face à mes choix. J’aurais très bien pu aller tenter de faire renouveler mon visa, mais je ne l’ai pas fait par résistance aussi ou par peur de perdre une journée et des sous pour aller à l’ambassade à Brasília. Mais l’autre côté de la balance c’est que, moi qui veux apprendre à rester en paix et en connexion en toute circonstance, quoi de mieux pour cela que le voyage que je m’apprête à faire.

Tout est juste et quelques soient mes choix, je vais vivre des expériences qui vont me faire grandir. Et je profiterai d’autant mieux de l’énergie d’Abadiânia après l’avoir quitté quelques temps.

Après avoir discuté un peu avec ma voisine, je suis finalement allé faire ma valise. Il y en avait nettement moins qu’à l’allée. Je me suis libérée de quelques possession matérielle. Je pense que, ce coup ci, je ne dépasserai pas les 23 kg de bagage.

Cette réflexion m’a permis de me remémorer ce qui est important pour moi : la nature, la communauté, la connexion aux mondes subtils, la volonté de grandir en sagesse. Tout cela, je peux le trouver partout, il m’appartient de me mettre dans un état d’esprit compatible à la rencontre de ces choses. C’est juste une question de vibration. Je sais déjà, que ce sera plus facile pour moi de maintenir cette vibration quand Sylvie m’aura rejoint. Mais je ne vais pas l’attendre pour aller m’exposer au monde et voir comment je réponds aux circonstances extérieures.

Mardi matin, j’étais bien, OK pour partir. Je ne résistais plus mais je ne sautais pas au plafond non plus. J’ai finalisé mes bagages et fait un peu de ménage avant l’heure du départ. J’ai fait mes aux-revoir aux chats et à ma voisine. Elle a pleuré sur le moment du départ.

Et puis voilà, je suis partie avec Rodrigo comme conducteur, c’est le tenant de ma pousada. On a discuté de ce qui se passe à la Casa ces temps-ci et on était d’accord que c’est une réorganisation forcée impulsée par les entités pour que la dépendance qui s’est crée entre le médium et les utilisateurs de la Casa cesse. On a parlé d’abus de pouvoir et João est tombé dans ce piège ces dernières années, faute de rencontrer son véritable pouvoir personnel, celui auquel il peut s’abandonner en toute sécurité.

En route vers Brasília ! J’ai deux escales pour me rendre à Santa Cruz : São Paulo (Brésil) et Santiago du Chili. Dans les aéroports et dans l’avion, j’ai gardé mon état d’esprit positif et souriante, j’ai même joué du hang en attendant le premier embarquement. Tout était fluide.

À la douane, je me suis prise une amende car je quitte le pays avec 10 jours de retard, mais ce n’est pas une surprise pour moi. J’ai laissé ce petit détail me perturber pendant quelques minutes puis je suis passée à autre chose. Je fais de toute façon confiance de plus en plus dans mon abondance donc, je ne vais plus me laisser affecter par ce genre d’évènements.

Les 2 derniers vols avaient un peu de retard mais cela n’a pas affecté mon voyage. Dans la nuit de mardi à mercredi, je n’ai pas beaucoup dormi sauf dans l’avion entre Santiago et Santa Cruz. Je suis passée progressivement d’un environnement linguistique Portugais à hispanique. Je préfère les sonorités du portugais Brésilien, je trouve que c’est plus doux. L’espagnol, je le comprends un peu mais je vais progresser.

Le voyage s’est très bien passé. Quand je ne parvenais pas à voir une information, je demandais en anglais ou en portugais. Au début du voyage, ma vue était très floue et cela ne m’a pas empêchée de me débrouiller. Puis au fur et à mesure que je sollicitais mes yeux pour voir le monde de la matière, la clarté est revenue.

Mercredi matin, je suis arrivée à l’aéroport de Santa Cruz. Il est très rustique, cela m’a fait penser à l’aéroport de Ouagadougou au Burkina Faso. Bien que cette ville soit très grande, cela annonce la couleur sur le niveau de richesse financière de ce pays. Pour moi, la notion de richesse va bien au-delà de l’aspect financier mais en tout cas, cela veut dire que c’est une autre richesse que je vais trouver dans ce pays et en moi aussi alors.

