• Violaine

Retour à Abadiânia, semaine 3


Lundi matin, mes réflexions intérieures ont continuées. Puisque à travers l’autre, c’est soi qu’on explore, je repensais à tout le cheminement que j’ai fait avec cette histoire d’abus sexuels à la Casa. J’ai exploré toutes les possibilités et, en faisant cela, je trouvais toujours un lien avec certaines parts de moi, certains comportements compulsifs ou autre. En fait, en m’autorisant à envisager tous les possibles, j’ai exploré mes parts d’ombres et je leur ai envoyé de l’attention, de l’amour et du pardon. Après tout ce cheminement intérieur, il me semble que je passe à autre chose. Comme je l’ai abordé la semaine dernière, je ne prends plus position car pour moi, affirmer que le médium n’a rien fait de mal ou affirmer qu’il a commis des abus n’a plus de sens. Comment peut-on savoir ? Tout est tellement relatif dans l’illusion des circonstances. Au niveau des expériences, tout est juste et je me concentre sur ce plan là.

Ensuite, je repensais à ma vue. Je me demandais si mon âme avait vraiment besoin de vivre l’expérience de voir encore moins. Qu’est ce que j’imagine gagner avec cela ? Plus d’intuition, plus de perceptions ? Mais en fait, ces choses là, c’est chouette, tout le monde en voudrait dans le milieu spirituel, mais au final, à quoi cela sert ? Puisque tout est projection, les perceptions qu’on a pour les autres sont en fait plus vraies pour nous que pour les autres. Alors qu’une observation du miroir de la vie à travers les relations nous dit tout, pourquoi j’aurais besoin de plus de perceptions ? Avec cette réflexion, un changement s’opère dans ma tête. En passant du temps sans lunettes, et en explorant le jeu des relations et ce que je peux découvrir sur moi dans ces miroirs, j’ai tout ce dont j’ai besoin de stimuler pour pouvoir aider. En écoutant les documentaires sur samadhi, je vois que cela parle de cela exactement, la magie de ‘Tout ce qui Est’ et le miroir de la vie. Il y a toujours des paraboles avec des aveugles dans les textes anciens, car la cécité permettrait de mieux voir à travers le voile de l’illusion et de découvrir que l’on vit dans nous. Puisque je suis en train de le découvrir et de le mettre en pratique dans mon quotidien, cela sous-entend que je n’ai sûrement pas besoin de détruire un peu plus mes yeux pour acquérir cet entendement. C’est bien intéressant tout cela. En tout cas, je vais m’atteler à mettre encore plus en pratique cela dans ma vie et à être très attentive sur ce que je dit et sur ce que j’observe chez les autres.

Après cela, je suis allée à la Casa avec mon hang pour méditer et jouer un peu. J’ai d’abord discuté avec les entités pour savoir où est-ce que j’en suis dans le travail spirituel que je dois faire pour pouvoir régénérer mes yeux. Il m’a dit que j’avançais bien et que j’y étais presque. Je lui ai demandé de m’aider à lâcher toute pression que je mets encore sur moi et sur mon âme. Ensuite, j’ai joué du hang les yeux fermés et j’ai beaucoup aimé cela. C’était vraiment une expérience sensible et cela donnait quelque chose de plus à la musique.

J’avais rendez-vous à midi avec une amie pour lui donner des musiques et elle était un peu en retard mais j’ai voulu être sympa et lui laisser le temps d’aller à la cascade avec sa fille. Ensuite, quand elle est revenue, cela a pris du temps car il y avait des amis qui partait et finalement, à 13h, on a pu tenter le transfert, qui n’a pas marché d’ailleurs. Entre temps, j’ai rencontré mon amie Chinoise qui voulait les musiques aussi et elle était stressée et pressante. Mon autre amie tentait de discuter mais quand je parlais, sa fille faisait du bruit pour avoir l’attention. Du coup, une fois le plan B établit pour le transfert des musiques, je suis sortie de ce contexte. Puis, en rentrant chez moi, je me suis posée 5 minutes pour examiner le miroir que m’offre cette situation. Je me suis autorisée à critiquer ouvertement les autres dans cette situation pour entendre ce que je dit en me lâchant ainsi, car je sais que je parle de moi, bien évidemment. Je critiquait la gamine pour sa lutte pour l’attention car c’est pénible et fatiguant, on ne peut pas discuter avec sa mère. Je critiquais mon amie Chinoise pour son attitude pesante, ses « je veux » et ses « tu dois ». Ok, voici donc une mise en scène de tout ce qui me met la pression, comme je l’ai demandé à l’entité quelques heures auparavant. Je ne peux pas dire que je ne me reconnais pas dans ce miroir, ce serait mentir. Et puis là, je me suis demandée si j’avais envie de continuer cela. Est-ce que cela a du sens de lutter pour l’attention ? Non, d’autant plus que je n’ai pas envie de crier pour me faire entendre et je n’ai pas envie de quémander l’attention des autres s’ils ne veulent pas me la donner ou s’ils ont d’autres chats à fouetter. Je préfère faire confiance à la vie et, en offrant ma présence à ceux qui me la demandent, je sais que je vais rencontrer les opportunités et les personnes appropriées, sans rien forcer, juste avec de la douceur. Ensuite, est-ce que j’ai envie de continuer avec mes « je veux ceci, je veux cela (la paix, l’abondance, l’amitié, l’amour, etc) » et à être frustrée si je ne l’ai pas ? Non, je préfère m’abandonner à la vie et la laisser m’offrir ce dont j’ai besoin.

