• Violaine

Ma 11e semaine en Bolivie


Lundi a été une journée de retournement total. Le matin, je sentais que Sophie était toujours dans son corps de souffrance. Je l’ai laissée vivre son processus. De mon côté, je sentais que j’avais pris la bonne décision même si c’était difficile. Je sentais dans mon ventre une boule de peurs (rejet, jugement, condamnation), c’était très fort. Je n’arrivais pas à l’accueillir dans ces circonstances. J’ai essayé de me changer les idées en me remettant à la lecture d’un livre passionnant « Shards of a shattered mirror » (les tessons d’un miroir brisé) de Darryl Anka, le channel de Bashar. Ce livre est inspiré des canalisations d’un être hybride qui vit en Écosse 700 ans dans un des futurs possibles pour nous. C’est très intéressant et cela m’a changé les idées en attendant que l’on parte pour l’orphelinat. Ce livre comporte 21 chapitres et il me reste 21 jours dans ce voyage initiatique en Bolivie. C’est une belle coïncidence. J’en ai eu une autre aussi. Ce matin, alors que je voulais accéder à mon éditeur de blog pour publier mes écrits, j’ai été surprise de ne pas avoir à passer le test qui prouve que je ne suis pas un robot. Ce test, qui fonctionne avec des images dans lesquelles ont doit identifier des choses, était très pénible pour moi qui n’y voit pas toujours clair. À chaque fois, cela me faisait perdre du temps et me demandait beaucoup d’efforts visuels. Et bien ce matin, il n’y a pas eu d’obstacle à l’accès à mon blog. Je le prends comme une synchronicité très parlante sur la suppression d’un obstacle majeur dans ma communication avec le monde extérieur.

Quand nous sommes parties pour l’orphelinat, Sophie m’a dit qu’elle avait pu s’accueillir et qu’elle n’était plus sur le point d’exploser. On a donc discuté un peu de choses légères, dans un premier temps.

L’après-midi avec les 22 petits de l’orphelinat s’est bien passée. L’énergie était plus calme que les autres fois. Les enfants ont moins pleuré. Dans cet orphelinat de 160 enfants, nous sommes invitées à prendre les enfants dans nos bras et en contre partie, ils pleurent plus pour demander l’attention. Ils ont moins d’espace (dans cette tranche d’age uniquement) pour jouer et lors des repas, il y a souvent du gavage et les enfants qui ne veulent pas manger passent un mauvais quart d’heure. Mais aujourd’hui, c’était une autre équipe de personnel et c’était plus doux. Dans l’autre orphelinat, celui où on donne des massages, la directrice est tout à fait d’accord pour que l’on prenne les enfants mais la cheffe de son personnel n’est pas du même avis car, d’après elle, cela fait pleurer les enfants. Toutefois, par notre entremise, la directrice espère bien changer les choses en introduisant le massage pour les touts petits. Ces deux orphelinats se valent, ils ont leur points forts et leurs points faibles mais les enfants ne sont pas mieux traités dans l’un ou l’autre. Le personnel fait de son mieux pour gérer cet afflux de bébés abandonnés dans ce pays. À La Paz, on a même vu un orphelinat qui avait, sur sa façade, comme une grosse boite au lettre pour laisser son bébé. C’est incroyable, mais c’est vrai !

À la fin de l’après-midi, j’étais bien fatiguée. J’ai fait de mon mieux pour me partager entre tous les enfants qui ont besoin d’attention, sans privilégier ceux qui pleurent plus que les autres.