Après avoir récupéré mes valises et passé la douane dans un contexte nettement moins organisé que partout ailleurs, je suis allée changer de l’argent et je suis sortie pour chercher un taxi.

Le premier qui est venu vers moi m’a proposé de m’emmener à la résidence Ikandire II pour 600 Bolivian (environ 75€) pour 14 km ! Je n’ai pas accepté. Le deuxième m’a proposé la course pour 80 Bolivian (env 10€) ce qui est nettement plus raisonnable.

En route, on a discuté, il comprenait mon portugais et je comprenais plus ou moins son espagnol. Il m’a donné quelques conseils pour ne pas me faire avoir sur les prix.

J’ai trouvé une place à 50 Bolivian par nuit (env 7€). J’ai réservé 6 nuits pour nous donner le temps d’établir un plan B. Il y avait la solution du couchsurfing (hébergement gratuit et participatif) mais je n’y ai pensé que pendant mon transit ; ce qui était un peu tard. C’est quelque chose que l’on pourra envisager ensuite.

Dès que j’ai eu la chambre, j’ai pris une douche et fait une sieste avant de sortir pour acheter de l’eau.

L’ambiance locale est complètement dépaysante. Je suis dans un autre monde. Là, je me rends compte du privilège que j’ai de pouvoir vivre à Abadiânia. Ayant une vue physique différente, j’utilise des repères pour évoluer dans ce monde et là, j’ai peu de repère, je dois en bâtir d’autres. C’est un challenge pour moi, un challenge intéressant.

J’ai trouvé de l’eau à un prix qui me paraît raisonnable, enfin je crois.

Je suis retournée dans ma chambre ensuite pour envoyer quelques mails de nouvelles à ceux qui m’ont demandé.

Puis, j’ai retenté une sortie, dans une autre direction pour acheter de quoi manger. Cette autre direction, c’était encore un autre monde par rapport à l’endroit où je suis allée tout à l’heure. Plus de petits commerces, un grand marché, des trottoir méga irréguliers car chacun s’occupe de sa devanture. J’étais noyée dans les sollicitations visuelles sans vraiment discerner ce que j’ai sous les yeux. J’ai vite compris qu’il fallait que je fasse attention aux prix qu’on me propose car c’est à la tête du client, alors je repère les endroits où le prix est marqué ou a été annoncé à la personne précédente.

Il y avait pleins de gens et d’enfants habillés en noir ou en très sombre. J’ai l’impression que c’est le costume d’école ou quelque chose comme ça. Moi j’étais pleine de couleur alors ça faisait contraste !

J’ai acheté des tortillas et en rentrant, j’ai réalisé que ce n’est pas du tout ce que j’imaginais. Je me suis retrouvée avec des beignets de farine de blé avec du sucre dessus. C’était bon quand même mais j’aurais préféré autre chose. C’est rigolo de me confronter à mes limites ou ce que je crois être mes limites. Car, je n’ai pas trop utilisé ma parole. Si j’osais plus aller vers les gens, leur poser des questions, j’aurais les infos dont j’ai besoin pour compenser ma vue. Donc demain, je vais parler plus car j’arrive plus ou moins à me faire comprendre avec mon portugnol (mélange de portugais et d’espagnol). Bon, j’en ai assez eu pour aujourd’hui. J’ai médité un peu sur tout ce que j’ai vécu et c’est encore cette histoire d’inégalité entre les pays et au sein même de chaque pays qui me revenait en tête.

Après avoir réfléchi un peu sur l’aspect extérieur des choses, j’en ai conclu que notre système économique mondial n’est pas conçu pour établir un équilibre sain puisqu’il vend majoritairement de la distraction et crée des besoins unifiés. Cela éloigne les gens de leur être véritable et les coupe de leur pouvoir et de leur abondance naturelle. Pris dans ce modèle là, nous devenons un pantin chanceux ou mal chanceux selon l’endroit ou on nait.

Je travaille quotidiennement à sortir de ce moulage mental, ce conditionnement, et ma vie se transforme petit à petit pour laisser la place à d’autres possibles. Si je suis amenée à aider l’autre, ce sera comme cela, en leur rendant leur pouvoir, en les aidant à percevoir leur trésor intérieur pour qu’ils puissent marcher vers lui et manifester leur abondance naturelle. Et j’ai compris que, riche ou pauvre, nous avons tous besoin de cela car les habitants des pays riches ne sont pas plus heureux et alignés avec leur être profond que ceux des pays pauvres. Et là, j’ai encore repensé à João qui, pour abuser ainsi de son pouvoir financier et spirituel, ne devait pas franchement être heureux et épanoui.

