• Violaine

Ma 3e semaine en Bolivie


Lundi matin, Sophie a donné du temps au neveu de la propriétaire de notre hébergement. Cet enfant est vraiment intelligent et créatif. Avec nous, il est très sage mais dés que sa maman approche, il commence à faire n’importe quoi. C’est une bonne expérience pour Sophie dont la passion est d’être auprès des enfants.

De mon côté, voyant que je continue, malgré moi, à visualiser que j’aide João à exprimer sa souffrance, j’ai contacté son âme pour discuter avec elle. C’est effectivement elle qui me sollicite. Elle m’a confirmé certains ressentis que j’avais et m’a demandé de continuer notre collaboration.

Ensuite, vue que Sophie faisait un atelier de dessin avec le neveu de la propriétaire, je me suis joint à elle pour dessiner mon trouble des yeux. J’ai fait un très beau dessin plein d’humour, de douceur et d’amour. Ce trouble est donc un ami, comme tous les problèmes de santé au final. Ils sont là pour nous faire grandir.

Ensuite, nous nous sommes préparées un bon petit repas de légumes bios et nous nous sommes régalées. C’est fou ce que nous prenons soin de nous. Ma peau est toute douce et sent bon tellement je suis douce avec moi-même, et cette douceur ne vient pas de crèmes hydratantes ou autre gommage puisque je n’utilise rien de tout cela. J’utilise même rarement mon savon car je me lave juste à l’eau, la plupart du temps.

Avec Sophie, qui vient du Québec, j’apprends plein d’expressions rigolotes. On rigole beaucoup avec ça : « Tu veux tu laver ton chandail ? » (il n’y a pas de faute de frappe) … ces petits « tu » supplémentaires qu’elle met partout me font beaucoup rire, j’aime beaucoup ça !

L’après midi, nous sommes allées sur la place centrale pour jouer du hang et donner des petits oiseaux en origami. J’en ai profité pour donner les affaires que j’ai triées l’autre jour. Sophie a fait de belles rencontres et a trouvé une adresse où dormir à Cochabamba, notre prochaine destination. Moi, j’ai rencontré quelques personnes et je crois qu’il y en avait un qui aurait bien fait d’avantage connaissance … mais il devait partir. Peut être que je le recroiserai.

Ça m‘a fait plaisir.

Ensuite, nous sommes rentrées et le volontaire qui est à notre hébergement nous a remercié pour ce que Sophie fait avec le neveu de la propriétaire. Il semble que cela fasse une réelle différence dans son comportement. D’habitude, ce garçon de 9 ans ne respecte personne et là, c’est bien la première fois qu’ils le voient sage et heureux comme cela.

Lorsque l’on mangeait, on a discuté avec un couple de Français bien sympa qui était ici pour faire de la randonnée. On a passé un bon moment.

Dans la soirée, Sophie a reçu un mail qui a fait remonter une émotion. J’ai fait de mon mieux pour l’aider en l’écoutant et en l’invitant à se poser certaines questions. Cela m’a rappelé l’époque où j’étais moi-même prise dans mes émotions en lien avec ce que pouvaient faire ou dire les autres. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus détachée mais je ne saurais pas donner de recette miracle pour arriver à cela. J’ai tellement pioché à tous les râtelier sur mon chemin, j’ai vraiment suivi mon cœur et mélangeant pleins de pratiques. Toutefois, le travail est encore en cours car je refoule encore quelques émotions. Dans ce contexte, la seule manière avec laquelle je pouvais aider Sophie était de simplement l’écouter et me taire.

Cette soirée était bizarre. Dehors, il y avait une forte odeur de produit chimique et le chat était complètement fou. Des chiens ont aboyés longtemps dans la soirée. Est-ce l’effet de la pleine lune et de l’éclipse totale de lune qu’il y a eu la veille ? En tout cas, l’énergie était vraiment spéciale.

J’ai quand même bien dormi.

Mardi matin, Sophie s’est levée tard. Comme nous n’avions plus d’eau, j’ai entrepris d’aller en acheter moi-même en attendant que Sophie se lève. Comme je la laisse me guider dans Samaipata depuis que nous sommes arrivées, j’ai peu de repères et je ne me souviens pas vraiment où acheter de l’eau. Avant que je parte, elle s’est réveillée et m’a donné quelques indications. Mais je n’ai pas trouvé. J’ai demandé à quelques personnes mais la plupart des petits commerces étaient fermés. Je suis rentrée bredouille et cela a réveillé quelque chose en moi. J’étais un peu en colère contre moi-même.

