• Violaine

Retour à Abadiânia, semaine 1


Quand je suis allée faire mon check-in, ils m’ont aussi demandé un billet de sortie du territoire Brésilien, comme à Marseille. On a réussi à trouver un billet pas cher pour satisfaire cette demande. Mais j’aurais quand même pu anticiper car je le savais, mais je croyais, au fond de moi, que ce genre de chose n’arrivait que dans les pays à paperasse comme la France. Et bien non, c’est international !

Je ne me ferai pas avoir une troisième fois. Tout cela m’a fait passer le temps car cela a été long d’acheter ce billet. Du coup, je suis arrivée à la porte d’embarquement pile au moment où l’embarquement commençait. J’ai eu le temps d’aller aux toilettes et d’apercevoir Sophie qui me paraissait plongée dans ses pensées. Ma vue était toujours limpide, ce qui facilitait beaucoup mon orientation dans ce petit aéroport.

Une fois dans l’avion, j’étais contente. Comme ma compagnie d’avion est Brésilienne, je baignais déjà dans cette langue puisque les annonces étaient faites en Portugais. Je comprenais un peu mais je sentais bien que j’allais avoir besoin d’un petit temps d’adaptation pour me remettre en mode Portugais. Il va y avoir un petit temps de Portugnol !

Mon trajet était coupé en deux étapes. Je passe par São Paulo avant d’aller à Brasília et cet aéroport est gigantesque. J’ai 5 heures de temps entre les deux vols mais, comme j’ai une amande à payer à la douane, c’est une bonne chose que j’ai une grande marge.

Et en effet, cela a pris beaucoup de temps. Ils te font payer 30 % de plus et après, tu dois aller à la police fédérale pour récupérer les 30 %. Quel bazar. Ça m’apprendra. C’est également quelque chose que je ne ferai plus de sortir d’un pays en retard. Pendant tout ce temps de patience, dans lequel j’ai pu observer du stress en moi lié à la peur de ne pas pouvoir passer ou la peur du rejet, ma vision est restée limpide. C’était vraiment étonnant mais ô combien appréciable car, dans l’aéroport de São Paulo, qui est gigantesque, j’ai dû marcher au moins 5 kilomètres pour aller à la porte d’embarcation de mon deuxième vol. Heureusement que je voyais les panneaux. Mais, à un moment, quand-même, j’ai demandé mon chemin car je ne comprenais plus où je devais aller.

Quand je suis arrivée, j’ai pu me poser une demi-heure pour manger et écrire un peu puis, ils ont changé la porte d’embarcation de mon vol. J’ai dû marcher encore 1 km pour aller à la nouvelle porte. Là, j’ai eu moins d’un quart d’heure pour écrire avant qu’ils appellent pour l’embarcation. Je peux vous dire que je n’ai pas vu passer les 5 heures d’attente. Elles étaient bien nécessaires !

Une fois à Brasília, Rodrigo, le propriétaire de mon hébergement, est venu me chercher pour m’emmener en voiture jusqu’à Abadiânia. Il pleuvait beaucoup. La saison des pluies se termine d’ici la fin du mois.

Je ne comprenais quasiment rien de ce que Rodrigo me racontait, alors qu’à l’allée, je comprenais assez bien ce qu’il disait. Je constatais également que j’avais beaucoup oublié mon portugais et j’avais du mal à parler. Avec la fatigue, c’est un peu normal. Je vais me laisser du temps pour me ré immerger dans cette langue.

Une fois arrivée, Rodrigo m’a donné le même petit appartement que j’avais avant. J’étais contente, c’est comme si je retrouvais mon chez moi. J’ai commencé à déballer mes affaires pour m’installer et j’ai retrouvé ma voisine Susie. Elle était super contente de me voir et elle m’a donné à manger car je n’avais rien et il était tard.

Je me suis couchée vers 20h et j’ai bien dormi dans mon lit, dans mon chez moi. Que c’est agréable. Merci.

Mardi matin, j’étais en pleine forme et j’ai fait ma lessive, j’ai écrit et publié mon récit de la semaine passée, je suis allée faire des courses et je suis allée retirer de l’argent mais le seul distributeur qui fonctionne avec les cartes de crédit internationales n’avait plus d’argent. J’y retournerai demain.

Ce qui est bien ici, c’est que quand tu fais les courses, le magasin te propose de te livrer gratuitement tes courses chez toi. J’en ai donc profité et c’est bien agréable.