Je me suis couchée tôt ce soir là pour récupérer de ma nuit d’avant. Même si ce que je vis là me bouscule un peu, je ressens de la gratitude pour cette expérience qui me fait grandir.

Jeudi matin, j’ai pris mon temps. J’ai écrit le récit de la veille, j’ai mangé une papaye puis je suis partie avec le hang en direction d’un parc que j’avais repéré sur une carte.

Pour aller à ce parc, je devais suivre la grande route donc j’ai marché dans une zone plutôt moderne de Santa Cruz. C’était encore un autre univers comparé à ce que j’ai vu hier. Les trottoirs étaient plus réguliers, il n’y avait quasiment pas de petit marchant le long des rues et beaucoup plus de grandes enseignes.

Au final, je n’ai pas trouvé ce grand parc mais j’en ai trouvé un petit. Mais au moment où j’allais m’asseoir, il commençait à pleuvoir un peu alors je suis rentrée.

Tout cela me fait bien réfléchir. C’est sûr que si je n’avais pas cette envie de vivre une aventure humaine avec Sylvie et l’obligation de partir du Brésil plus tôt qu’elle pour ne pas trop payer de taxe de retard, jamais je ne serais restée dans ce contexte là. Car c’est clair que rester en ville n’est pas ce que je préfère, surtout dans un endroit où je n’ai aucun repère et où je peux pas vraiment communiquer avec les mots. Ceci dit, cela me montre clairement ce qui me limite dans la vie car je n’essaye pas souvent d’entrer en communication alors que je pourrais le faire et arriver plus ou moins à obtenir des informations. Après tout, de quoi j’ai peur ? Je ne sais pas, ou alors c’est plutôt que je pars dans l’idée que ça ne va pas marcher alors je me sabote moi-même. C’est peut être ça.

Il y a aussi quelque chose comme : je n’ai pas envie d’aller vers les gens car je ne suis pas dans un environnement qui me plaît vraiment. C’est un peu comme si je boudais l’expérience que je suis venue chercher ici. Et au final, j’ai accepté tout cela, en me disant que c’était OK si j’attendais l’arrivée de Sylvie avant d’entrer pleinement dans l’expérience humaine qui m’a amenée ici. Hier, elle m’a envoyé le contact d’un orphelinat où on pourrait aller, qui se situe à 120 km de Santa Cruz dans une petite ville proche d’un grand parc national. C’est déjà un environnement qui me conviendra mieux.

Et puis aussi, j’ai réalisé que je faisais face à toutes les peurs et les réticences qui m’avaient poussée à ne pas tenter de faire renouveler mon visa pour rester 3 mois de plus au Brésil. Je m’explique :

- J’avais peur de gaspiller inutilement mon argent en frais de taxi : Je gaspille bien plus en sortant du pays en retard

- J’avais de la réticence à consacrer une journée pour aller faire les démarches dans la grande ville de Brasília et d’y perdre mon temps : Je me retrouve à rester 3 jours dans la grande ville de Santa Cruz pour attendre Sylvie.

C’est rigolo ! Les peurs nous poussent vraiment à faire des choses qui les manifestent concrètement en les amplifiant.

C’est une belle leçon que je m’offre là. Je m’en souviendrai.

En plus, à la douane, il ne donne pas un visa de 3 mois mais un visa de 30 jours qu’il faut aller renouveler dans des ambassades à Santa Cruz, Cochabamba ou La Paz. Je vais peut être rester seulement un mois ici et retourner à Abadiânia puisque j’ai appris, avant mon départ, que je pouvais y retourner au bout de 22 jours. On verra, cela va dépendre de ce qui se passe avec Sylvie.

Je note cependant que je n’ai pas eu d’élan du cœur véritable pour venir ici, c’était juste une solution pour me plier aux contraintes administratives des pays.