Cela m’a renvoyée à ma vision physique faible et ma difficulté à demander de l’aide, difficulté amplifiée ici à cause de la langue.

En discutant de cela avec Sophie, j’ai accueilli le fait que je n’aime pas être dépendante. J’ai aussi accueilli le fait que c’est bien confortable pour moi d’avoir une amie qui fait les choses qui sont plus difficiles pour moi à cause de ma vue. Moi je fait les choses qui sont plus difficile pour elle à cause de ses tendinites et je l’aide avec mes perceptions.

Je me suis dit que cette semaine à Samaipata avait été très douce car je me suis laissée aider pour la gestion des courses et des choses qui sont plus pratiques quand on a une vue physique normale.

Nous avons ensuite passé du temps à dessiner et faire des bonhommes-allumettes en lien avec nos émotions respectives.

J’ai reconnu que plus je me laisse aider pour les tâches du quotidien qui sollicite la vue physique, plus je peux explorer les autres aspects de ma vision et l’offrir à ceux qui m’aident. C’était bien agréable d’accueillir cela.

J’ai écrit une intention/demande :

Merci de toujours me mettre en présence de gens qui m’aident à voir ce que je ne vois pas.

Merci de toujours me mettre en présence de gens que j’aide à percevoir ce qu’ils ne perçoivent pas.

Suite à cela, nous avons décidé d’aller manger au restaurant d’en face. Nous y avons retrouvé Fabiola et nous avons partagé nos ressentis par rapport aux échanges de la semaine passée. C’était bien. Cela venait conclure nos expériences communes.

L’après midi, Sophie et moi sommes allées marcher sur les hauteurs de Samaipata. C’était agréable. Nous avons discuté encore de nos ressentis et j’échangeais ce qui me passait par la tête. En chemin, j’ai fait part à Sophie du vide intérieur que je ressens depuis l’expérience de ce matin. Je ne sais plus ce que je veux. Je lui ai dit que pour moi, il était temps de poursuivre notre route ver l’altiplano et elle était d’accord. Nous avons donc organisé le départ pour le lendemain matin. Nous avions un hébergement à Cochabamba grâce au contact que Sophie a eu la veille. Nous connaissions les horaires du car et nous avons organisé notre départ.

L’aisance de Sophie a demander et à parler avec tout le monde a grandement aider à la préparation de notre trajet. Merci à elle.

Le soir, j’ai continué de faire part à Sophie de mes ressentis et blocage quant à l’idée d’être dépendante. Je me suis dit que mon ressenti de vide était peut être lié à un changement de perspective vis à vis de ma vue et de ma façon de la gérer. Ce changement entraîne un recâblage intérieur qui va durer quelques jours. Par ailleurs, je me dit que l’acceptation de me reposer sur l’aide des autres pour certains aspects du quotidien, me fait lâcher une pression que je me mettais avant.

On a parlé de tout cela et ça fait du bien que ce soit clair entre nous.

Le chat sentait notre départ imminent et cherchait encore plus mes câlins. Ce n’est pas dans ma nature de changer d’endroit chaque semaine mais la vie me donne la possibilité d’explorer cela grâce à l’aide de Sophie. Mais au fond, je préfère me poser à un endroit et y rester longtemps.

Nous avons fait nos valises. J’ai fait la mienne sans résistance et sans enthousiasme. Je me laisse porter par le flot car depuis le matin, je ne sais plus ce que je veux. C’est bien, je me perds pour mieux me retrouver.

Mercredi matin, nous nous sommes levées tôt pour partir. Tout c’est bien passé. Le bus pour Cochabamba est confortable. Le trajet va durer 10h pour 375km et cela coûte 30 Bolivian (4€).

Dans le bus, nous avons retrouvé la volontaire qui s’occupait des enfants à l’orphelinat. Nous avons bien discuté, enfin surtout Sophie.

Nous avons dû passer plusieurs cols sur la route à travers les contreforts des Andes. Les paysages sont passés petit à petit du tropical au tempéré. Au début, c’était des montagnes très érodées, un peu comme le massif central, puis plus on avançait, plus cela devenait raide avec des reliefs plus marqués. Les zones traversées étaient plus ou moins habitées. On sentait qu’il y avait un équilibre entre l’homme et la nature. Plus on était haut, plus les constructions étaient simples. Il y a eu tout une partie du trajet durant laquelle la route n’était pas goudronnée, on avait donc le temps d’admirer les paysages. Nous avons dû aller jusqu’à 3000 m d’altitude et peut être plus. La végétation y était toujours bien fournie et dense. Les constructions étaient faite en terre. Ces paysages m’ont inspirés quelques prises de conscience.