L’après-midi, la maman de Susie a beaucoup pleuré car elle avait mal à la tête. Susie m’a demandé de l’aide pour que j’essaye de la soulager avec la musique. Quand je suis entrée chez elle, il y avait une odeur de cigarette très forte et tout était sombre. J’ai dit à Susie que ce serait bien pour elle et sa mère qu’elle fume dehors. Puis, j’ai joué de la musique mais, cela ne soulageait pas sa maman de ses acouphènes et de son mal de tête. Au fond de moi, je savais que le problème était immense et profond. Je retrouve cette problématique que j’avais oubliée pendant mon voyage. Susie a fait des prières à voix haute pour aider sa maman et demander l’aide aux entités de la Casa. Dans ces prières, j’entendais plein de choses qui n’avaient pas de sens pour moi. J’avais l’impression d’être dans un gigantesque nœud familial entre Susie et sa maman. Durant l’après-midi, j’entendais la maman dire qu’elle avait mal à la tête et Susie lui répondre qu’elle allait prier, ou bien d’arrêter avec toute cette négativité. Ce contexte me remet dans l’ambiance d’Abadiânia avec ces contre-sens. Peu après, Susie est venue me voir pour me dire qu’elle n’avait toujours pas dit à sa mère ce qui arrive au médium. Elle lui ment en lui disant qu’il est en déplacement car elle a peur de sa réaction face à la vérité. Elle dit qu’elle n’a pas la condition pour faire face au choc, mais moi, je sais qu’il y a autre chose derrière. C’est une fuite puisqu’elle m’a dit, avant que je parte en Bolivie, que si elle dit la vérité à sa mère, cette dernière va vouloir rentrer dans leur maison de São Paulo et qu’elle n’avait surtout pas envie de cela.

Ce couple mère-fille me fait penser à une mère (Susie) et son enfant (la maman) qui lui reflète comme elle peut les points sur lesquels elle doit avancer. Je reconnais que la situation est bien complexe.

Puis, un peu plus tard, Susie est venue me voir pour me dire qu’elle était très stressée à cause de cette maison à São Paulo car un oncle veut y habiter sans payer. Bref, il y aurait une belle constellation familiale à faire. C’est rigolo mais, dans cette situation, je sentais que Susie faisait la même chose que sa mère en début d’après-midi. Elle ne pleurait pas mais c’était la même énergie. Moi, je ne lui ai pas dit que j’allais prier ou d’arrêter avec cette négativité car je ne pense pas que c’est suffisant pour régler le problème. Elle m’a demandé de prier pour elle et je lui ai dit que j’allais le faire et je lui ai aussi dit que la vie est un jeu de miroir et que cette situation lui révèle quelque chose qu’elle porte en elle et sur laquelle elle peut avancer. J’ai fait ce que j’ai pu avec mon portugais approximatif. Mais plusieurs fois, elle a fui cette proposition. Au final, elle m’a dit que des amies Pasteur allaient venir pour prier pour sa maman. Je n’ai donc pas insisté, comprenant que dans l’instant, c’est le laisser-passer qui marche pour elle.

Ce que cette situation me montre, c’est que, d’un côté, j’aimerais pouvoir apporter une solution miracle et je ne suis pas à l’aise de me sentir impuissante dans cette situation. Et d’un autre côté, le fait que Susie ne fasse recourt que à la prière en attendant une intervention extérieure miraculeuse me dérange. Je ne crois pas que cela soit suffisant. La vie m’a montré qu’il doit y avoir un minimum d’effort à faire de notre part car dans chaque situation, nous faisons face à nous-même.

Il y a donc une contradiction en moi. Et en y réfléchissant bien, cela m’a rappelé que je pourrais mettre en place une méthode d’introspection qui permet de faciliter cette prise de conscience et la résolution de tels challenges en utilisant le miroir de la vie. J’avais déjà eu des idées dans ce sens. Cela se rapprocherait d’une constellation familiale sans en être une vraiment. J’ai pris cette situation comme une opportunité de réfléchir à cela pour créer cette méthode qui me permettra de partager ma manière de gérer ce genre de situation. C’est vrai que ma manière de faire est unique. Sophie me l’a dit plusieurs fois et d’autres personnes aussi.

J’ai donc mis sur le papier mes idées, je vais en parler et peut-être que quelqu’un voudra essayer, et puis cela fera son chemin. C’est une autre force que j’ai a partager.

Abadiânia, cela commence fort !

J’ai terminé la journée en massant mes yeux et je me suis endormie, pleine de gratitude pour les expériences de la journée.