Sur le chemin du retour, nous avons discuté un peu plus avec Sophie et, par sa réaction quand je lui ai dit que, moi aussi, cette semaine de distance allait me faire du bien, j’ai constaté qu’elle croyait que j’étais fâchée de sa décision de partir. Mais bien au contraire, je vais pouvoir voir la différence et observer les parts de moi que j’étouffais en sa présence et pourquoi. Enfin, le pourquoi, je crois que je l’ai bien identifié. Plus j’ai de respect et d’amour pour une personne (proche, amis, hommes), plus j’ai peur du rejet, du jugement, de ne pas être assez bien. Cette peur étouffe certaines parties de moi et cela crée exactement ce que je redoute le plus, car du coup, les gens se retrouvent avec une version de moi complètement différente de quand ils m’ont rencontrée la première fois et ils ont l’impression d’avoir été trompé sur ce que je suis. Avec l’expérience que je vis maintenant, je vois que j’ai projeté ces peurs sur Sophie mais que ce n’est pas du tout ce qu’elle vivait. Par notre discussion de ce soir, je vois clairement que mes peurs étaient de simples projections illusoires. Ce soir là, la discussion était fluide entre nous et j’ai accompagné Sophie dans son nouveau hébergement pour l’aider à porter toutes ses affaires. Elle en a énormément alors qu’elle ne peut pas porter à cause de ses tendinites. Moi, je suis une force de la nature et je peux porter des choses très lourdes et je m’allège petit à petit. Quel paradoxe. Nous étions contente de nous séparer momentanément sans tension. De toute façon, on va se voir tous les jours dans les orphelinats où l’on va. En rentrant, j’ai rencontré la propriétaire de mon appartement, avec qui Sophie faisait face à ses blessures en mode très intense. En discutant avec elle en étant dans mon énergie, pour la première fois, j’ai réalisé que je découvrais un tout autre aspect de cette personne. Elle m’a dit que ce n’était pas juste que je paye le loyer entier pour deux jusqu’à la fin du mois, mais qu’elle avait besoin de cet argent car elle y comptait dessus. Alors, elle m’a proposé de me fournir les 3 repas chaque jour en compensation. De plus, comme elle vient de recevoir son agrément pour encadrer des constellations familiales, on pourra faire un échange avec un nettoyage énergétique de sa maison. Ouah, j’étais abasourdie par cette proposition, par l’aspect d’elle que moi je rencontre. Et en discutant de ce qui s’est passé, je vois, encore une fois que la vie me montre qu’à travers chaque rencontre, nous faisons face à un aspect de nous-mêmes. Par conséquent, ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas bien avec une autre que moi, je vais vivre la même chose. Voilà un des premiers aspects de moi que j’ai étouffé en présence de Sophie : en voyant qu’elle disait ne pas être respectée et bien traitée avec la propriétaire, je savais que cela pourrait être très différent pour moi, bien qu’une ou deux fois, je me suis laissée embarquer dans la même dynamique que Sophie, mais j’étouffais cette potentielle relation par peur que Sophie le prenne mal. Ça n’a pas attendu longtemps pour que je commence à voir ce que je dois changer dans mes relations avec les gens que j’aime. Je suis contente, très contente.

Je me suis couchée bien fatiguée mais très heureuse de la tournure des évènements. Je suis certaine que Sophie va aussi avancer, de son côté.

Merci à la vie.

Mardi matin, j’ai traîné au lit et je me suis levée plus tard que d’habitude. C’est comme si je m’autorisais à être plus souple avec moi-même. Pourquoi ? Encore cette peur du jugement qui me fait être plus rigide en présence de quelqu’un d’autre. Je m’autorisais aussi à manger n’importe comment en plus des repas fournis par Roxana. Ça, ce n’est pas forcement un mieux mais c’est intéressant de l’observer. Ensuite, j’étais plus fatiguée, comme si j’avais besoin de récupérer après mes émotions des jours passés. Et peut-être aussi car, comme le dit Bashar, il n’y a rien de plus fatiguant que de ne pas être soi-même. Il paraît de plus en plus évident que j’ai choisi de ne pas être totalement moi-même avec Sophie et maintenant que nous avons mis une distance, le poids que je me suis mise sur les épaules tombe et j’ai besoin de récupérer. C’était bien perceptible et j’ai donc décidé de ne pas aller à l’orphelinat cette après-midi là. J’irai demain.