Tout d’abord, j’ai réalisé que nier la nécessité de médiums dans un lieu comme la Casa de Dom Inácio de Loyola n’était pas forcement très approprié car beaucoup de gens ont encore besoin d’un accompagnement pour se connecter à eux-même et faire confiance à leur ressentis. En niant cela, je nie une partie des services que je peux offrir aux autres. Il y a sûrement un moyen pour offrir ce genre de service sans créer une dépendance affective et spirituelle. C’est à creuser. Ensuite, j’ai pensé au fait que je dis souvent ne pas avoir besoin d’un médium car je peux obtenir mes infos par moi-même, mais j’ai pensé aux psychologues qui doivent avoir un superviseur pour avoir un regard extérieur sur leur propre cheminent. Je me suis dit que ça devrait être pareil pour toutes les personnes qui en accompagnent d’autres, quel que soit le mode d’accompagnement (soin énergétique, médium, etc). Alors je me suis autorisée à avoir envie d’une supervision pour moi-même.

Vers la fin du trajet, nous sommes arrivées dans une plaine densément habitée. La route était très belle et il y avait de nombreux immeubles modernes. On se croyait dans un autre monde, comme en Europe ou au Canada.

Une fois arrivées, nous avons pris un taxi pour nous rendre au point de rendez-vous avec la personne chez qui nous allons loger une semaine. Le rendez-vous était à un supermarché et Sophie a voulu qu’on en profite pour faire quelques courses. L’idée était bonne mais ce centre commercial m’a fatigué. J’avais l’impression d’être dans une grande ville Européenne et j’ai laissé ce contexte affecter mon humeur car je n’aime vraiment pas consommer dans ce genre de magasin.

Ensuite, nous sommes allées dans notre hébergement. C’était une maison super moderne dans une résidence super surveillée. Ça m’a vraiment fait bizarre de me trouver là. La dame qui partageait sa maison était très gentille et ouverte. J’étais très fatiguée et je n’ai pas traîné avant d’aller me coucher.

Nous bénéficions de tout le confort moderne mais je ne me sentait pas dans ma zone de confort. L’énergie était vraiment différente de ce que nous avons vécu avant. Je vais pouvoir explorer tout ce que je ressens en lien avec ce contexte et toutes les croyances sous-jacentes. Mais je ferai cela demain car là, j’ai vraiment besoin de dormir.

Jeudi matin, je me suis levée tôt et d’une humeur plutôt négative. Je me sentais en prison dans cette maison et je ne sais pas bien d’où vient ce ressenti. Je ne savais plus ce que je faisais là, je ne savais plus si j’avais suivi Sophie par commodité alors que ma route était ailleurs. J’avais envie de retourner à Abadiânia dans ma zone de confort. Je n’avais aucune volonté. Je suis restée au moins 1h bloquée là à ne rien pouvoir faire. Puis je suis allée prendre une douche froide car pour avoir de l’eau chaude, il faut laisser couler l’eau longtemps et je n’ai pas envie de gaspiller comme cela. Cela m’a frigorifiée sur le moment, d’autant plus que je me suis lavée les cheveux et que dans ce pays, ils n’ont pas de douchette avec cordon. L’eau sort d’en eau et c’est tout.

Après cela, je me suis mise a écrire et cela m’a aidée à prendre du recul. Sophie m’avait laissé un mot me disant qu’elle s’était couchée tard et fatiguée. Elle ne va donc pas se lever tôt.

J’ai réalisé que je ne me sens pas à mon aise dans ce style d’énergie car j’associe le confort matériel et la richesse au fait de juger et d’être coincé. C’est donc cette part de moi-même que j’explorais dans ce contexte, d’où le sentiment d’être en prison. Mais c’est moi qui me mettait en prison, qui me jugeait, etc.

Quand Sophie s’est levée, elle m’a fait part de ses tourments de la nuit. Sophie est très sensible aux odeurs et dans cette maison, on sens régulièrement une odeur extérieure plutôt désagréable qui vient du fleuve (comme une odeur d’égout) et une odeur de « white spirit » qui vient de l’intérieur car la personne qui nous accueille fait de la peinture et d’autres créations avec des produits chimiques et ça sent assez fort.