Mercredi matin, il y avait un grand soleil. C’était très agréable. J’ai rattrapé mon retard en écriture et Susie est venue me dire qu’elle devait, elle aussi, aller à la banque et que du coup, on pouvait y aller ensemble. Elle m’a dit aussi qu’il y avait un nouveau super-marché qu’elle voulait me montrer. Sur le moment, je n’étais pas très enthousiaste. Je me disais que quelque chose qui aurait pris 40 minutes va me prendre 2 heures. C’est toujours plus long avec les autres mais parfois, ils me font découvrir des choses dont j’ai besoin, alors, je vais me laisser porter dans cette expérience.

En chemin, je lui ai raconté, comme je pouvais, mon voyage en Bolivie. Aujourd’hui, elle était bien plus calme que la veille. Le fait d’aller à l’église avec sa mère l’a bien aidé.

À la banque, je n’ai pu retiré que 700 reais car la machine me disait qu’il n’y avait plus de provision. J’étais étonnée. Je me suis dit que cela devait être parce que j’avais dépassé le maximum de retrait par semaine avec le billet d’avion, l’amande, etc. Cela ne m’a donc pas stressée plus que cela.

Sur le chemin du retour, Susie m’a montré ce fameux nouveau supermarché.

Et en effet, il y a là des produits bio et des légumes plus variés que dans les deux autres magasins que je connais. Alors, c’est finalement intéressant car je veux adapter mon alimentation pour être sure d’avoir toutes les vitamines dont mes yeux ont besoin.

En rentrant, Susie s’est arrêtée dans un autre magasin et quand on est rentrées, cela faisait plus de 2 heures qu’on était parties. Mais le jeu en valait la chandelle.

Ensuite, je suis allée voir mes comptes sur internet. J’ai vu que j’étais à -300 € et je ne comprenais pas comment c’était possible. J’avais deux ans d’économie devant moi et là, plus rien. Étonnamment, cela ne m’a pas stressée. Je me suis dit que c’était une opportunité de voir qu’on s’en sort toujours, même sans argent. J’ai voulu envoyer un mail à ma banque mais quand j’ai voulu envoyer, cela m’a fait sortir de mon compte et j’ai dû retaper mes codes. Étant de nouveau face à mon tableau de bord, j’ai vu mon livret A avec tout l’argent que je croyais disparu ! Avec mes aventures en Bolivie, j’avais complètement oublié que j’avais un livret A et que je devais faire des virements de temps en temps. Quelle bonne surprise ! J’ai même vu que j’avais peu dépensé en 6 mois et qu’avec les livres, la musique et ma méthode d’introspection, j’allais maintenir sans problème mon abondance. Finalement, cette expérience m’a fait réaliser que j’étais abondante et que j’allais toujours le rester.

Que j’ai ri de moi après cela. Mon âme est bien maline pour me faire vivre de telles expériences.

L’après-midi, je suis retournée à la banque après avoir fait un virement mais, encore une fois, le distributeur n’avait plus de sous. Je me suis dit que décidément, il y avait un signe derrière tout cela.

Ensuite, je suis allée à la Casa pour méditer un peu dans le jardin afin de sentir l’énergie du lieu. En chemin, j’ai croisé les propriétaires de la pousada Bouddha house. Je suis allée manger une fois chez eux et j’avais joué du hang. Moi, je ne les aurais pas reconnu, mais eux, ils se rappelaient de moi comme si c’était hier. Ils disaient que même si l’activité avait bien ralentie, ça allait.

J’ai ensuite continué mon chemin, et quand je suis passée devant le grand hall de la Casa, la cession de l’après-midi commençait et les quelques personnes qu’il y avait se tenaient par la main et faisaient des prières. J’ai senti comme un sentiment qui me disait ne pas vouloir faire partie de cela. J’ai entendu et laissé faire. Je suis allée m’asseoir dans le jardin et là, je sentais quelque chose de différent qu’avant mon départ. Ce n’était pas tant apaisant. Mon âme me disait : non, non, non, tu n’es pas ici pour la Casa, tu es ici pour la terre et les gens. C’était clair et c’était ma vérité du moment. Je savais que ce n’était pas parce que les énergies de la Casa ne sont pas bonne, mais simplement parce que je dois explorer un autre aspect de cet endroit. C’est juste mon chemin à moi, aujourd’hui. Cela n’a rien à voir avec un jugement.