Sur ces belles réflexions, j’ai écouté la deuxième partie du reportage sur samadhi et cela m’a aidé à ancrer ces changements en moi.

Ensuite, je suis sortie pour aller méditer dans la nature. En chemin, j’ai croisé la dame de l’autre jour à qui j’avais donné des musiques et qui m’avait suggéré de venir à la cession d’histoires contées. Elle m’a dit, « viens, j’ai un cadeau pour toi. » Puis discrètement, elle m’a donné un sac et m’a dit de regarder plus tard ce que c’est. Elle ne voulait pas que les autres le voient car c’est quelque chose de spécial et elle n’en a pas assez pour offrir à tout le monde. Je l’ai remerciée et en fait, elle m’a offert un sachet de chocolats Suisses (elle est Suisse). Cette attention m’a vraiment touchée. J’ai trouvé que le plus délicieux dans tout cela, c’était son intention, des chocolats juste pour moi. J’en avais les larmes aux yeux. J’ai tout de suite pensé au fait que, juste avant, j’avais décidé d’arrêter de vouloir et de m’abandonner encore plus à la vie. Et voila, la vie m’offre des chocolats rien que pour moi. Cela me fait penser à quand je joue du hang ou quand je danse, je m’abandonne, et ce qui se passe est extraordinaire. Et bien il ne me reste plus qu’a danser ma vie avec le même abandon que quand je danse. Les premiers cadeaux se font déjà sentir. J’ai fait ma méditation en étant prête à recevoir la pluie à chaque instant, car cela menaçait clairement. Mais la pluie n’est pas venue.

En revenant chez moi, j’ai croisé mon amie Ukrainienne, on a décidé de se retrouver au Frutti’s à 18h30 pour discuter. En chemin, j’ai offert de mes chocolats aux passants. Je me suis préparée, j’ai pris mon hang et je suis ressortie. On a passé une belle soirée. Elle m’a offert le repas et j’ai joué du hang pour elle. Dans la pièce, il y avait les propriétaires du Frutti’s et Myriam est allée chercher son hang. Elle a essayé le mien et j’ai essayé le sien. C’était la première fois que j’essayais le hang Suisse, le plus classique. Je me suis amusé, mais je préfère les sons et le design de mon hang. Une personne est venue me demander si je pouvais faire un concert de hang pour son groupe qui arrive la semaine prochaine. Avec mon amie, nous allons organiser une soirée de partage pour créer un échange autour de ma musique, des poèmes de Rumi et des expériences de chacun, puis, Myriam, la propriétaire du Frutti’s, m’a dit que ce serait bien que je vienne jouer lors de la soirée musicale du samedi soir avec une personne qui joue de la flûte. Voilà 3 opportunités qui se présentent au moment où je décide de ne plus rien vouloir. C’est beau. Dans ce contexte, je me rends de plus en plus compte que, avoir un téléphone avec whatsapp faciliterait la communication. C’est à double tranchant car j’aime tellement le fait de ne pas avoir de téléphone sur moi. Je suis sûre que je vais trouver un moyen de l’utiliser de manière non intrusive.

Quelle belle journée, merci, merci, merci.