On a échangé nos ressentis et on s’est vraiment demandée si notre place était ici, dans cette ville et dans cette maison. Moi, je ne savais plus ce que je voulais et ce qui était bon pour moi. Je suis dans cet état depuis mardi où j’ai exploré la thématique de la dépendance. Ça a l’air de venir bousculer beaucoup de choses en moi car je suis bien perdue comparé à d’habitude.

On a entrepris de contacter Josée, une voyante que Sophie connaît bien et consulte régulièrement dans ce genre de situation. On a pas pu l’avoir tout de suite donc on a établi un plan pour la journée. On va aller au parc pour ÊTRE avec ma musique et les petits oiseaux de Sophie. On va aussi aller voir l’orphelinat de filles qui se trouve juste en face de notre résidence surveillée.

Au passage, les jours passés, nous avions l’intention d’aller visiter un ashram chamanique qui se situe dans les environs de Cochabamba. En en discutant avec notre hôte, elle nous a dit que le shaman avait beaucoup de femmes et beaucoup d’enfants. Il y a ici aussi des histoires d’abus de pouvoir et de sexualité. Personne n’a porté plainte mais bon, les faits sont là et les gens de la région le savent. Décidément, encore une fois, des femmes donnent leur pouvoir à un homme de charisme spirituel qui en profite bien. Cela ne me donne pas envie d’aller là. Nous irons explorer d’autres horizons.

Lorsque nous sommes parties, nous sommes allées toquer à la porte de l’orphelinat d’en face et la religieuse qui nous a parlé était très ouverte et sympathique. Elle nous a donné rendez-vous à 19h car elle devait sortir pour faire une course.

Nous étions contente. Ensuite, nous avons pris le bus pour aller au parc qui se situe proche d’un grand lac qui jouxte la ville. C’était une femme qui conduisait le bus, ce qui a étonné Sophie car lors de ses voyages au Guatemala, elle n’a jamais vu une femme conduire un bus de ville.

Une fois arrivées à ce lac, il nous a fait une impression de désert, il n’y avait pas âme qui vive. Nous avons marché un peu pour longer le lac et avons rencontré des chevaux en liberté, ce qui est curieux en pleine ville. Puis, nous avons trouvé un point d’information. Les personnes nous ont dit que le lac est contaminé et qu’il ne faut pas s’approcher. Il nous a indiquer un lieu où on pourra trouver ce que l’on chercher : le jardin botanique.

Nous avons donc repris le bus pour nous y rendre. Cette ville est très polluée, il y a des odeurs d’urine dans les rues et des déchets de partout. Dans le jardin botanique, nous avons trouvé un espace où on respirait mieux, des gens se promenait et prenait du bon temps. Nous avons croisé une famille qui pique-niquait là. Sophie a donné des petits oiseaux en papier aux enfants et la maman nous a donné un épis de mais prêt à manger. C’était l’anniversaire d’un des enfants, et comme ils nous paraissaient très simpathiques, nous nous sommes installées près d’eux pour leur offrir un peu de musique. Je me suis mise à jouer puis comme le garçon avait l’air très intéressé, je lui ai proposé d’essayer. Au bout de quelques instants, il arrivait à faire des sons bien audibles alors que ses sœurs n’y arrivaient pas vraiment. Il a joué pendant un petit moment et tout le monde était heureux. La maman m’a fait passer un billet de 10 bolivian. J’ai dit non une fois puis, j’ai vu dans son regard que je ne pouvais pas refuser alors j’ai remercié. On a passé au moins 1h à jouer ensemble, à échanger, à rire. Quel moment de pur bonheur. C’était beau et cela m’a guéri de mon vide intérieur.


Ensuite nous sommes restées un peu plus dans le parc puis nous sommes rentrées.

Nous avons contacté notre intuition pour savoir si c’était juste de rester dans cette maison et dans cette ville pendant une semaine. La réponse était oui. Nous allons donc détourner notre attention des choses qui nous dérangent pour qu’elles nous affectent le moins possible. Après avoir mangé, nous sommes allées à notre rendez-vous dans l’orphelinat d’en face. Nous y avons été bien reçues et nous allons venir pour proposer nos activités le lendemain à 15h. Nous étions ravies. Le lendemain matin, nous avons rendez-vous dans un centre pour personnes handicapées dont notre hôte connaît le directeur. Nous avons donc une entrée.

Quel beau programme. Nous étions heureuses. La journée a été pleine de surprises et de rebondissements. Merci à la vie.