Ce matin là, je me suis reposée, j’ai lu un autre chapitre de mon livre et j’ai regardé une ou deux vidéos sur la sciences des anciens qui nous est transmise via les constructions mégalithiques et les mesures qu’elles comportent. C’est une sagesse gravée dans la pierre via les mathématiques et la géométrie. Cela me passionne !

Les repas avec Roxana se sont très bien passés. J’ai découvert qui elle est et on a pu discuter de sujets qui me passionnent comme les mégalithes, l’origine de l’humanité, les extraterrestres, etc. J’étais ravie de cette rencontre.

L’après-midi, je me suis reposée et j’ai regardé une vidéo de Bashar sur la structure de l’existence. Cela m’a rappelé que lorsque j’ai peur du rejet, du jugement et de la condamnation, c’est parce que je me le fais à moi-même. Cela m’a donné une excellente piste pour me libérer de cela. Par ailleurs, en me posant la question suivante : « Quand je me retiens d’être moi-même ou de faire quelque chose qui me passionne, de quoi ai-je le plus peur si je décidais finalement d’arrêter de me retenir ? ». Cette question me donne des pistes et me confirme bien que ce sont mes peurs du rejet, du jugement et de la condamnation qui me retiennent. Mon travail maintenant, c’est d’identifier quand je me rejette, quand je me juge, quand je me puni parce que je suis déçue de moi-même et d’arrêter cela. Dans cette réflexion, je suis dans moi et j’ai tous les pouvoir pour le changer. Cela n’implique personne d’autre.

J’étais contente de revenir à cela. Avec Sophie, la dynamique n’était pas la même. Elle m’expliquait que si j’étais dans l’être, je devais être remplie juste en faisant quelque chose qui rend l’autre joyeux. Mais moi, je ne le sentais pas comme cela. Si je fais quelque chose qui ne me passionne pas, même si l’autre est content, cela me nourri momentanément mais pas durablement. C’était une discussion qu’on a souvent eu car, en allant dans les orphelinats, cela me nourrissait momentanément mais pas durablement. D’après ce que je comprenais du discours de Sophie, c’était parce que je n’étais pas dans le moment présent et parce que mon cœur était fermé. Les enfants, ce n’est pas une grande passion pour moi, même si j’ai envie d’en faire. Et du coup, même s’ils étaient heureux de ma présence, cela ne me nourrissait pas complètement. J’ai besoin de nourrir mon âme en faisant des choses qui me passionnent et du coup, cette nourriture là ne dépend pas de comment ce que je donne est reçu. Mon humeur ne dépend pas de l’humeur des autres. Maintenant que je suis dans mon énergie, et avec ce que j’ai pu observer du fonctionnement de Sophie, je préfère clairement trouver ma nourriture dans mon être plutôt que dans le contentement des autres.

Je me suis couchée tôt ce soir là et j’ai bien dormi. Merci à la vie.

Mercredi matin, j’ai confirmé avec Roxana notre échange harmonisation de sa maison/ constellation familiale. J’étais pas super motivée pour aller à ‘orphelinat cet après-midi là. Comme ma vue était floue, je n’avais rien de mieux à faire que d’explorer pourquoi je n’avais pas envie d’y aller. Mon intuition me disait d’y aller, même si j’aurais préféré rester chez moi. Alors, après le repas, j’y suis allée. Ma vue ne s’était pas éclaircie, j’étais sans doute trop troublée par les circonstances. J’ai demandé de l’aide pour arrêter un taxi et je me suis rendue à l’orphelinat. J’y ai retrouvé Sophie et j’ai constaté que, toute l’après-midi, j’étais comme dans une fuite, je me comportais comme si je voulais disparaître. Les enfants ont beaucoup pleuré cet après-midi là. J’ai fait de mon mieux mais c’était fatiguant. J’ai senti dans mon corps cette boule au niveau de l’estomac qui apparaît quand je prends une décision qui ne plaît pas à une personne que j’aime. À ce moment là, des peurs viscérales se réveillent en moi. Durant l’après-midi avec les enfants, je n’ai pas pris le temps de me poser et d’accueillir cette sensation. Je l’ai fait le soir même, une fois rentrée chez moi. C’était différent car la sensation n’était plus là. J’ai quand même exploré comment je me suis sentie vis à vis de Sophie, qu’est ce qui c’est passé en moi et quelles sont les croyances et les définitions qui ont créé cet état d’être. J’ai demandé de l’aide à mon être intérieur et j’ai réussi à identifier que ce comportement et lié à ce que j’ai vécu, en temps que bébé, quand j’étais anesthésiée pour les auscultations de mes yeux et les deux opérations de la cataracte (à 11 et 15 mois).