Cette expérience me met face à ce que je veux vraiment et me donne la motivation de m’en donner les moyens et d’arrêter de me cacher derrière une timidité qui n’a pas de sens et à laquelle je suis confrontée ici. Je n’ai pas d’autres choix que de la voir en grand et de l’explorer pour la transformer. Comme quoi, la vie nous fait toujours vivre exactement ce dont on a besoin.

J’ai envie de passer le maximum de temps possible à Abadiânia car j’y rencontre tous les ingrédients que j’aime : nature, animaux, humains en quête de sens, énergie tellurique, possibilité d’aider et d’accompagner, connexion de cœur à cœur, danse libre. Je repense à tout ce que je peux offrir au monde pour me donner les moyens de vivre mes rêves : être guide de la nouvelle Casa, ce qui est encore plus excitant pour moi car je vais pouvoir guider les gens pour les aider à trouver par eux-même leur propres réponses. Je vais éditer mon livre et je vais éventuellement alterner entre le Brésil et la France pour proposer des stages et des conférences en France pour partager le fruit de mes expériences. Aucune idée nouvelle n’est venue mais, il y tellement de choses qui sont dans ma tête depuis quelques temps et je n’ai encore rien fait pour les concrétiser.

Je pense qu’en un mois, je peux transformer ma timidité. Cela n’a pas à durer 3 mois. Cela me paraît évident maintenant que c‘est ce que je viens chercher ici auprès de Sylvie qui est tout le contraire de timide.

L’après midi, je suis allée dans une autre direction pour trouver un autre parc avec de l’eau. Et je l’ai trouvé. Il est dans un endroit plus calme et de nombreux Boliviens viennent. On pourra venir ici pour jouer du hang et faire de l’origami.

Sur le retour, j’ai acheté des fruits et je me suis régalée avec une portion de pastèque bien sucrée et juteuse. J’étais contente car j’avais déjà pris quelques repères et me sentais un peu plus à l’aise.

Le reste de la journée, je l’ai passé à méditer pour grandir avec cette expérience.

L’endroit où je suis est le moins cher de Santa Cruz car c’est très bruyant finalement et pas très lumineux. On ne peut pas tout avoir. Vu que c’est que pour quelques jours, cela ne me dérange pas trop, je fais avec.

J’ai joué du hang de temps à autre dans ma chambre et cela m’a fait du bien.

Le soir, il a commencé à pleuvoir jusqu’au lendemain matin. Le bruit de la pluie sur le toit est assez fort, cela couvre le bruit des voitures, ce qui n’est pas plus mal.

Encore merci à la vie !

Vendredi matin, j’ai écrit un peu et j’ai répondu à 2 mails de personnes qui étaient loin d’Abadiânia et qui voulaient savoir ce qui se passe sur place avec toutes ces histoires d’accusations. On doit entendre pas mal de conneries dans les informations données par les journalistes. Il y a du vrai mais il y a aussi des points de vue vite fait et superficiels.

Bien que je sois loin, cette histoire me trotte toujours dans la tête.

Comme la pluie a cessée, sur les coups de 10h, je suis allée m’acheter des fruits et d’autres trucs à manger pour midi. Je suis retournée au marché couvert où j’étais allée le premier jour. Il y avait du monde. Dans ce marché, il y a tout une partie de commerce de viande sans aucune précaution d’hygiène. Il y a une odeur de carcasse bien perceptible. J’ai goûté aussi un espèce de fromage qui ressemble à nos fromage fait maison avec du vinaigre. Il n’a rien à voir avec nos fromages Français mais ce n’est pas mauvais.

Après avoir acheté des bananes, une papaye et un morceaux de ce fromage, je suis rentrée chez moi.

J’ai mangé un peu puis je suis allée mettre à jour mon compte couchsurfing pour pouvoir voyager en me logeant gratuitement chez des particuliers. C’est un système génial qui fonctionne sur le principe de l’échange de culture, de savoir-faire, d’expériences et tout ce qui peut être échangé de personne à personne.

Et puis, je suis ressortie pour aller voir la place principale de Santa Cruz : la plaza del 24 setembro et sa basilique.

En descendant les escaliers de ma résidence, j’ai croisé la dame qui m’a accueillie le premier jour et on a discuté un peu. J’ai pas tout compris ce qu’elle me disait mais ce n’est pas très grave. Elle me disait d’être prudente dans la rue. Elle me parlait des différents endroits où je pouvais aller. Je lui ai posé quelques questions avec mon portugais hispanisé et j’ai plus ou moins compris les réponses.