Le soir, j’ai joué du hang pour notre hôte qui était ravie. C’est vraiment une personne sympathique. On va avoir de beaux échanges avec elle. Mon espagnol se déride un peu. J’arrive bien a comprendre ce qu’on me dit et je commence à parler un peu. Je dirais que je parle plutôt portugnol mais ça va le faire.

Cette expérience proche avec Sophie me permet vraiment de me préparer à la vie de couple que je n’est encore jamais explorée. J’en suis ravie, je vois que cela se passe bien. Et aujourd’hui, Sophie m’a invitée à discuter de ce qui s’est passé la veille dans le supermarché. Il y a en effet eu une tension entre nous, elle qui voulait absolument faire des courses et moi qui voulait rentrer pour me reposer et laisser les courses pour le lendemain. Au début, je ne comprenais pas car, j’avais fait le travail de mon côté en explorant pourquoi j’avais laissé ces circonstances troubler mon humeur et je ne voulais pas envahir son côté de l’expérience mais en fait, en en discutant sans rien projeter sur l’autre, j’ai pu explorer plus en profondeur ce qui s’est passé pour moi et remonter à l’origine du mal être pour ne pas qu’il se reproduise. Merci à toi Sophie.

Ce que j’ai trouvé, c’est que j’ai encore choisi de dire oui pour être arrangeante alors qu’au fond de moi, j’ai envie de dire non. Mais cela ne rend service à personne. Hier soir, j’aurais très bien pu rester dehors avec les bagages pendant que Sophie faisait les courses. Cela aurait été mieux pour tout le monde.

Vendredi matin, nous avions rendez-vous avec le centre pour personnes en situation de handicap. Notre hôte nous avait indiqué l’adresse et le numéro du bus à prendre pour s’y rendre.

Nous avons arrêté plusieurs de ces bus mais aucun d’eux ne connaissait l’adresse du centre. Finalement, nous avons trouvé un taxi qui nous a mené à bon port.

Durant le trajet, Sophie m’a raconté son rêve de la nuit et m’a dit que c’est la première fois pour elle qu’elle rencontre quelqu’un qui fait plus attention qu’elle à l’environnement et le gaspillage inutile. Elle m’a dit qu’elle avait fait cette demande à Abadiânia. Sa demande a donc été exhaussée. Elle m’a dit aussi qu’elle rêvait depuis longtemps de fréquenter de près quelqu’un qui n’y voit peu car elle savait que ces personnes avaient développé des perceptions très fines. Encore un vœux exhaussé. On s’est vraiment pas trouvée pour rien. Sophie me répète que nous sommes magiques et que c’est pourquoi nous sommes bien accueillies partout où nous allons. Nous allons faire des choses extraordinaires…

Une fois arrivées au centre, nous avons patienté un peu et avons constaté que nous étions dans une piscine publique où pleins d’enfants venaient se baigner. Nous n’avons pas vu d’enfants handicapés.

Le directeur nous a reçu et nous avons discuté. Il nous a dit que nous étions en période de vacances scolaires et que les enfants ne seraient pas là avant le 4 février. En attendant, ils mettent leur piscine à disposition du public pour faire entrer de l’argent, qui finance le centre. On a parlé du handicap en Bolivie et il nous a dit qu’il y avait un gros travail à faire au niveau de l’acceptation du handicap au sein même des familles des enfants. Il nous a montré tout ce qu’ils faisaient avec les enfants et c’était vraiment bien. Nous lui avons dit que j’étais moi-même en situation de handicap et que nous unissions nos points forts et faibles avec Sophie pour voyager et donner ce que nous pouvons donner. Il a été touché par cela et nous a présenté au fondateur du centre. J’ai joué un peu de musique pour eux et ils étaient ravis. Le fondateur est un homme en fauteuil roulant qui a voyagé en France et dans d’autres pays. Il nous a raconté son histoire et l’histoire du centre. C’était touchant. À la fin, il nous a invité à boire un thé chez lui avant que nous poursuivions notre route. Il était touché par notre démarche et avait envie de mieux nous connaître.

Wouah, encore une chouette expérience. Nous sommes vraiment magique !

Après cela, nous sommes rentrées et notre hôte nous a préparé une super salade faite avec du chou, de la coco râpée, de la mangue et des feuilles de menthe. C’était super bon. Après cela, nous nous sommes reposées un peu avant de partir à l’orphelinat de filles.