J’ai réalisé que j’ai interprété cela comme une punition pour être ce que je suis, j’ai cru qu’en étant telle que je suis, je n’avais pas le droit d’exister et que je devais me faire toute petite ; voire disparaître. C’est cela que je revis avec Sophie, juste à travers le fait d’avoir dit non pour un nouveau déménagement : je me respecte mais je ne respecte pas les attentes de Sophie. Et même si, lundi soir, on a mis une distance momentanée entre nous en étant en bon terme, cet après-midi, j’ai quand même fait de nouvelles projections sur elle, juste sur la base de la manière dont elle a répondu à mon « Bonjour, ça va ? ». L’interprétation que j’ai faîte de sa réponse m’a replongée dans mes projections illusoires et peut-être même que c’était là avant et que c’était la vrai raison pour laquelle je n’étais pas motivée pour aller à l’orphelinat.

Ce soir là, j’ai mis le doigt sur des peurs plus profondes que celles du rejet et du jugement. En effet,, j’ai peur du jugement et du rejet car je me sens coupable. Je me sens coupable car je crois qu’en étant moi-même, je crée du tord aux autres et quand je fais cela, j’ai enregistré que je vais être puni, que je vais perdre la personne que j’aime et que c’est mieux que je disparaisse de sa vue et de sa vie. Même si, intellectuellement, je sais que ce raisonnement n’a pas de sens, je n’ai pas encore réussi à trouver le déclic pour le désactiver. Le mieux que je pouvais faire c’était d’accepter que, pour le moment, c’est ça que je vis et de ne pas me juger ou me rejeter pour cela. J’arrivais, peut-être pour la première fois à faire preuve de compréhension avec moi-même en accueillant ce comportement sans me condamner pour cela. J’en suis là pour le moment et c’est OK. Ça fait partie de l’expérience que je suis venue chercher. Demain, je vais envoyer un mail à Sophie pour lui dire que j’étais encore dans mes projections et que cela n’a rien à voir avec elle. Ça me paraît important de communiquer car, comme je suis partie plus tôt que Sophie, on ne s’est pas parlé du tout, encore une fuite de ma part, sans doute.

Merci à la vie pour ces expériences. Je suis certaine qu’en revivant ces peurs avec mon regard d’adulte, en les conscientisant et en les acceptant, je vais pouvoir me transformer. C’est donc un cadeau de la vie que de vivre ces expériences même si ce n’est pas toujours simple. Toutefois, ce qui complique tout, c’est la résistance à ce qui est donc, il n’appartient qu’à moi de rendre cela plus fluide.

Que d’opportunités de grandir, merci à la vie.

Jeudi, j’avais décidé de rester chez moi. Le matin, en répondant à l’e-mail d’une amie, me questionnant sur comment se libérer de certaines peurs, je lui ai dit que j’étais en plein dedans. Et en lui écrivant ma réponse, il m’est venue une idée que j’allais essayer. En effet, quand on justifie un automatisme de comportement par un vécu passé, le fait de le formuler comme cela nous empêche de pouvoir s’en libérer. Comme si c’était inconscient et que cela ne pourra jamais changer. Or tous nos comportements sont des choix et j’ai eu l’idée, d’aller contacter le bébé que j’ai été et de lui parler pour lui expliquer ce qui se passait réellement en lien avec ces anesthésies répétées. Ce faisant, je m’autorise à changer mon présent et mon passé en faisant d’autres choix. Sur le moment, le fait de faire cela m’a fait bailler beaucoup mais je n’ai pas senti de réel déclic en moi qui désactive ce choix de comportement.