Comme le chauffeur de taxi, elle m’a dit que les routes n’étaient pas très praticables durant la saison des pluies car il y a des rivières qui débordent donc on ne peut pas sortir de Santa Cruz et revenir quand on le veut. La météo a aussi son mot à dire.

Ensuite, je suis allée à pied à cette place qui se situe à environ 1km de là. Après le parc que j’ai découvert hier, on entre dans une partie de la ville plus moderne et de style colonial. Les trottoirs sont réguliers, tous les bâtiments sont uniformes, blancs avec des arcades. Ce style se retrouve tout autour de la place principale qui marque les premières étapes de construction de la vile. Parmi tout ces bâtiments blancs, la basilique construite en briques orangées marque un fort contraste. On la voit de loin.


Devant cette basilique, il y a quelques touristes qui se font photographier et une marée de pigeons. La place du 24 septembre est belle avec de nombreux bancs et de nombreux arbres.

J’ai fait le tour de la Basilique mais je ne suis pas entrée. Personne n’entrait alors je me suis dit que ça devait être fermé.

Alors je suis rentrée chez moi et j’étais contente des repères que j’avais pris en quelques jours. J’étais contente de me débrouiller comme je le fait avec les limites qui sont les miennes. Je me rends compte que tout se passe bien et que, à part le premier jour où j’ai eu l’impression que certains me voyait comme un porte monnaie sur pattes, je n’ai plus eu cette sensation depuis. Je fais face à des gens honnêtes et sympathiques. Ils n’ont pas forcement envie de faire l’effort d’entrer en communication à part le taxiste et la dame de la réception. Cela me reflète exactement ce que je suis aussi. Donc, comme toujours, je fais face à moi même. On verra ce qui change quand Sylvie arrivera. Je suis curieuse de voir l’impact de son énergie très avenante sur la mienne.

Après cette petite sortie, je me suis reposée un peu et j’avais toujours Abadiânia dans ma tête. Des images et des mots que j’ai entendus durant mon séjour revenaient comme une invitation à poursuivre mes questionnements.

Depuis que je suis les informations données par Bashar, j’ai complètement changé ma manière de considérer mon mental et l’usage que j’en fait. Du coup, il est beaucoup plus calme car je le nettoie progressivement de tous les schémas insensés avec lesquels je l’avais rempli et je ne lui demande pas de faire des choses qu’il n’est pas conçu pour faire.

Par conséquent, je prends très au sérieux toutes les informations qu’il m’envoie, qui sont des traductions des messages de mon âme ou des indices de schémas non alignés.

Donc, à plusieurs reprises, ces jours-ci, je repensais à Issa, qui était très connecté, et qui disait à Mélusine et à moi, en parlant des femmes en général : « Nous vivons dans une société où le sexe est mis en avant et vous, les femmes, êtes en danger. Et vous le savez, c’est pourquoi vos corps déploient des stratégies de protection dés l’apparition des premiers signes de la puberté. »

Au moment où je les entendais, ces propos me paraissaient très exagérés. Mais, aujourd’hui, ils me reviennent en tête et prennent du sens dans le contexte d’Abadiânia et dans ce que je suis venue vivre ici et qui dépasse largement ce que j’ai perçu de cette expérience pour le moment.

Ensuite, d’autres questionnements me venaient encore concernant les mines d’or dont João est copropriétaire. Comme dans l’ONG de Marianne Sébastien, Voix Libres, ils sortent des enfants des mines en Bolivie et ils mettent au grand jour les conditions de travail inhumaines des personnes qui y travaillent, je me demandais si, dans les mines de João, il y avait plus d’éthique, ce qui me paraîtrait logique s’il était vraiment le travailleur de lumière qu’on nous présente. Je précise qu’avec le clair-ressenti que j’ai développé en stage dans l’école Ovilôrôi, j’arrive assez bien à sentir si les informations sont fausses ou authentiques. Et bien je suis tombée sur des faits relevant plus d’un mafieux que d’un travailleur de lumière. Je n’entrerai pas dans les détails car ça ne sert à rien. Allez chercher par vous même si vous en avait envie.