À 15h, nous étions prêtes et avons traversé la rue pour aller à l’orphelinat. Il y avait une belle énergie dans ce lieu. En attendant la religieuse, nous avons vu sur une pancarte que nous étions dans un orphelinat dédié à Saint François d’Assise. J’aime beaucoup ce saint et depuis deux jours, j’ai la version chantée en portugais de sa prière dans la tête. Quelle coïncidence !

L’après-midi s’est très bien déroulée, autant pour Sophie que pour moi. Les enfants étaient bien disciplinées et ça a été beaucoup plus agréable pour Sophie comparé à l’orphelinat de Samaipata.

De mon côté, j’ai joué du hang pour les enfants et ils ont essayé mais peu d’entre elles ont été suffisamment persévérantes pour arriver à en extraire un son. Elles m’ont demandé de chanter alors j’ai puissé dans ma mémoire quelques chants en Français. C’est une bonne idée, je vais étudier quelques chansons vu que j’aime chanter. La prochaine fois, j’essayerais peut être de leur faire chanter quelque chose ou de leur apprendre un chant. Pleins d’idées me sont venues en tête pour faire d’autres choses en lien avec la musique pour développer leur écoute et leurs perceptions.

Nous sommes reparties de là enchantées et les enfants aussi. Nous y retournerons lundi matin.

Ensuite, nous sommes rentrées et notre hôte avait fait encore de la peinture et sa maison était remplie de l’odeur du white spirit, ce qui n’avait pas l’air de la déranger. Nous avons mangé dans le jardin et nous sommes réfugiées dans nos chambres pour fuir cette odeur vraiment désagréable.

Quelle belle journée. Merci à la vie.

Samedi matin, je me suis levée tôt en ayant très bien dormi. J’étais de nouveau dans une humeur un peu bizarre. Voyant que Sophie ne se levait pas, j’ai commencé à relire des notes que j’avais prises lors de la lecture de livres sur les Templiers et sur Jeanne d’Arc. Cela m’a raccroché à ma passion pour l’histoire, les Templiers, les bâtisseurs de cathédrale, les alchimistes et la sagesse des anciens. De nouveau, j’ai été prise de doutes sur l’utilité de ma place ici, sur ce que je venais y faire…

Quand Sophie s’est levée vers 10h, je lui ai fait part de mes états d’âme et j’étais contente qu’on ai rendez-vous avec Josée l’après-midi même car cela me permettrait d’y voir plus clair sur ce que je fais là.

Après avoir mangé, nous sommes parties faire des courses dans un marché bio que notre hôte nous avait indiqué. Nous ne l’avons pas trouvé. Dans le marché où nous nous sommes retrouvées, il y avait un stand tenu par une jeune fille qui a été d’une gentillesse et d’une générosité extraordinaire avec nous alors que tous les autres stands ont essayé de nous vendre leur trucs super cher.

J’étais vraiment dans une humeur maussade. Je ne me reconnaissais pas, ça fait tellement longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Je n’arrivais pas à passer au travers des petites choses qui me contrariaient. Je n’avais plus envie de faire des ateliers avec les enfants, je n’avais plus envie de rester dans cet endroit, les troubles de ma vision me gonflaient au plus haut point, etc.

À 14h, nous avons contacté Josée pour notre rendez-vous. Elle a vu que j’avais une énergie étrangère dans moi qui me perturbait et me coupait de mon âme, raison pour laquelle je me sentais vide et perdue. Elle me l’a enlevée et m’a rebranchée avec mes connexions galactiques. Maintenant je me rappelle qu’après la dernière soirée passée en compagnie d’Allan, j’avais senti un froid sur mon chakra coronal. Cela vient de là. Ensuite, j’ai posé des questions sur ma vue et elle m’a dit que les troubles avaient un lien avec mes ancêtres, c’est un trouble transgénérationnel. Elle a fait ce qu’il faut pour amorcer une amélioration de ce côté là.

Ensuite j’ai laissé Sophie poser ses questions et je me suis reposée. Lorsqu’on a discuté avec Sophie pour faire le point, elle m’a donné certaines infos qui m’ont aidé également :

- Depuis que nous sommes arrivées en Bolivie, nous cherchons les projets de Marianne Sébastien avec son ONG Voix libres. Or personne ne les connaît et nous ne trouvons pas les projets en question. Josée a dit que, d’après ses perceptions, ils n’existaient pas. L’argent récolté par l’ONG ne va pas en Bolivie. Wouah, c’est complètement dingue ça ! Nous allons poursuivre notre enquête malgré tout.