J’étais contente. Je vais envoyer un mail à mes copines locales pour m’accrocher à la dynamique féminine de la nouvelle Abadiânia, puis je vais commencer ma série de méditations d’un quart d’heure pendant 30 jours en pleine nature, proche de ma petite cascade. C’est un laisser-passer partagé dans les retransmissions de Bashar pour entrer profondément en contact avec les esprits de la nature. Voilà mon programme pour le moment. Bien-sûr, je compte aussi aller à la cascade de la Casa, et ensuite, on verra ce qui vient.

J’aime explorer un angle nouveau d’un lieu et ne pas faire comme tout le monde !

Ensuite, je suis rentrée pour préparer tout cela. L’autre chose qui m’a été dite, c’est que maintenant, il n’était plus temps pour moi de passer des heures à méditer, il était temps que je passe à l’action. Et bien j’en suis ravie.

En fin d’après-midi, j’ai encore discuté avec Susie et elle se sentait mieux. Elles étaient encore allées à l’église et cela leur faisait du bien. J’en suis bien contente.

Lors de la soirée, j’ai regardé à quelle heure le soleil se couche car les méditations doivent être faites un peu avant le couché du soleil et comme je suis dans la nature, ce serait mieux que je ne me fasse pas prendre par la nuit. Elle tombe vite ici, à 18h30 il fait quasiment noir. Cela me donne donc une idée de l’heure à laquelle je dois partir.

C’est parfait, je suis allée me coucher contente. Merci à la vie.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a énormément plu. Décidément, c’est la fin de la saison des pluies mais cela arrose encore bien. J’ai mis un point final à toutes les contingences à faire à l’arrivée pour me plonger complètement dans l’énergie du lieu. En début d‘après-midi, je suis allée à la Casa pour jouer du hang. J’ai rencontré des Français qui ont profité de la musique et avec qui j’ai discuté un peu. J’ai dû jouer pendant 1h ou un peu plus. Je me sentais mieux qu’hier dans ce jardin. Le silence, tinté ça et là de chants d’oiseaux, accompagnait très bien le hang. Une des personnes m’a demandé si j’étais là pour João et je lui ai dit que j’étais là pour le lieu et les gens. Il m’a parlé de sa version des faits : « João est en prison car il a essayé de faire de la politique et il a aidé un candidat qui voulait luter contre la corruption. Il n’a rien fait de mal. »

C’est la première fois que j’entends cela. C’est original.

Ensuite, je suis allée me promener vers ma petite cascade. Il y avait un gros tuyau noir qui la traversait de bas en haut. Cela cassait complètement le côté sacré de l’endroit. Je suis remontée un peu sur le chemin pour trouver l’endroit idéal pour faire mes méditations. J’ai trouvé cela dans un bosquet d’arbre, proche du chemin, depuis lequel je pouvais entendre le bruit de l’eau. C’est ce qui est demandé, un endroit proche des arbres où on entend le bruit d’un cours d’eau. J’ai laissé libre court à mes pensées avant de commencer la méditation proprement dite. Ce que le monsieur m’avait dit à propos de João me trottait dans la tête. Au début, c’est parce que je voulais prendre position et choisir une vérité que je n’arrivais pas à me détacher de ce qu’il avait dit. Puis finalement, j’ai compris que l’attitude la plus bénéfique pour moi c’est de ne pas prendre position car tout est possible et il y a seulement 2 choses dont je suis certaine :

- Je ne sais pas ce que je ne sais pas.

- Quelque soit ce qu’il en est, dans ce contexte, tout le monde y compris le médium, vit exactement un aspect de lui-même, ce qui est parfaitement juste.

En effet, comme je l’ai souvent écrit, dans un même contexte (les circonstances) chacun vit une expérience différente qui est le reflet d’une part de lui-même. C’est pour cela qu’on dit que tout est juste. Cette phrase ne parle pas des circonstances mais de l’expérience que chacun en fait.

Pour donner un exemple qui me concerne plus, je vais parler de ma vue.

Les circonstances, c’est la qualité de ma vision, avec une acuité visuelle faible et une vision parfois claire et parfois floue.

L’expérience, c’est ce que j’en fait : acceptation, frustration, colère, rejet de cette part de moi, victime, opportunité, stimulation, gratitude …

J’ai tous les choix pour vivre ces circonstances de manière agréable ou désagréable. Tant que faire se peut, je préfère l’acceptation de ce qui est, l’opportunité de voir autrement, la stimulation pour me rapprocher de l’essentiel et la gratitude.

Tous les choix sont de même validité, il n’y en a pas un qui est bien et l’autre mal. Comme le dit Bashar, tout est fondamentalement neutre et entre les deux opposés, il y a toujours un point d’équilibre au centre, c’est pour cela que nous vivons dans une trinité et non dans une dualité.