Il est vrai que dans le courant, j’ai demandé très fortement à connaître la vérité, c’est pour cela que j’ai ces élans d’aller chercher l’information. Cela me fait avancer dans l’exploration des mystères de la nature humaine et c’est passionnant.

La Casa est en train de prendre son envol et s’affranchir petit à petit de son médium, ce qui est vraiment une bonne chose pour tout le monde. Pas une seule seconde, je ne mets la Casa dans le même sac que l’homme João et ses dérives. Malgré les quelques amis de Ftance qui ne connaissent pas ce lieu et qui m’ont dit par mail que c’était une secte et que c’était bien que je m’en éloigne, je reste convaincue que l’avenir de la Casa et d’Abadiânia est très beau et intègre, et j’ai envie d’en faire partie.

Après cela, je me suis replongée dans l’écoute du livre audio « L’Alchimiste » pour continuer à m’imprégner de sa sagesse. Telle une alchimiste, je me suis mise en quête des points communs entre cette histoire et ce que je vis aujourd’hui et il y en avait pleins. Quel régal.

Samedi matin, je me suis levée joyeuse car Sylvie va arriver aujourd’hui. Je suis restée tranquillement dans la chambre jusqu’à 11h en réfléchissant à la vie. Je repensais encore à Abadiânia en me rappelant l’argument que certains utilisent, et que j’ai moi même utilisé au début, pour nier la véracité des accusations. Le fameux argument qui dit que les entités n’auraient jamais laissé João faire cela. Mais, à ce compte là, pourquoi elles laissent faire les guerres, les meurtres, la famine. En fait, elles respectent notre libre arbitre, le libre arbitre du médium qui choisi, pour refouler sa souffrance intérieure, d’abuser de son pouvoir, et le libre arbitre des gens qui l’entoure qui choisissent de ne voir que les apparences, qui choisissent de donner leur pouvoir au médium, ou bien qui choisissent de se taire par peur des représailles. Si nous estimons ne plus vouloir de ce genre de personnage sur la seine publique, c’est à nous de dire stop par nos actes. Les entités ne vont pas le faire pour nous. On est sur terre pour une expérience de croissance et tant qu’on donnera notre pouvoir aux autres et qu’on se sentira dépendant d’un intermédiaire pour accéder à notre propre dimension divine, ce genre de personnage existera dans notre réalité.

Il en va de même pour notre systèmes capitaliste, nos gouvernements, etc.

Sur le coup des 11h, je suis sortie pour aller acheter à manger. J’ai exploré une rue nouvelle dans laquelle il y avait un grand marché où on pouvait trouver de tout, et pas seulement dans le domaine alimentaire. Ensuite, j’ai suivi mon sens de l’orientation pour rejoindre une rue que je connaissais mais j’ai dû me rendre à l’évidence que je ne retrouvais plus mes repères. Alors j’ai d’abord consulté mon GPS intérieur qui m’a indiqué une direction. Je l’ai suivie puis comme je ne me reconnaissais toujours pas, j’ai douté de l’information reçue et je suis revenue en arrière dans l’autre sens. Mais je ne me reconnaissais toujours pas. Donc, j’ai demandé à des passants. Un m’a indiqué la direction que mon GPS intérieur m’avait donné. Puis, j’ai redemandé un peu plus loin et il m’a encore confirmé cette direction. 50 m après, je me retrouvais sur une rue que je connaissais. Mon GPS intérieur avait donc dit juste. Cela fait longtemps que je ne l’avais pas utilisé, c’est pour cela que j’ai douté, pourtant, il m’a maintes fois retrouvée quand j’étais perdue et m’a souvent donné de précieuses informations. Je me ferai encore plus confiance dorénavant.

Une fois arrivée, j’ai mangé un peu et je tendais l’oreille car je savais que Sylvie allait arriver d’une minute à l’autre. Quelques temps après, j’ai entendu sa voie. Je suis sorite et elle était là. Quelle joie de se retrouver !