- Depuis ce matin, je ne me sens pas à l’aise avec la forme que nous donnons à nos ateliers avec les enfants. Josée a dit que Sophie ne devait pas faire des ateliers d’origami mais faire des ateliers autour de ma musique pour inviter les enfants à se connecter à eux-même, à leur force et à leurs perceptions. Josée m’a dit que j’étais juste là pour rayonner ma lumière. Cette forme là me parle beaucoup plus et a beaucoup plus de sens que ce que nous faisions jusque là.

- Depuis que nous sommes dans cette maison à Cochabamba, nous sentons que les énergies y sont pas très équilibrées. Cela se manifeste par un mal être et des odeurs incommodantes. Josée à confirmé cela et à dit que nous devions changer de place sauf si nous partons mercredi prochain. Elle a ajouté que je savais comment nettoyer la place et que je pouvais faire quelque chose. Et cela m’a rappelé que j’ai fait de la géobiologie et que Fabiola m’avait déjà sollicitée pour cela et que cela avait été facile. Je me suis dit que je pouvais faire un peu de nettoyage partout où j’irai et que cela ajouterai de la magie dans l’air. Wouah, mon élan positif revient.

Ensuite, j’ai donc fait du nettoyage énergétique dans nos chambres. J’ai senti l’énergie comme avant et j’ai réalisé que depuis une semaine, j’étais coupée de cela. J’ai réalisé aussi que, avec tout ce que j’ai appris dans l’école Ovilôrôi (géobiologie et bio-énergie), j’aurais pu comprendre ce qui m’arrivait et me nettoyer moi-même. Mais ce genre de situation ne m’est jamais arrivée depuis mes stages. La prochaine fois, je saurai.

Cette après-midi là, notre hôte recevait des amis, alors j’ai joué un peu de hang pour eux. La prochaine fois, je ferai une introduction en demandant de fermer les yeux et de se concentrer sur les sensations que la musique leur procure. Cela donnera plus de sens à ce que je fais.

Ensuite, nous avons mangé et après, nous avons regardé le film français « Samadhi » (disponible sur youtube). C’était passionnant et je sentais que mon chakra coronal travaillait pendant le visionnage de ce film documentaire qui parle de la libération de l’illusion de notre conditionnement. Cela m’a fait beaucoup de bien, après ma semaine de « déconnexion », ou plutôt mon expérience de déconnexion.

Après cela, nous étions hyper fatiguées et les bâillements se succédaient. Bien qu’il n’était pas encore 20h et qu’il faisait encore jour, j’ai décidé d’aller me coucher.

J’ai bien dormi. Merci à la vie.

Dimanche matin, nous avons pris notre temps en discutant avec notre hôte. Sophie et Moi avons décidé d’aller à la place de chamanisme proche de Cochabamba en toute connaissance des agissements du Chaman. On s’est dit que ce serait l’opportunité d’observer de près ce qui s’y passe. Notre hôte nous a indiqué un parc et un restaurant végétarien. Je me sentais bien ce matin là, j’étais de nouveau moi-même après avoir exploré pendant une semaine les méandres de mon moi égotique. Après avoir mangé, nous nous sommes préparées à partir en bus. Le bus H nous a déposé près de la rivière qui sent si fort à certains moments de la journée. En longeant cette rivière, l’odeur d’égout était perceptible. En franchissant le pont, nous nous sommes arrêtées quelques instants pour envoyer de l’énergie aidant l’eau à se purifier. Puis, nous avons poursuivi notre marche. Le temps était menaçant mais nous étions déterminées et avons poursuivi notre route vers les parcs. À un moment, Sophie m’a montré un autre endroit où on pourrait aller aussi : le vieux Cochabamba. Nous avons décidé d’y aller en premier et nous avons trouvé un kiosque où s’abriter juste avant l’arrivé des premières gouttes de pluie. J’ai joué du hang pour la place et les gens qui étaient là. C’était chouette. Au bout d’une heure, la pluie a cessée et nous sommes reparties vers les parcs. Nous les avons trouvés et avons marché un peu de long en large de ces longs parcs qui longeaient les rues. Sur l’un d’eux, nous nous sommes assises et j’ai joué encore du hang sans attentes, juste en étant dans l’Être. J’ai senti que l’énergie de ma musique se diffusait dans le sol et était transportée dans tout le parc et peut être au-delà via le réseau souterrain de mycélium. Du coup les végétaux et les animaux vont en profiter aussi.