Mardi matin, je suis allée à la Casa pour jouer du hang. Je me suis installée dans une autre partie du jardin, là où il y a les magnifiques bancs en bois. Il y avait le bruit du ménage en fond mais j’ai commencé à jouer, les yeux fermés. Je me suis laissée porter par la musique et je dansais presque en jouant, c’était magnifique pour moi et je sentais que cela touchait les autres aussi. Ce matin là, j’ai vraiment senti que j’avais franchi un pas de plus dans la qualité de mon jeu. Jouer les yeux fermés devient naturel et me permet d’être un meilleur canal pour la musique que je joue. J’ai senti que j’étais immergée dans la douceur de ma mélodie. Quand je me suis relevée, j’étais encore toute prise dans cette douceur. Plusieurs personnes m’ont chaleureusement remerciée puis, je suis partie en direction de mon sanctuaire de nature. Là, j’ai savouré et remercié pour ce qui commence à devenir un don unique, celui de ma musique. J’ai fait ma méditation et je me sentais bien, en union avec la nature. En remontant, j’ai croisé Saveta devant l’hôtel Saint Raphaël. C’est quelqu’un qui a guéri une tumeur au cerveau de stade 4 dont personne ne survit. Elle est médium de la Casa et elle m’a dit plusieurs choses. La première, c’est qu’il faut que je fasse attention dans la nature car il y a beaucoup de serpents. Cela, elle le disait en tant que personne et je lui ai répondu que je n’ai jamais eu de problèmes avec ce que je ne vois pas. Elle m’a répondu : « bien-sûr, tu es protégée par les entités ». Je pense que ce qui me protège aussi, c’est que je ne me focalise pas sur ces dangers, donc ils sont moins présents dans ma vie. Elle m’a dit aussi qu’à chaque fois que je joue à la Casa, j’apporte un calme et une paix précieuse et une phrase est venue dans sa bouche : « tu as un rôle très important à la Casa. » J’étais surprise et elle m’a dit que cela ne venait pas d’elle donc, c’était certain. J’ai poursuivi ma route avec cette phrase en tête. C’est la deuxième fois qu’on me dit que ce que je fais à la Casa aide beaucoup. Cela doit donc être vrai.

Dès que je suis rentrée chez moi, il s’est mis à pleuvoir très fort. J’ai donc mangé et je me suis reposée. Après, je me sentais appelée à aller jouer près du triangle de Salomon et de la chapelle de Sainte Rita. Habituellement, je ne joue pas à cet endroit là car c’est un endroit de silence et de méditation. Quand la pluie a cessée, j’y suis allée. En chemin, j’ai croisée Thaís sur son stand avec d’autres personnes. Je me suis assise un instant et j’ai commencé à jouer. En moi, j’entendais l’appel de la Casa et donc, je me suis excusée et j’y suis allée.

J’ai joué près du triangle de Salomon, les yeux fermés et j’ai entendu plusieurs personnes s’asseoir. Quand j’ai senti que c’était suffisant, je suis partie, en silence. Les personnes m’ont remerciée discrètement. Je suis retournée sur le stand de Thaís et j’ai joué de manière plus dynamique mais toujours avec cette même énergie sacrée. Thaís m’a dit que de tout les styles de musique sur hang qu’elle a entendu jusque là, c’est le mie qu’elle préfére. Ensuite, les dames qui m’ont écoutée sont repassées et l’une d‘elle m’a dit que c’était très bien que je joue à cet endroit là (à côté du triangle) car ma musique est une musique qui vient d’en haut. Elle m’a dit que mes sons pénètrent les cœurs et que cela aide. Elle a pris ma main dans les siennes et m’a remerciée chaleureusement. Je suis restée émue de cela. La prochaine fois, je me sentirai plus libre de jouer dans ces endroits plus sacrés.

Tout cela me donne envie de rester plus longtemps, de me rapprocher de la Casa pour être mieux connectée aux gens, sans avoir besoin d’un téléphone où de whatsapp. En y repensant, je n’ai pas envie de cela, c’est une pression trop grande. Je préfère me rapprocher du monde et privilégier les contacts directs.

Ce soir là, j’ai discuté avec ma voisine de toutes ces opportunités et les nouvelles inspirations qui viennent, celle de rester plus longtemps et celle de me rapprocher de la Casa. J’ai pu lui dire honnêtement ce qui se passe en moi et la préparer à mon déménagement prochain. C’est une bonne chose que j’aie fait cela car je vois bien que la vie veut que je me rapproche. Et le fait de le lui avoir dit me permettait de mieux sentir le véritable élan qui vit en moi et qui me pousse à changer d’endroit de vie.

Merci à la vie pour ces cadeaux.