Le point d’équilibre, c’est certainement d’accepter ce qui est tout en continuant de faire des choses

pour améliorer a situation sans avoir d’attentes spécifiques.

Cette petite réflexion a laissé place à une grande paix intérieure. J’étais prête à commencer ma méditation. Le soleil n’était pas encore proche de l’horizon, et après avoir demandé intérieurement si l’heure avait une grande importance, j’ai commencé car la réponse était non. Ceci dit, là où j’étais, avec le relief, le soleil était proche de passer derrière la colline, même s’il était haut dans le ciel. Je pouvais sentir les énergies du couché du jour, ce qui est donc parfait.

J’ai commencé et j’arrivais à me concentrer sur les quatre sons : eau, environnement, cœur et respiration. Quelques insectes m’ont détournée un peu de ma concentration mais pour une première fois, j’étais contente de moi.

Après cela, je suis remontée vers Abadiânia, toute calme. Une fois arrivée à la hauteur de l’hôtel St Raphaël, j’ai rencontré des connaissances, qui m’ont mené par effet boule de neige et avec le hang à en rencontrer d’autres, etc. Une chinoise m’a demandé un cours de hang. Je lui ai proposé de le faire tout de suite. Nous avons fait cela et en échange elle m’a montré un peu de Qi-Gong et de yoga des yeux. Puis en revenant, on a discuté et je lui ai parlé de mon projet de créer une méthode d’introspection et elle m’a alors dit qu’elle n’avait pas du tout confiance en elle et qu’elle avait besoin d’aide. Elle m’a même dit que jamais elle ne va vers les inconnus, que là c’est exceptionnel car il y avait la musique qui l’a attiré. On a alors discuté longtemps, par traducteur interposé car son anglais était très basique. Ça a duré 2 bonnes heures. Je suis certaine que cela l’a aidée. On se revoit dimanche prochain.

Par ailleurs, j’ai aussi croisé une personne avec qui j’avais discuté 5 minutes l’année dernière. C’est elle qui est venue vers moi et elle m’a dit que je lui avais conseillé un truc qu’elle a trouvé exactement tel que je l’avais dit, par pur synchronicité, sur un gros site de vente par internet. Elle me remerciait pour cela car ça l’avait beaucoup aidé. Moi, je ne me rappelle absolument pas de quoi il s’agit mais ce n’ai pas grave. J’ai accueilli sa gratitude avec joie.

Je suis alors rentrée vers 20h, 7 heures après être sortie. Je n’aurais jamais imaginé faire toutes ces rencontres. Quelle belle journée ! Merci à la vie.

Vendredi, je suis retournée jouer du hang à la Casa. Je m’y sentais beaucoup mieux suite au fait de ne pas prendre position par rapport au médium. C’est intéressant comme constat. C’est comme si je me détachais complètement de cette histoire et que je m’autorisais à utiliser la Casa, comme s’il n’y avait pas tous ces antécédents, et c’est beaucoup mieux comme cela.

Ce matin-là, j’ai croisé une femme du groupe d’amis rencontrés à la danse. Elle m’a informée que le soir-même, à 20h, il y avait une petite soirée organisée pour le départ en voyage de l’organisateur des séances de danse.

J’en étais ravie. Ensuite, j’ai recroisé mon amie Chinoise et nous sommes allées manger la soupe ensemble. Cette soupe est toujours aussi bonne.

Après, j’ai joué encore un peu et je suis rentrée. J’ai fait d’autres recherches internet pour savoir s’il y aurait une pierre qui pourrait m’aider pour les yeux. J’en ai trouvé quelques unes et je vais voir si je peux les trouver ici.

Après m’être reposée un peu, je suis ressortie pour aller dans la nature, à l’endroit de ma méditation. J’ai pris mon hang car je veux jouer pour mes amis les esprits de la nature. J’ai fait cela et j’ai commencé ma méditation. J’ai tout de suite senti un profond apaisement, comme une connexion à quelque chose de bien plus grand. Je n’avais aucune pensée. Seuls les insectes en tout genre, qui venaient m’explorer, me détournaient de ma méditation. Après plusieurs arrêts et reprises, j’ai finalement réussi à laisser faire et à rester dans la méditation pendant une dizaines de minutes. Au bout d’un moment, j’ai eu l’impression qu’il y avait moins d’insectes ou alors je ne les sentais plus.

