• Violaine

23 déc 2019 - Interprétation d'un manque d'amour

Ah, je me sens plus légère. Je viens de mettre le doigt sur une croyance profondément ancrée en moi et que je ne voyais plus. Pourtant, le miroir de la Vie me l’a montrée en long, en large et en travers, mais je suis restée aveugle jusque là. Toutefois, ces deux dernières semaines, les amis qui m’ont accueillie chez eux ont, bien malgré eux, mis en scène cette tension que je portais en moi. Je les remercie grandement d’avoir été eux-mêmes.

Il me semble pourtant que j’y tournais autour depuis quelques mois et je ne sais pas dire pourquoi, hier, il y a eu le déclic. Il semblerait que je travaillais jusque là sur des croyances secondaires et que, hier, j’ai mis le doigt sur le schéma fondamental qui entraînait toute la dynamique énergétique de création de cette tension.


Je suis née avec une malformation congénitale aux yeux et, pour diverses autres raisons, j’ai interprété que ma venue, telle que je suis, était décevante et que je n’étais pas digne de recevoir l’amour de mon père. J’ai également interprété que les interventions chirurgicales étaient comme des punitions durant lesquelles je recevais de l’attention très intrusive de la part du personnel soignant souvent masculin. J’ai donc enregistré que le seul amour que je suis digne de recevoir des hommes est très intrusif et je m’en suis protégée avec de nombreuses carapaces.


Le mot interprétation est capital car je sais que mes parents m’ont aimée, qu’ils ont fait de leur mieux et le personnel soignant aussi, je les en remercie d’ailleurs. Dans ma tête d’enfant, ne comprenant pas tout ce qui se passait, j’ai interprété « Je suis décevante et pas digne d’être aimée de mon père ». Personne n’est responsable pour cette interprétation, c’est le magnifique jeu de la vie qui est à l’œuvre !


Par conséquent, pendant toutes ces années, durant lesquelles j’ai porté cela sans m’en rendre compte, j’ai déployé une énergie considérable pour être ce que je croyais qu’ils attendaient de moi, pour faire mieux, aller plus loin, briller, exceller, etc. Tout cela dans le but de compenser cette « dette » de naissance qui demandait à ce que je console mes parents en montrant que je suis capable et même, que je fais mieux que les autres. Tout ceci en restant perpétuellement déçue de moi-même et en créant des raisons de l’être par auto-sabotage. Évidement, je n’oubliais pas de me punir par diverses moyens. Parallèlement, je continuais à ne pas me sentir digne d’être aimée des hommes et à me protéger d’eux par peur de souffrir et par peur de les décevoir.


Ça a l’air de rien cela mais je peux vous dire que cela me soulage de le voir enfin, car aujourd’hui, avec mon regard d’adulte, je peux l’accueillir avec le sourire, l’aimer et ne plus le prendre au sérieux car je sais que c’est un amoncellement de croyances et d’interprétations qui ne sont pas vraies. Cependant, j’avais besoin de le mettre en lumière pour l’aimer et, éventuellement, choisir de ne plus écouter cette rengaine qui me chante que je dois être plus ceci ou moins cela pour pouvoir être en paix et m’autoriser à m’aimer.


Toutes ces quêtes, ces désirs de plus et de mieux trahissaient le fait que je n’arrivais pas a m’aimer telle que je suis ici et maintenant. J’avais besoin d’atteindre, de changer ou d’aider pour me sentir aimable. Et ce sont ces mêmes interminables quêtes qui m’ont menée à comprendre qu’il n’y a rien à atteindre, rien à changer et que tout est déjà là. Et alors, je me suis demandée pourquoi ici et maintenant semble frustrant, vide et pas suffisant ? Puis, je me suis demandée qu’est-ce que j’aurais de mieux si mes quêtes du moment étaient assouvie ? Les réponses m’ont menée à la source des challenges que je crée dans ma vie.


D’un coup, j’ai compris que j’avais construit un personnage qui a besoin de mal voir et d’être très différent pour fonctionner, que j’avais intégré cela dans mon identité. Tout d’un coup, je me sentais suffisante ici et maintenant, sans besoin de prouver quoi que ce soit, sans besoin d’atteindre ou de changer quoi que ce soit. J’étais bien, telle que je suis ici et maintenant, et c’était la première fois depuis bien longtemps. Et en plus, j’ai constaté avec surprise que ma vision physique était plus clair que d’habitude.


Merci, je savoure la perfection du jeu de la Vie, que nous co-créons tous. Chaque instant est parfait et a sa raison d’être, même si elle nous échappe. Il y a seulement une interprétation d’imperfection. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. Au contraire, ceci laisse libre court à l’élan d’action spontané qui vient du cœur. Ce qui est différent, c’est que la résistance à cet élan diminue et donc la souffrance diminue aussi.

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