Mercredi matin, je me sentais attirée par le même endroit pour jouer du hang. J’ai même senti que ce serait chouette si un jour, je pouvais jouer dans le courant de la Casa. En écrivant, je pensais à cette histoire de visa à renouveler et je réalisais que j’avais en moi, une peur des autorités ou des choses qui, pour moi, les représentent : impôts, douanes, banques, etc. J’ai accueilli cela mais je n’ai pas fait plus que cela. Je suis donc allée à la Casa et j’ai commencé à jouer. J’ai senti en moi une appréhension en lien avec ma peur de l’autorité. Je suis en train de jouer tout près des salles du courant un jour de cession. J’imaginais que c’était un peu osé et j’avais la peur de me faire réprimander ou de me faire virer de là. C’était une création de mes pensées distordues par mon système de croyance. Peu à peu, j’ai réussi à me sentir bien là. À un moment, j’ai entendu les personnes qui s’occupent de l’orientation à la sortie des salles de bénédiction. Elles ont écouté puis, Melinda s’est approchée et m’a dit tout doucement qu’il y avait beaucoup de Français dans la file de première fois ce matin et qu’ils auraient besoin de cet espace. Elle m’a donc demandé très poliment si je pouvais me déplacer.

Je suis donc allée jouer dans le jardin. J’ai bien vu que mon égo tentait de me faire avaler que c’était un mensonge pour que j’aille jouer ailleurs. Mais, je n’ai pas voulu croire cela. Ce sont juste mes projections.

Au bout d’un moment, je suis allée prendre la soupe et je suis partie en direction de mon sanctuaire de nature pour méditer. En chemin, j’ai croisé dans le hall une personne que j’avais rencontré en octobre dernier. Elle n’était pas revenue depuis et tous les changements à la Casa la perturbaient un peu. On a discuté et puis on a parlé de João. En poursuivant mon chemin vers mon lieu de méditation, j’ai fait le point sur ce que j’ai dit sur lui car, comme je l’ai compris récemment, je parlais de moi ! J’ai dit que j’observais de la rigidité et une tendance au contrôle excessif chez lui et à la Casa. Cela se manifestait par ses problèmes aux articulations et par son contact avec le système carcéral. Car ce que l’on émet, c’est ce que l’on reçoit. Dans ces mots, je vois un lien direct avec ma peur des autorités. Est-ce que je ne serais pas un peu rigide avec moi-même ? Est-ce qu’il n’y a pas une part de moi qui est autoritaire et dont j’ai peur ? Je ne peux pas répondre non à ces deux questions. Même si c’est subtil ou que je ne le vois pas, j’ai un peu de cela en moi. Qui est cette part de moi qui juge, qui tranche, qui contrôle, qui commande et qui fait peur ? Peut-être une part qui se sent trop faible pour se montrer sous son vrai visage et qui fait croire qu’elle a un pouvoir, une autorité pour se protéger des autres et se nourrir d’eux. Je vais lui donner de l’amour.

Une autre chose que j’ai dit au sujet de João est que tout le monde met en exergue son humilité mais j’ai l’impression que son pouvoir lui a un peu monté à la tête car il semble ne pas vouloir lâcher les reines. Là aussi, je me reconnais un peu la dedans, cela a un rapport total avec ce que je viens d’écrire. Finalement, on ne veut pas lâcher pour protéger nos faiblesses.

Si je lâche, j’ai peut-être peur de me retrouver face à moi-même, face à cette faiblesse que je ne veux pas voir. Donc, même si je veux rester humble, j’ai un mécanisme automatique qui parfois, me fait faire ou dire des choses qui vont à l’opposé de cela. C’est bien intéressant cela. Je vais aller voir avec douceur ma faiblesse pour qu’elle se sente libre de se montrer.

Dans l’après-midi, je suis retournée jouer sur le stand de Thaís et elle me disait que tout le monde aime m’entendre jouer et que je devrais enregistrer. Cela revient maintenant mais aujourd’hui, mon jeu s’est tellement amélioré que cela me paraît plis légitime. Je prends peu à peu conscience que mon instrument devient sacré et que je dois en prendre grand soin et ne pas le prêter à n’importe qui. C’est beau ce qui se passe !

Merci à la vie.