À midi, lors de mon repas avec Roxana, on a discuté de cela et elle m’a dit que c’est normal qu’il y ai eu un trauma dans ma psyché de bébé lors des anesthésies, car il y a eu coupure nette du lien mère-bébé. Même si ce n’a pas duré longtemps, le traumatisme est là et je choisi de le reproduire depuis lors à chaque fois que je vis une relation dans laquelle je projette ma relation à la mère. Plus le lien est fort, plus le comportement traumatique est fort. Là, j’ai réalisé que ma peur fondamentale était de perdre la relation avec Sophie, comme j’ai eu peur de perdre la relation avec ma mère, si j’étais moi-même. Cette discussion m’a vraiment fait du bien. Durant l’après-midi, je me sentais vraiment mieux. J’ai réalisé qu’avec Sophie, je ressentais de l’attachement et pas de l’amour inconditionnel. C’est pour cela, que je me détournais de ce que je suis vraiment pour être comme je crois qu’elle attend que je sois. Tout cela par peur de la perdre. Je peux vous dire que cela donne des relations assez malsaines et fragiles. Là, j’ai compris, comme Roxana me l’avait dit, que je cherche peut-être à vivre la perte de Sophie pour me rendre compte que ce n’est pas si grave que cela, et peut-être même que le simple fait de lâcher cette peur de la perte va nous rapprocher de nouveau, mais je n’attends rien en particulier.

Là, je comprends mieux ce qu’est l’amour inconditionnel, c’est oser être soi-même avec les autres pour leur offrir le meilleur de ce que l’on est, quitte à les perdre si cela ne leur convient pas. Aimer, c’est laisser l’autre partir si ce que je suis ne lui convient pas. Là, cette prise de conscience m’a énormément soulagée. Je me sentais bien après, comme si je m’étais libérée de quelque chose de lourd. De toute façon, il n’y a pas vraiment de perte. Si une personne disparaît de ma réalité, c’est que nos énergies ne sont pas compatibles. C’est le meilleurs pour les deux personnes. Chacun suit son chemin.

Le soir, je suis allée faire l’harmonisation énergétique de la maison de Roxana et cela c’est bien passé. Elle était contente. Je portais encore quelques doutes en moi mais peut-être que je me suis trop prise au sérieux. Étant donné le contexte dans lequel je fais cela, je m’estime contente de ce que j’ai fait.

Je suis allée me couchée heureuse et pleine de gratitude. Je ne sais pas trop quelle attitude adopter avec Sophie, vu que j’ai l’impression de faire face à un mur. Je vais laisser faire les choses et observer ce qui se passe.

Vendredi, c’était le jour de la constellation familiale avec Roxana. J’étais curieuse de voir ce qui allait en découler. J’étais fatiguée aussi et toujours sans motivation pour aller aux orphelinats. Sophie avez pris des engagements vis à vis d’eux et j’y étais impliquée dedans. Mais je pense que c’est inutile que j’y aille si je suis fatiguée. Je préfère prendre soin de moi et y retourner quand je serai de nouveau en pleine forme.

Après le déjeuner, je me suis reposée jusqu’à 10h30, heure à laquelle on a prévu de faire la constellation.

Ma question de départ était : « Pourquoi je choisis de mal voir le monde physique ? »

La constellation a été impressionnante et très émouvante. Roxana a remis sur le tapis cette idée que ma mère a fait une fausse couche entre mon grand frère et moi. Je me rappelle qu’elle m’en a parlé quand j’étais jeune et puis, 20 ans après, quand je lui ai redemandé, elle m’a dit que non, il n’y a jamais eu de fausse couche.