Ensuite, nous nous sommes dirigées vers la rue dans laquelle il y a un restaurant végétarien. Nous avons trouvé une place où il se vendait de la nourriture Brésilienne avec quelques plats végétariens. Ce n’était pas exactement ce que nous cherchions mais la personne qui tenait ce petit restaurant était tellement aimable que nous avons décidé de rester là. Après avoir commandé, j’ai sorti mon hang et j’ai commencé à jouer. Un homme est venu et a commencé à nous parler. On a rapidement senti qu’il ne se sentait pas bien, qu’il était déprimé et il parlait même de suicide. Alors, j’ai continué à jouer pour l’aider tandis que Sophie l’écoutait, lui autorisait à ÊTRE avec ses émotions et son mal être. Au bout de 20 minutes, il est parti de lui même. Tout de suite après, nos plats sont arrivés et le tenant du restaurant nous a dit qu’il avait attendu qu’il parte pour nous amener nos plats car il n’était pas très à l’aise avec cette situation. Nous et lui savions qu’on avait aidé cet homme et que c’était un moment précieux pour lui. Personne n’a opposé de résistance face à cet instant et donc tout s’est bien passé. En savourant nos plats, nous étions heureuses de ce qui s’était passé. Voilà ce que nous sommes venues faire. Ce sont des petites choses comme cela dont nous ne pouvons pas mesurer l’impact. Le tenant du restaurant a également été touché par ma musique et ce que nous avons fait. Il nous a offert un dessert super bon. Le Brésil me fait un clin d’œil ! Cette terre m’appelle, je vais y retourner après mes aventures en Bolivie.

L’énergie de ce restaurant était magnifique et tout le monde était touché par ce qui s’était passé. On sentait encore cela lorsque nous sommes allées payer. Il y avait comme une envie d’entrer plus en contact, mais nous étions tous bouche bée et cela ne s’est pas fait. Quel moment béni !

Nous sommes rentrées et je me suis reposée avant d’aller sur le site web de la place chamanique afin de les avertir de notre venue. Mais, en regardant les détails du site, j’ai vu que, en étant volontaire et en donnant 25 heures de travail par semaine, il fallait encore payer 10 dollar US par jour pour l’hébergement et la nourriture. Pour une semaine, ça passe mais si on reste 6 mois, il faut travailler 30h par semaine et payer 10 dollar US par jour. Là, cela me paraît vraiment abuser. Ils ajoutent que les conférences du chaman sont gratuite. Encore heureux !

On a décidé de ne pas y aller, ça fait un peu trop.

On a trouvé un autre village sur la route entre Cochabamba et La Paz où nous pourrions nous arrêter. Nos ressentis ont validé ce choix. Ensuite, j’ai vu sur google map un magnifique lac près d’Oruro où nous pourrions aller après. Mais après quelques recherches, nous avons découvert que c’est un lac salin qui est entrain de s’assécher à cause des activités minières. Aujourd’hui, il n’en reste quasiment plus rien alors que c’était le deuxième plus grand lac de Bolivie après le lac Titicaca. On va de surprise en surprise !

De plus, dans la journée, j’ai questionner mon âme au sujet des projets fantomes de Marianne Sébastien. J’ai eu comme info que les projets de voix libres en Bolivie étaient une façade factice pour protéger d’autres projets bien plus impactants et plus dérangeants pour les autorités. Il sont donc protégés par une façade. L’argent donné à l’ONG n’est pas seulement utilisé en Bolivie mais dans d’autres pays pour des fins très positives. C’est intrigant et cela me donne envie d’en savoir plus mais est-ce bien nécessaire ? L’info viendra, si c’est approprié.

Quelle journée ! Merci, merci, merci.

#voyage #transformationdesoi

Posts récents

Voir tout

Retour à Abadiânia, semaine 5

En début de semaine, j’ai poursuivi mon enquête intérieure et j’ai fait un lien entre plusieurs faits récurrents dans ma vie. J’ai souvent l’impression d’être observée et je n’aime pas ces regards. Ce

Retour à Abadiânia, semaine 4

Lundi a été une journée bien tranquille mais pleine d’introspection. Cette journée m’a montrée que j’avais encore pas mal de peurs en lien avec la relation aux humains et que ces peurs s’amplifiaient

Retour à Abadiânia, semaine 3

Lundi matin, mes réflexions intérieures ont continuées. Puisque à travers l’autre, c’est soi qu’on explore, je repensais à tout le cheminement que j’ai fait avec cette histoire d’abus sexuels à la Cas

L'Antre Soi / Créé par Violaine Sabatier avec Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now