Jeudi matin, je suis encore allée jouer à la Casa. Puis je suis allée prendre la soupe. En chemin, une Française m’a remerciée chaleureusement car elle était super contente que je joue pendant sa méditation. Après, je suis allée méditer dans la nature et j’ai repris mon introspection d’hier. Je n’arrivais pas vraiment à trouver la part de moi qui est autoritaire et dont j’ai peur. Dans le passé, c’est clair que je portais ce schéma en moi, j’étais hyper stricte avec moi-même, mais aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir tellement avancé et d’avoir laissé cela derrière moi. En marchant, je me disais que peut-être que c’est encore en moi mais que j’ai tellement était habituée à me traiter ainsi que je ne le vois plus. Ce qui reste, c’est encore cette dictature spirituelle que je m’impose en voulant absolument intégrer la sagesse ou la compréhension de la vie. Certes, au fond, il y a un appel de mon âme et un profond élan du cœur vers cela, mais j’en fait peut-être quelque chose de trop rigide. Je me mets trop de « il faut » et je ne m’autorise pas suffisamment à me détendre et à sortir de ce sérieux que je connais bien. Je touche du doigt quelque chose d’important là car ce sérieux excessif est en fait très étouffant. C’est sûrement pour cela que je fuis les protocoles de la Casa et tous les autres aussi d’ailleurs. J’ai besoin de me laisser aller un peu plus et d’être plus cool avec moi-même. Une chanson m’est revenue en tête. Elle dit : «I will be gentle with myself and I will hold myself like a newborn baby child. And I will go as fast as the slowest part of me fell safe to go. ... » (Je vais être très douce avec moi-même et je vais me porter comme un bébé qui vient de naître. Je vais aller à l’allure à laquelle la partie la plus lente de moi se sent à l’aise d’aller.)

Cette chanson très douce était dans ma tête et ce jour, je n’ai pas fait très sérieusement la méditation et je me suis autorisée à juste être dans la nature pour le plaisir. Puis, je suis remontée et je suis rentrée chez-moi. J’ai mangé des fruits et j’ai fait une sieste jusqu’à 15h30. Après cela, je suis ressortie avec mon hang et en allant à la Casa, j’ai croisé le stand de Thaís et je me suis arrêtée là pour jouer. J’ai passé un très bon moment. J’ai adoré la manière dont j’ai joué. Le shaman, ami de Thaís, était là aussi et c’était chouette, il m’a accompagné avec un petit hochet. Les gens ont apprécié. Un monsieur est venu me voir et m’a dit que si je pouvais jouer sur la clé de sol, je pouvais venir jouer avec son groupe. Il m’a bien fait rire. Moi je joue à l’intuition et je ne me préoccupe pas une seule seconde des gammes de musique. Je lui ai répondu que je ne savais pas sur quelle gamme l’instrument sonnait. Il a essayé pour voir et je verrai si je le recroise.

En rentrant, j’ai discuté un peu avec Ya, le chaman, et il m’a dit qu’il voulait construire une hutte pour faire des cérémonies en terre mais qu’il ne connaissait pas la technique. J’ai proposé mon aide avec plaisir. Peut-être que je vais mettre à profit mon expérience en autoconstruction. De plus, hier, j’ai rencontré une des personnes qui porte le projet en permaculture d’Abadiânia. Pour moi, l’avenir de ce lieu est là-dedans. Beaucoup de gens partent et la ville se vide peu à peu. C’est une porte vers le nouveau, vers une autre dynamique et cela me plaît beaucoup. L’autre jour, je constatais que les autres églises d’Abadiânia critiquaient ouvertement la Casa et faisaient preuve d’une grande fermeture d’esprit. Aujourd’hui, je constate que la Casa elle-même est très fermée avec les médecines natives comme l’Ayahuasca entre autre. Cela me confirme que la vie est un jeu de miroir.

Ce soir là, après être rentrée chez moi, j’ai téléchargé la musique qui me venait en tête tout à l’heure et je l’ai écouté en boucle et peu à peu, je suis partie dans une vison qui m’a permis d’accueillir la tristesse de la part de moi qui subit mon autorité et ma rigidité. J’ai pleuré un peu et cela m’a fait du bien.

Merci à la vie.

Vendredi, j’ai fait plus ou moins la même chose qu’hier mais je me sentais beaucoup plus en paix et sereine. Je suis de plus en plus confiante de ce que j’ai à offrir et dans ma capacité à recevoir. La musique va m’ouvrir de nombreuses portes. Ma vision me stimule et m’embarque vers d’autres mondes et d’autres perspectives que je vais pouvoir partager. Cette journée a été douce. L’après-midi, quand je jouais du hang dans la rue. Une personne m’a encore dit que je devrais enregistrer et faire un CD. J’ai eu l’idée d’aller jouer dans différents environnements et de faire une piste pour chaque énergie dans laquelle je joue. Par exemple, proche d’une cascade, au mont Bugarach, dans une cathédrale, etc. Je vais acheter des micros spécial hang pour créer cela. Que j’aime la vie, que j’aime le calme et la douceur que j’ai cultivés en moi. Je vais continuer à le partager et à le cultiver chaque jour. C’est ma passion !