Mais dans la constellation, c’est ressorti et moi, je me comportais comme cet embryon qui n’est jamais venu au monde alors qu’il l’aurait souhaité. Par conséquent, il vit à travers moi et comme il s’agit d’un garçon, cela pourrait expliquer ma pilosité. Roxana disait aussi que cela expliquait que je voyais à travers ces yeux, c’est à dire par grand chose. On a remis en place le schéma familial en rendant à chacun ses émotions et ces traumatismes. La culpabilité de ma mère et la colère de mon père sont ressorties et je leur ai rendu ces choses là.

Après la constellation, je n’avais plus d’appétit et j’ai dormi tout le reste de la journée. J’avais l’impression que je pourrais dormir pendant plusieurs jours comme cela. Le soir, d’autres souvenirs sont venus en lien avec ma mère.

Je me suis rappelée qu’elle m’a dit, au sujet de cette fausse couche, que ça c’était passé au tout début de la gestation et qu’elle n’était pas sure que ce soit une fausse couche. Elle m’a dit que c’est arrivé lors du décès brutal de sa propre mère en juillet 83. Ce décès a laissé beaucoup de traumatismes dans la mémoire de la fratrie car, mon oncle le plus jeune était le seul présent et il ne savait pas trop utiliser un téléphone et en ajoutant le stress à cela, il a mis longtemps pour arriver à contacter les secours. Ma mère m’a dit un jour qu’elle se sentait coupable de ne pas avoir été là pour l’aider car, peut-être qu’ils auraient pu la sauver si les secours étaient arrivés plus tôt.

Moi, j’ai été conçue moins de 3 mois après cet évènement, avec la mémoire de cet enfant perdu dans le ventre de ma mère. J’ai baigné, au moment où la fusion avec la mère est totale, dans ce parfum de perte d’un être cher et de culpabilité en lien avec cette perte. Et là, ça n’a vraiment aucun rapport avec moi, mais je l’ai pris car j’étais en fusion avec ma maman.

En réalisant cela, j’ai eu le déclic que je reconnais comme le début d’un changement de comportement. Là, je comprends que cette culpabilité et cette peur de perdre un être cher n’a rien à voir avec mes poils ou mes yeux, c’est peut-être juste la conséquence et c’est parfait ainsi car mon âme a choisi ce moment et ce ventre pour vivre une expérience terrestre. Ouah, cela change tout de comprendre cela car je touche à la racine du comportement automatique que je vis et je peux donc le déconnecter et passer à autre chose.

C’est vraiment fort.

Et concernant ce frère qui n’est pas né et qui vivait à travers moi, c’est vrai que je me rappelle avoir énormément voulu être un garçon quand j’étais enfant alors que mes parents n’avaient pas de préférence quand ils m’attendaient. J’ai développé une musculature très forte à l’adolescence et c’est un traitement hormonal qui a rétabli l’équilibre et m’a fait prendre les formes d’une femme. 10 ans après, j’ai arrêté ce traitement car je ne vouais pas de ces effets secondaires et ma pilosité est revenue bien plus forte qu’avant. Mes formes sont restées féminines. Cela donne du sens à bien des choses.

Merci infiniment à la vie pour tout cela.