Quand j’ai arrêté, j’étais bien et je serais restée là pendant plusieurs heures. Mais quelque chose m’a fait remonter. Et en chemin, dans la rue principale d’Abadiânia, j’ai rencontré mon amie Thais et son petit stand de créations. On était heureuses de se retrouver. On a discuté et je lui ai proposé de jouer du hang près de son stand pour attirer les gens. On va faire cela la semaine prochaine car ce soir-là, la pluie arrivait et il fallait tout ranger. On a eu un bel échange et je sens que cela m’ouvre une belle opportunité car quelque chose me dit que jouer dans la rue va m’apporter autre chose, peut-être une plus grande liberté que de jouer à la Casa. Cela va me faire rencontrer plein de monde.

Elle m’a aussi fait réaliser que maintenant, il y a plein d’opportunités de me loger pour moins cher et plus proche. Et c’est vrai que c’est tentant de se rapprocher et, avec l’expérience de Samaipata, j’ai presque plus envie d’avoir une chambre et une salle de bain privée, et d’avoir une cuisine commune pour aller à la rencontre des gens. Seulement voila, j’ai nouveau dilemme. Ma voisine Susie vit ma présence comme une bénédiction et je sais que de son côté, elle doit prier pour que je reste 6 mois alors que je lui ai dit que je voulais rester 3 mois seulement. Si je déménage, elle va être très triste de se retrouver seule. Mais en même temps, je ne vis pas pour elle. Je ne sais pas encore quel choix je vais faire. En tout cas, ce n’est pas pour l’argent que je déménagerai car je vais de toute façon négocier une diminution de mon loyer car tous les prix baissent étant donné qu’Abadiânia est relativement vide en ce moment. C’est clair pour moi que la prochaine fois que je viens ici, je me logerai ailleurs. Mais pour les prochains mois, je vais peut-être rester ici car j’y suis bien et cela ne me dérange pas tant que cela que ce soit loin. Je vais voir, cela pourrait changer, selon ce qui se met dans la balance d’un côté ou de l’autre.

Je suis rentrée juste avant la grosse pluie et cette dernière s’est arrêtée un peu avant l’heure de ressortir pour aller à la soirée à laquelle je suis invitée. C’est donc parfait.

Dans cette soirée, j’ai retrouvé beaucoup d’amies et j’ai raconté mon expérience en Bolivie. J’ai senti que les gens étaient contents de me revoir. Étant donné que beaucoup d’invitées n’ont pas pu venir, le programme a été quelque peu modifié et je me suis retrouvée à proposer de faire un petit concert de hang. Quelle belle expérience. J’avais confiance et je n’ai pas rougie. Je me sentais bien et, dans ce contexte, j’ai exploré une façon de jouer différente qu’à la Casa, plus rythmée, plus puissante. C’était génial car je me sentais totalement libre, ce qui n’est pas le cas à la Casa car c’est un lieu de méditation, même s’il y a des gens qui ne le respectent pas toujours. J’ ai donc envie d’explorer cette liberté et jouer dans la rue à côté du stand de Thais va me le permettre. Je vais améliorer mon jeu et je vais l’aider à attirer plus de gens sur son stand. C’est parfait tout cela, et puis il y a tout ce que je n’imagine pas… la vie est pleine de surprises.

J’ai passé un super moment dans cette soirée. Elle avait lieu dans une pousada que je ne connaissais pas. J’ai entendu la propriétaire dire que sa pousada était vide mais qu’elle voulait rester pour en faire un lieu d’évènements. Elle voulait déjà faire cela avant mais il y avait comme une chape d’interdits et de peurs qui limitait les activités et les médecines alternatives. Aujourd’hui, tous les champs sont ouverts et c’est une belle opportunité que cette personne veut saisir.

Avant de partir, je lui ai donc dit que j’étais là pendant 3 mois et que, si cela l’intéressait, je pouvais venir faire d’autres concerts de hang dans sa pousada. Comme cette dame vient à la danse tous les dimanches, on aura le temps d’en reparler. Car ce qui est chouette, c’est que même si l’organisateur de la danse part en voyage, la danse continue. En effet, il a une équipe sur place qui maintient l’évènement et il va leur envoyer les musiques qu’il a choisi chaque semaine. Cette cession de danse a pris une dimension extraordinaire et il ne veut pas que cela s’arrête. C’est génial. J’adore danser.

Demain soir, au Frutti’s, il y a une soirée pour son départ et je suis invitée. Les choses s’enchaînent incroyablement. Je suis prise dans un tourbillon d’actions et c’est super. Lundi, je commence la musique avec Thais, Dimanche, je donne un cours de hang à mon amie Chinoise et il u a la cession de danse. Quel beau programme… merci !