Merci à la vie.

Samedi matin, en me relisant, je commençais sérieusement à penser à changer de format d’écriture, pour aller plus à l’essentiel et pour donner du vrai repos à mes yeux. Ma journée s’est partagée entre musique, discussion et méditation dans la nature. Je savourais le chemin parcouru jusque là et les fruits qu’il m’apporte. J’aime grandir en maturité et je sais que je pourrai continuer cela toute ma vie en utilisant mon quotidien comme support de croissance. En effet, il me montre absolument tous les points sur lesquels je peux m’améliorer et aussi il me montre les fruits du chemin déjà parcouru. Le quotidien est donc un Maître parfait.

Le soir, j’ai participé à la soirée musicale au Frutti’s. J’ai d’abord joué du hang avec les autres musiciens, ce qui n’a pas été une expérience très probante car avec le bruit des gens et des autres musiciens, je n’entendais pas mon propre instrument. En plus, parfois les micros se mettaient à siffler, ce qui était dur pour mes oreilles. Ensuite, j’ai joué seule, ce qui était un peu mieux mais je n’ai aucune idée de ce que cela donnait avec le son amplifié car je n’avais pas de retour. Les gens ont aimé semble-t-il. Toutefois, ce ne sont pas les conditions idéales, mais c’est quand-même une expérience intéressante.

Je sens que cet instrument est plutôt fait pour être joué dans des lieux dont l’énergie est spéciale. C’est comme s’il convertissait en sons l’énergie sacrée. C’est pourquoi je veux faire un CD en enregistrant dans différents lieux sacrés. Toutes ces expériences sont bonnes à prendre car elles me permettent de voir ce qui est idéal et ce qui ne l’est pas.

Merci à la vie pour tout cela.

Dimanche, je suis allée au chant puis j’ai joué près du triangle de Salomon. Plusieurs personnes se sont assises pour en profiter. Quand je me suis levée pour repartir, une des personnes est venue me faire part des inspirations qu’elle avait eu pour moi. Tout cela allait vers plus de contrôle dans le jeu, ce qui ne m’attire pas vraiment. Ceci dit, il y avait quand-même quelques points intéressants. Cela me fait penser que, à la Casa, je me retiens dans le jeu pour respecter les autres et le lieu. Cela coupe un peu l’élan de jeu spontané qu’il y a en moi. Si j’arrive à me libérer de cela, encore lié à la peur de déranger et la peur du rejet, mon jeu sera plus ample et plus différencié selon les ambiances.

Après je suis allée méditer dans la nature, puis je suis rentrée pour manger et faire une sieste.

À 16h, j’avais rendez-vous au Frutti’s pour aller visiter le projet en permaculture d’Abadiânia. Il y a eu un peu de retard mais on a fini par partir à pied pour aller dans cette ferme. On a pris le chemin que je prends pour aller méditer dans la nature, je n’étais donc pas perdue. Lors de la visite du site, j’ai pu voir un magnifique projet très sérieux et très bien construit. L’esthétique et l’éthique sont présentent partout et il y a beaucoup de géométrie sacrée. C’est vraiment un projet d’avenir pour Abadiânia. D’ici 2 ans, c’est une forêt comestible qui va naître ici. J’ai été enchantée par ce lieu, l’énergie y est très agréable. On sent la connexion à la terre et au ciel des gens qui le font naître. Que je suis heureuse de voir un tel projet ici. C’est juste ce qui manquait jusque là pour moi. Celui qui nous a fait faire la visite est très expérimenté en permaculture, on voit qu’il sait de quoi il cause et, bien que le projet ait démarré il y a seulement 6 mois, un énorme travail a déjà été fait, et comme nous sommes dans les tropiques, tout va très vite en terme de croissance végétale. Il dit que si on le voulait, en 5 ans, on pourrait faire renaître une forêt dans tout le Cerrado de la région. C’est super d’entendre cela et de le voir. Je rêve de vivre dans un endroit comme cela. Ce lieu est magnifique. J’en avais le cœur rempli de joie. Quand je suis rentrée, j’ai partagé cette joie avec ma voisine qui était très heureuse aussi qu’un tel projet voit le jour.

Je me suis couchée heureuse.

Merci à la vie.

#voyage #transformationdesoi

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