Samedi matin, je me sentais mieux. L’appé, et d’autre part,tit était revenu et j’avais retrouvé une partie de mon énergie. Sophie avait répondu à mon mail de jeudi. Je lui ai répondu en retour pour lui donner des nouvelles et lui dire pourquoi je n’étais pas venue à l’orphelinat la veille. J’ai continué de me reposer durant la matinée. Peu avant de manger, j’ai vu que Sophie m’avait de nouveau répondu en me disant qu’elle aussi allait mieux. Dans ces deux mail, elle finissait en disant « J’attends que tu viennes vers moi. ». Cette phrase m’intriguait et en y réfléchissant, je me disais que c’était encore une attente et que cela ne me donnait pas envie d’aller vers elle. Je n’avais pas envie de retourner dans cette dynamique d’attentes exprimées sous forme de « j’ai besoin de sentir la bienveillance, j’ai besoin d’être pris soin (façon québecoise de dire ‘j’ai besoin qu’on prenne soin de moi’), j’ai besoin de me sentir entendue,... ». Tous ces besoins sont bien légitimes, mais j’avais le sentiment que, quoi que je fasse, ils n’étaient jamais satisfait. C’est comme si c‘était un puits sans fond. Donc moi, je n’ai plus envie d’être l’objet d’attentes que je ne satisfait pas naturellement et qu’elle seule peut vraiment satisfaire.

Je me demandais quoi faire avec cela. D’une part, est ce que ma réflexion est légitime ? Et d’autre part, comment le lui dire sans la heurter ?

Après le repas, j’en ai conclu qu’il fallait de toute façon que je pose mes limites et que c’était légitime. J’ai le droit de le faire.

Donc, j’ai répondu à son mail en citant sa phrase exprimant son attente et en disant que cela ne me donnait pas envie de retourner vers elle car je ne voulais pas repartir dans cette dynamique. J’ai ajouté que notre (re)rencontre se ferait naturellement s’il n’y a plus de peurs et d’attentes entre nous. J’ai terminé en précisant que je travaillais sur mes peurs.

Après avoir écrit ce mail, ce que j’ai senti était bien différent de ce que j’ai senti la dernière fois que j’ai dit non en posant ma limite de ne pas déménager. Il y a donc eu une transformation en moi. Dans ces circonstances, je me questionnais simplement sur la pertinence de ce mail. Mais mon intuition me disait que c’était bien mieux que ce soit écrit plutôt que non dit.

J’apprends à poser mes limites et c’est un jeu d’exploration passionnant. On verra comment je me sens et me comporte avec Sophie demain à l’orphelinat. Ceci m’en dira long sur le travail qu’il me reste à faire pour oser poser mes limites en toute sérénité.

L’après-midi, j’y suis allée doucement en passant du temps avec la minette qui est montée chez moi et en regardant une vidéo sur l’Almasty du Caucase, un hominidé non classifié et pourtant bien présent dans la culture du Caucase et de l’Altaï Russe. Je suis allée voir cela car Bashar en parle de temps en temps et il en est question dans le livre que je suis entrain de lire. Encore des mystères à lever. J’adore ça !

Quelle belle journée. Merci à la vie.

Dimanche, c’était une journée bien remplie. Le matin, en écrivant, j’ai encore exploré des doutes et des peurs en racontant la situation avec Sophie. Cela me montre que j’ai encore du ménage à faire dans mon aisance à poser mes limites et à les communiquer avec clarté et bienveillance. C’était intéressant d’explorer cela. Ceci dit, je n’avais pas trop le temps de m’attarder la-dessus puisque, à 9h, je devais partir avec Sandra, l’employée de Roxana, pour aller faire l’harmonisation de sa maison et de celle de sa fille. Ça m’a changé les idées et cela m’a fait du bien car on est allées à la périphérie de Cochabamba, tout près des montagne, dans un coin de nature magnifique.

J’étais plus confiante aujourd’hui et j’ai mieux senti les choses à faire. J’étais étonnée que moi, Européenne, je me retrouve à expliquer à des personnes de culture Quechua, qu’ils peuvent se connecter à la nature, aux arbres et à la terre pour obtenir de l’aide. Quand je parlais de cela, j’avais l’impression que c’était quelque chose d’inconnu pour eux. C’est vraiment curieux qu’ils se soient coupés de leur racines à ce point là, comme nous finalement.

Malgré tout, j’ai senti un écart culturel important. Comme deux mondes qui se rencontrent et, étant donné mon espagnol approximatif, je n’ai aucune idée de ce qu’ils ont entendu de ce que j’ai exprimé.