Après avoir payer sa réservation, elle s’est installée dans ma chambre dans laquelle il y a deux lits et elle m’a raconté deux trois affaires avant de faire une sieste. Elle connaît une voyante qu’elle consulte souvent et qui a plusieurs fois prouvé sa perspicacité. Elle a dit des choses très juste à mon sujet. Ce n’était pas l’objet de son appel mais la voyante a senti mon pourcentage d’acuité visuelle physique de manière très juste, elle a dit que je venais d’une autre planète et je sens en effet que mon énergie vient d’ailleurs. Elle a dit que j’étais un ange terrestre ce qui est assez flatteur mais plusieurs personnes m’ont dit, à Abadiânia, que j’étais un ange. Elle a dit plusieurs autres choses qui confirment ce que je ressentais donc c’est chouette. Elle a dit aussi que j’harmonise les gens avec ma musique et ça c’est cool, cela me confirme ce que je sentais et cela me donne envie de jouer encore plus.

Après la petite sieste de Sylvie, nous sommes sorties car elle avait quelques petites choses à acheter. Je l’ai guidé dans les rues, elle a trouvé tout ce qu’elle cherchait et elle a donné pleins d’oiseaux en origami aux gens. Ces petites choses fort simples mais impactantes ajoutées au fait qu’elle parle espagnol ont créé des moments d’échanges de cœur à cœur avec les locaux. Ces moments sont ce que nous cherchons ici et c’était génial. Ensuite, nous sommes allées sur la place principale de la ville et enfin nous sommes rentrées en achetant des fruits pour manger. Quelle après midi délicieuse. Nous avons discuté, ri, joué, donné, reçu. Cela va être tous les jours comme cela et je suis infiniment heureuse d’avoir suivi le courant de la vie pour cocréer cela avec elle. Même si les trois jours précédents ont été moins rigolos pour moi, ils étaient quand même nécessaires au final.

Je suis allée jouer du hang pour la dame de la réception qui est très sympathique et arrangeante. Elle a apprécié et elle a dit que les enfants d’ici apprécieront aussi. En fait, plus le pays est pauvre et plus ces petites choses sont appréciées car elles font une réelle différence. Nous allons offrir la musique, les petits oiseaux en origami qui déploient leurs ailes, nos sourires et tout ce qui nous passera par la tête. Quelle aventure en perspective.

Et vous lecteurs chanceux, vous allez tout savoir. Sylvie a un appareil photo donc, il y aura un peu plus d’images.

L’espagnol commence à rentrer mais c’est tellement proche du portugais que ce n’est pas si simple que cela. Mais bon, c’est un détail.

On forme une super équipe et on va donner le meilleurs de notre trésor intérieur et c’est l’essentiel.

Au détour d’une conversation, je me suis demandée si les peurs et angoisses que je ressentais à Abadiânia en passant devant le médium incorporé, n’étaient tout simplement pas le ressenti corporel de la véritable nature du médium. Mon corps savait déjà. Je méditerai là dessus.

Dimanche matin, nous avons pris notre temps, avons copieusement déjeuner nos fruits et nous sommes préparées pour notre première sorite d’action hang/origami.

L’énergie est fluide entre nous, il n’y a pas de lute de pouvoir et c’est agréable.

Nous sommes d’abord allées sur la place du 24 septembre. En chemin, Sylvie a donné plusieurs petits oiseaux en papier à des gens qui vendaient de la nourriture dans la rue. Cela créait un contact vraiment particulier. C’est comme si ce petit cadeau, qui est grand dans sa symbolique, nous permettait d’entrer dans une communication de cœur à cœur en quelques secondes. Sylvie était émerveillée. D’après son expérience, c’est dans les pays les plus pauvres que ce geste a le plus d’impact. Dans les pays riches, il est beaucoup plus difficile d’accéder à ce plan de communication.

Ensuite, une fois arrivées sur la place du 24 septembre, nous avons vu que l’église était ouverte et il y avait une messe. Nous ne sommes donc pas rentrées. Au pied du porche, il y avait une femme qui faisait la manche et Sylvie a tenté de donner un oiseau mais elle ne l’a pas voulu. Un autre homme d’un certain age en fauteuil roulant est venu vers nous pour nous dire qu’elle ne voulait que de l’argent. Lui a accepté le cadeau de Sylvie et on a pu discuter. J’étais plutôt dans l’écoute car je ne m’exprime pas encore très bien en espagnol et je ne comprenais pas tout. Les mots m’échappaient mais je crois qu’il y avait une autre compréhension. Cet homme tout abîmé était beau, il avait envie de partager autrement qu’avec de l’argent. À un moment, j’ai décidé de m’asseoir par terre sur mon coussin pour lui jouer un peu de hang. Et voilà, il a apprécié même s’il y avait en fond la musique de la messe qui couvrait tout. Les gens étaient curieux, il y avait une belle énergie dans cet instant là.