Samedi matin, après avoir fait quelques courses, je suis encore allée jouer du hang dans la rue et à la Casa. J’ai fait diverses rencontres et ce faisant, la suite de la réflexion d’hier à propos du fait de ne pas prendre parti continuait en moi.

Je repensais à Thot Hermes Trismegiste, une divinité que l’on retrouve dans de nombreuses traditions. Trismegiste veut dire « trois fois grand » ou « grand dans les 3 mondes », et cela me faisait repenser à la trinité et à la voie du milieu. Il est dit que les divinités du troisième monde ne prennent pas part à la lutte fratricide qui se passe sur terre. Cela restait collé dans ma tête et me faisait vraiment penser au fait de ne pas prendre parti en général. En associant cela aux deux niveaux de lecture que sont les circonstances et les expériences, je réalisais, encore plus profondément, que la justice des hommes s’occupe des circonstances, des faits et cherche à trancher pour trouver qui est la victime et qui est le bourreau. Elle veut punir le bourreau et consoler la victime, c’est un système très dualiste. En revanche, au niveau de l’expérience que chacun fait des circonstances, quoi qu’elles soient, la justesse est toujours là car aucun être ne peut modifier la structure de l’existence.

Et en allant plus loin dans ce sens, je réalisais que quoi que je pense, dise ou fasse, je ferai toujours partie des circonstances des autres. Donc si, en ma présence, quelqu’un vit une expérience très agréable, c’est lui qui crée cela à partir de ses choix conscients ou inconscients et cela n’a pas de rapport direct avec moi. Dans le même contexte, un autre pourra vivre une expérience désagréable et, de même, cela n’aura pas de rapport direct avec moi. Je suis seulement une proposition pour l’autre sur la base des mes intentions et de l’énergie que je mets derrière mes propos et mes actes. Ceci est également vrai dans l’autre sens. Les autres font partie de mes circonstances et n’ont pas le pouvoir de m’affecter positivement ou négativement. Ce pouvoir réside dans mes choix conscient et inconscients, directement liés à mes croyances et définitions..

Cette compréhension me donnait l’impression que je touchais du doigt quelque chose de grand et de libérateur car, quand je l’aurai pleinement intégré dans mes actes du quotidien, je ne ressentirai plus du tout de culpabilité et je n’essayerai plus d’être quelqu’un d’autre pour ne pas heurter les autres, comme je l’ai fait avec Sophie par exemple.

Après cette conscientisation, j’ai écouté la deuxième partie du documentaire sur samadhi et c’était très relaxant. J’avais l’impression de comprendre plein de choses au-delà des mots et cela me confortait dans le chemin que je suis entrain de prendre.

Plus tard dans l’après-midi, je suis allée faire ma méditation dans la nature et j’étais calme mais j’avais encore quelques difficultés avec les insectes et les bruits bizarres. C’est très bien, cela me montre quelques petites craintes présente en moi. Cela va s’apaiser avec le temps.

Cette semaine, ma vue était parfois claire, parfois floue et, de plus en plus, je m’occupe du verre à 15 % plein plutôt que du verre à 85 % vide en remerciant, chaque jour, pour ce que je vois. Cela me paraît plus positif comme démarche.

La soirée au Frutti’s ne s’est pas déroulée comme je l’imaginais mais elle s’est très bien passée. Je n’ai pas mangé avec les personnes prévues mais avec d’autres et c’était très bien. J’ai fait d’autres rencontres de gens qui m’ont entendu jouer du hang.

C’était une très belle journée. Merci à la vie et à ma vue.

Dimanche, j’avais rendez-vous à 10h avec mon amie Chinoise pour lui donner un autre cours de hang. Je suis arrivée un peu avant et c’était la fin des chants. J’ai observé cela de l’extérieur.

Pendant le cours, Lili avait du mal à obtenir des sons malgré ses multiples tentatives. Cela me montrait à quel point elle ne se faisait pas confiance et essayait de contrôler tout ces mouvements. Plus elle contrôlait, moins les sons sortaient. C’est comme cela avec le hang, il faut se détendre les mains pour jouer et laisser faire la souplesse naturelle du corps. Il faut aussi user de la force avec douceur et subtilité. C’est vraiment un instrument thérapeutique de lâcher-prise. Au bout d’un moment, quand-même, elle a commencé à y arriver un peu car je lui ai conseillé de jouer sans se préoccuper de la technique. Je pouvais sentir les moments où elle jouait sans essayer de faire un son et les moments où elle essayait. L’harmonie était beaucoup plus présente dans le premier cas.