J’étais contente de cette expérience.

L’après-midi, je suis allée à l’orphelinat. J’ai passé du bon temps avec les enfants. Le plus intéressant était la situation avec Sophie. Je suis arrivée avant elle et je sentais déjà que j’explorais encore des appréhensions. Comment cela va se passer ? Comment je vais me comporter avec elle ?

Quand elle est arrivée, je n’étais pas à l’aise. Je me rends compte que mon mal-aise m’a crispée et m’a coupée de ce que j’aurais fait naturellement s’il n’était pas là. Par exemple, quand elle est arrivée, je ne suis pas allée vers elle pour la saluer mais je lui ai dit : « Bonjour Sophie » d’une façon qui ne m’est pas naturelle. Elle ne m’a pas répondu.

Je suis restée avec ce mal-aise quelques minutes puis, au lieu de résister, je me suis autorisée à vivre cette situation comme cela. J’ai accepté mon état et cela m’a fait du bien. J’ai même réussi à rire du comique de la situation. Au final, on vit toutes les deux ce que l’on a à vivre. Je me sentais mieux après cela, je me sentais mieux avec mon mal-aise et mon incapacité à communiquer dans ces circonstances. Cela me donne des pistes pour progresser.

Les gens ont demandés pourquoi on n’arrivait pas ensemble et je leur ai dit la vérité sur le fait que depuis une semaine, on n’habitait pas ensemble car on a eu besoin de mettre un peu de distance entre nous. J’étais assez à l’aise de le dire et je ne me préoccupais pas trop de ce qu’ils allaient en penser.

On a finalement très peu parlé. À 18h, la directrice prenait sa voiture pour aller en ville, elle nous a donc ramenées. Je me sentais assez bien, j’acceptais la situation telle qu’elle était. La directrice m’a déposée à un endroit que je ne connaissais pas. Il faisait nuit, c’était mal éclairé, j’y voyais flou et en plus, il pleuvait. Mais, je ne me suis pas découragée, j’ai demandé mon chemin à l’unique personne que j’ai croisée et j’ai retrouvé mon appartement. J’étais contente de défier ma peur de ne pas savoir me débrouiller quand j’y vois pas bien.

Même si je ne sais pas vraiment quoi penser de la situation avec Sophie, je suis contente de l’expérience que je vis, elle me renseigne énormément sur mes blocages.

J’en ai parlé un peu avec Roxana, avec du recul cependant, car je sens qu’elle a un parti pris. Si je l’écoutais vraiment, il serait facile de me dire que c’est un peu la faute de Sophie si je vis cela. Mais moi, je ne veux pas tomber dans ce panneaux, c’est trop facile. Je suis responsable à 100 % de l’expérience que je vis dans ma relation avec Sophie, mais je ne suis absolument pas responsable de ce que Sophie vit en relation avec moi. Comme dans toute relation, nous explorons chacune une part de nous-même, à travers le reflet de l’autre. Pour moi, c’est un point clé qui me permet d’apprendre qui je suis et d’avancer dans n’importe quelle situation.

Le soir, je continuais à méditer sur cette situation en me demandant comment cela pourrait être mieux ? Puis, j’ai réalisé que, si j’avais continué à essayer d’être gentille avec Sophie, en acceptant de déménager et en continuant de fuir mes peurs, et ce jusqu’au terme de notre voyage en me disant qu’il ne reste plus que 3 semaines, je n’aurais pas avancé, j’aurais ressenti un grand soulagement le jour du départ et je n’aurais pas vraiment fait face à ce qui me fait agir ainsi. En plus, j’aurais conforté Sophie dans son fonctionnement. Cela n’aurait rendu service ni à Sophie, ni à moi. Cette réalisation m’a apaisée et j’ai envie de continuer à explorer mes travers… car c’est passionnant et libérateur.

Merci à la vie pour cela.

#voyage #transformationdesoi

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