Ensuite, nous sommes allées nous installer sur un des bancs de la place. Une personne en fauteuil roulant est venue. Ce sont ceux là qui semble le plus apprécier visiblement dans cet endroit. Cette place est dans la partie riche de la ville, le public est donc majoritairement en alignement avec la place. Cet homme avait envie d’apprendre à faire les petits oiseaux en papier. Sylvie lui a montré pendant que je jouais et il était très doué de ses mains et à appris très facilement. Il était très motivé aussi.

Quelques personnes sont venues pour voir le hang de plus près mais on sentait une certaine timidité dans les personnes présentes. Finalement, on a décidé de changer de place et d’aller à celle qui est plus dans une zone modeste.

Dans cet autre parc, nous nous sommes installées et il n’a pas fallu longtemps avant qu’un petit groupe d’enfants se rassemble autour de Sylvie. Elle leur a fait faire des pliages en papier pendant que je jouais du hang pour créer un espace d’harmonie, de douceur et de légèreté. Ils ont beaucoup appréciés. On sentait que c’était vraiment spécial pour eux. Au bout de quelques minutes, il a commencé à pleuvoir et on a dû arrêter.

Wouah, ça a vraiment marché. Comme on était assise parterre, on a vite été toutes mouillées. Mais bon, ce n’est pas bien grave. Dans ce contexte particulier, on a senti aussi que les adultes autour validaient ce qu’on faisait, c’était vraiment particulier.

Ensuite, on est partie en faisant un petit détour pour visiter et voir ce que l’on pouvait trouver à manger dans les rues. On cherchait quelque chose à base de mais mais, il ne mangent pas ça ici. Tout contient de la viande. À part nos fruits, sans cuisine et en ne voulant pas manger de la viande, nous n’avons pas beaucoup d’alternatives. On a quand même essayé de manger dans un restaurant en demandant du riz et des yucas (une racine locale) mais les yucas étaient cuits dans le yaourt ou quelque chose comme cela. La priorité est clairement de trouver un hébergement avec une cuisine pour que l’on puisse cuisiner nous même.

Quand on est rentrée, il était 2h. Cela faisait 4h30 que l’on était partie. On a fait une petite sieste avant de poursuivre nos activités.

Une fois reposée, on a cherché des logements sur airbnb à Santa Cruz. Il y a avait du choix et les prix étaient très intéressants. Lorsque Sylvie a fait sa recherche à Santa Cruz, elle est tombée sur un logement super, écolo, autoconstruit en terre, etc. Puis on s’est aperçue que ce logement était à Samaipata, un village situé à 120 km de là et dans lequel on a un contact. Quelle synchronicité ! On est donc fortement appelée à aller là-bas. Mais il y a semble t-il un risque de fièvre jaune et Sylvie n’est pas vaccinée. Moi, j’avais reçu ce vaccin avant d’aller au Burkina Faso et je suis encore dans la période d’efficacité. On a réfléchi à cette question avec beaucoup de créativité. Je crois qu’elle a plus besoin d’être vaccinée contre la peur de tomber malade et pour cela, il y a d’autres moyens plus doux. On va voir ce que l’on va faire...

On a repéré plusieurs possibilités de logements, envoyé des messages à ces personnes et écrit à la personne qui nous a orienté vers l’orphelinat de Samaipata. Ensuite, on a préparé le mail que l’on va envoyer à l’ONG Voix Libres pour proposer notre contribution.

Notre contact de Samaipata nous a répondu très vite. Il semble que cette ville nous appelle !

Nous avons fait tout cela avec une grande fluidité et simplicité. C’était chouette et c’est de bonne augure pour la suite.

Le soir, nous nous sommes régalées de fruits. Il y avait une ambiance différente dans notre chambre par rapport au reste de la résidence, comme si nous avions créé un havre depuis lequel nous allons pouvoir donner abondamment.

Quelle belle journée. Que de belles expériences en perspective. Jamais je n’aurais imaginer cela il y a 1 mois. La vie est pleine de surprises quand on la laisse guider nos pas.

Merci.

#voyage #transformationdesoi

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