J’ai ressenti un peu d’impatience vers la fin. Je me suis demandée pourquoi je choisissais cela. Est-ce que je préférerais être ailleurs ? Est-ce que j’aime vraiment donner des cours de hang ? Est-ce qu’il faut que je mette un cadre, que je sois plus active dans ma manière de transmettre ce savoir intuitif ? Car finalement, je n’enseigne pas comment jouer du hang, j’enseigne comment lâcher prise et laisser faire le corps et l’intuition qui savent jouer. Je vais trouver mes réponses dans les jours qui viennent. De nombreuses personnes se sont arrêtées, intriguées. Elles voulaient peut-être discuter ou essayer aussi. Mais j’étais avec Lili et je ne voulais pas m’éparpiller trop.

Ensuite, Lili m’a transmit 3 mouvements de QI-Gong que je peux faire le matin. Après, elle ne voulait plus me lâcher. Elle a voulu aller avec moi méditer dans la nature. Je n’ai pas réussi à dire non alors que je préférai clairement y aller seule. Il faut que j’apprenne à poser mes limites. Nous y sommes donc allées ensemble. Il faisait chaud et elle n’avait pas de chapeau mais elle voulait absolument me suivre. Plusieurs fois, sur le chemin pourtant pas très long, elle m’a demandé si on était bientôt arrivé, si on pouvait s’arrêter avant. Là, j’ai dit non car je veux vraiment suivre le cadre de cette méditation.

Une fois arrivées, on s’est installées et on a médité. J’ai constaté qu’elle ne s’est pas laissée perturber par les insectes. De ce côté là, elle a un large temps d’avance sur moi, je vais m’en inspirer. Ensuite, elle voulait discuter mais son traducteur ne marchait pas car il n’y a pas de réseau à cet endroit. On a pu échanger un peu mais de manière très limitée. Elle me disait qu’elle ne se trouvait pas belle car la beauté, c’est d’être grande, blanche, avec des grands yeux et un petit menton. Elle me demandait comment je faisais pour me trouver belle avec mes lunettes et mes poils au visage. Je lui disais que j’avais changé ma définition de la beauté et que je n’écoutais plus ceux qui définissent ce que sont les critères de beauté. Je lui disais que tout est beau en soit et que la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. Mais c’était trop simple pour elle et elle voulait que je raconte mon histoire pour comprendre comment j’ai fait. Mais rien ne venait dans ma bouche, il me semblait que j’avais donné la clef et raconter mon histoire me paraissait vraiment ardu compte tenu des obstacles linguistiques. J’ai donc donné les points clefs mentionné ci-dessus et aussi, j’ai parlé du miroir de la vie en disant que lorsque quelqu’un dit « c’est beau » ou « c’est moche », il observe, à travers l’autre, sa propre beauté ou sa propre laideur. Il ne faut donc pas prendre personnellement les jugements extérieurs. Ce qui compte c’est le regard que l’on porte sur nous-même. Maintenant, si je faisais face à un « tu es moche » venant de l’extérieur ; si c’est désagréable pour moi, j’aurai tendance à me poser la question suivante : « Est ce que je me trouve moche ? » Cela me permettrait d’ aller chercher les croyances et définitions qui me font vivre cela et de changer ma réalité.

Sur le chemin du retour chez moi, je constatais que le fait que Lili me voie comme son enseignant et ne veuille plus me lâcher me dérangeais un peu. En fait, il y avait 3 réactions en moi. D’abord, une part de moi est contente d’aider, une autre se régale que quelqu’un me donne tant d’importance et une dernière n’aime pas ce contentement un peu malsain. J’ai l’impression qu’il y a un phénomène de transfert sur moi et que cela me fait peur car je crains de ne pas savoir bien le gérer. C’est nouveau aussi pour moi. Je vais aller explorer la part de moi qui jubile de manière un peu malsaine, c’est là qu’est la clé du problème.

Je suis ensuite allée à la danse et, une fois de plus, c’était merveilleux. Mon corps s’est lâché, j’ai dansé et transpiré pleinement. À la fin, j’ai fait de la danse contact au sol avec une amie Française que j’avais conviée à venir et c’était génial. Quelle journée. Elle me révèle plusieurs petites choses à travailler et c’est très bien. Ce sont des pistes d’amélioration.

Merci.

#voyage #transformationdesoi

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